Quand le vignoble se colore de bleu gendarmerie

MARNE. Pour assurer le bon déroulement des vendanges, les gendarmes se renforcent à ce moment de l’année. Plusieurs contrôles renforcés auront lieu sur le terrain d’ici la fin de la cueillette. Un premier a déjà eu lieu sur le secteur de Trois-Puits. Une présence généralement bien ressentie… par les vignerons en règle.


Les gendarmes comparent les identités des vendangeurs avec celles déclarées à la MSA.

Les gendarmes comparent les identités des vendangeurs avec celles déclarées à la MSA

Ce matin-là, sept véhicules bleus partent en convoi de la commune de Taissy. Des véhicules à l’enseigne de la gendarmerie : destination les vignes, pour une opération de contrôle renforcé.

« Nous allons en faire trois ou quatre en tout pendant la période des vendanges, indique le chef d’escadron Capron qui commande la compagnie de Reims. Le but est d’assurer la sécurité des personnes et des biens pendant cette période qui voit quand même un gros afflux de population, qui se compte par milliers sur l’aire d’appellation. »

Pour assurer ces « coups de poing » liés à ce temps fort de l’année pour notre région, la maréchaussée se renforce. « Le nombre des permissionnaires est réduit, confie le patron des gendarmes, nous disposons aussi de la présence de réservistes, une douzaine par jour, et nous avons en plus un renfort de l’escadron de Reims de gendarmerie mobile, si bien que l’on peut compter sur un total d’environ 120 gendarmes. »

Les contrôles se font de façon tout à fait aléatoire, « pour ne pas faire de discrimination entre les vignerons ».

Ce jour-là, le choix du lieutenant Ormancey, qui commande la brigade de Taissy, s’est porté sur Trois-Puits : « On n’a pas de grief contre les gens de là-bas, mais on sait qu’on va trouver des gens parce qu’ils ont commencé leurs vendanges. »

Voilà donc le convoi bleu qui déboule dans la brume matinale, à la recherche des cueilleurs en action. Les hommes en uniforme, une grosse vingtaine en tout, tombent sur l’équipe de la maison Pierre Baillette.

« C’est impressionnant de voir autant de monde pour un petit groupe comme nous ! » confie Edwige Baillette, la viticultrice, qui a recruté en tout et pour tout une dizaine de cueilleurs et débardeurs. Le contrôle se passe dans la bonne humeur. Mme Baillette n’a manifestement rien à se reprocher. « C’est vrai qu’il y a tant de personnes qui font des bêtises, commente-t-elle, je pense en particulier aux gens du voyage, mais nous, nous n’en prenons pas… »

Se méfier des rôdeurs

Les gendarmes vérifient les identités des vendangeurs en comparant avec la liste déclarée à la MSA (Mutualité sociale agricole). « Mais nous ne sommes pas là que pour faire de la police administrative et de la répression, ajoute le commandant Capron, ce genre d’opération favorise aussi le contact ; cela permet aussi de distiller des conseils.

Certains vignerons se comportent comme il y a cinquante ans, laissent les véhicules et les domaines ouverts… Nous leur disons de se méfier des rôdeurs, et de ceux qui profitent des vendanges pour faire du repérage et qui reviendront avec d’autres intentions… »

L’an dernier, ces contrôles « spécial vendanges » n’avaient pas débouché sur une kyrielle d’interpellations.

« Nous avions tout de même fait la découverte d’un cadavre, raconte le commandant, un homme multialcoolisé, retrouvé mort dans une tente à Prunay. Nous avions aussi pu repérer un individu recherché, pour un non-paiement de pension alimentaire. Nous avions eu aussi une petite histoire d’étudiants, qui avaient été sous-traités par des gens du voyage, et qui finalement n’avaient pas été payés… »

« Mais globalement, conclut-il, avec ce bleuissement du terrain, nous arrivons à contenir les faits de délinquance. »

Et cela permet même de faire du recrutement : ce matin-là, un des cueilleurs de Trois-Puits a glané quelques infos pour savoir comment entrer dans la grande maison bleue…

Source et Diaporama : L’Union Presse

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