Quatre ans de prison ferme pour l’ex-inspecteur de l’ASE du Morbihan, jugé pour des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles

Par Steven Lecornu

Le 18 mai 2026 à 14h59

Jugé en avril 2026 pour des faits de harcèlement et d’agressions sexuelles, l’ex-inspecteur de l’Aide sociale à l’enfance au département du Morbihan a été condamné, lundi 18 mai 2026, à quatre ans de prison.

Comme le 27 avril, jour du procès, ce lundi 18 mai 2026, à l’annonce du délibéré, la salle d’audience du tribunal correctionnel de Lorient est pleine.

À l’intérieur, on retient son souffle. Plusieurs parties civiles et leurs soutiens sont présents, le prévenu aussi, accompagné de son avocat. Pour rappel, le 27 avril, à l’issue d’une longue journée de débats, la procureure avait requis six ans de prison à l’encontre de l’ex-inspecteur « sexiste et manipulateur ». Finalement, le tribunal condamne Pierre-Jean Mahé, 53 ans, à une peine de quatre ans de prison et décerne un mandat de dépôt différé à l’encontre du prévenu.

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Ce dernier sera convoqué par le procureur dans le mois de ce jugement afin de fixer la date d’incarcération. Le tribunal ordonne l’exécution provisoire de cette mesure, autrement dit, même s’il fait appel, le prévenu ne pourra pas échapper à la prison. « La peine n’est pas aménageable au regard de la gravité des faits », a indiqué la présidente. Le quinquagénaire était poursuivi pour harcèlement et agressions sexuels sur des jeunes femmes qu’il suivait dans le cadre de sa fonction et sur une compagne. Neuf femmes, au total, s’étaient constituées parties civiles. Le Ploemeurois devra aussi indemniser plusieurs parties civiles dont Sonia (*) suivie par l’ASE dès sa naissance. Devant les enquêteurs, elle avait dénoncé une dizaine de rapports sexuels imposés alors qu’elle avait 16 ans. Le prévenu devra l’indemniser à hauteur de 10 000 €. « Je suis très satisfaite pour ma cliente qui est enfin reconnue en tant que victime », a commenté son conseil, Me Nelly Magendie. Il devra aussi verser 1 € au Conseil départemental du Morbihan, partie civile.

Entre déception et soulagement

Le quinquagénaire, ancien gendarme, a été relaxé pour plusieurs faits qui n’ont pas été suffisamment caractérisés. À la sortie de la salle d’audience, ces deux anciennes éducatrices de l’ASE, parties civiles, ne cachent pas leur insatisfaction. « Il y a certaines incohérences, on ne comprend pas qu’il soit relaxé pour certains faits alors que l’instruction était pourtant solide », confient celles qui sont se impliquées dès 2018, lorsque l’affaire a éclaté. D’un autre côté, elles évoquent un certain « soulagement » notamment de voir le prévenu être désormais inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d‘infractions sexuelles ou violentes (FIJAISV). À titre de peine complémentaire, le tribunal a prononcé l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole entraînant un contact régulier avec les mineurs pendant dix ans. Le prévenu a dix jours pour faire appel.

Source : Le Télégramme

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