Pr Martin Zizi : « Hantavirus : le vrai virus dangereux, c’est le virus de la peur »
Auteur(s) France-Soir Publié le 14 mai 2026 – 11:45

Pr Martin Zizi : « Hantavirus : le vrai virus dangereux, c’est le virus de la peur »
France-Soir
Le Pr Martin Zizi, biophysicien, professeur de physiologie aux universités belges KULeuven et VUB, ancien directeur épidémiologique de la Défense belge et ex-conseiller de l’ONU sur le désarmement biologique, était l’invité de France Soir. Face à l’emballement médiatique autour de l’Hantavirus, il appelle à la raison — et dénonce une manipulation de l’information devenue systémique.
L’Hantavirus fait la une. Chaînes d’info en continu, réseaux sociaux, plateaux télé : le virus semble frapper les esprits autant que les corps. Mais pour le Pr Martin Zizi, cette frénésie collective trahit une réalité bien différente de celle qu’on nous présente.
« C’est un problème, mais il a été magnifié à la loupe un millier de fois », tranche-t-il d’emblée. Pour ce spécialiste qui a dirigé un laboratoire de zoonoses pour la Défense belge – traquant précisément ce type de virus -, le diagnostic est sans appel : l’Hantavirus n’est pas un inconnu. « En Belgique, un pays de 11 millions d’habitants, on avait entre 150 et 500 cas par an. Vous n’en avez jamais entendu parler. C’était un non-problème. »
L’accident sur l’autoroute : une métaphore qui dit tout
Pour expliquer pourquoi le grand public, les médias et les experts de plateau réagissent tous de la même façon — mais pour des raisons très différentes —, le Pr Zizi et Xavier Azalbert construisent ensemble une métaphore aussi simple qu’imparable : celle de l’accident sur l’autoroute.
Quand on roule et qu’on aperçoit une collision sur la voie d’en face, on ralentit instinctivement. Pas parce qu’on est en danger, mais parce que le cerveau humain est neurologiquement câblé pour capter toute rupture de la routine sensorielle. « C’est un peu comme quand on voit un accident sur l’autre côté de l’autoroute, on voit quelque chose, on ralentit, on craint un bouchon du côté où il n’y a pas d’accident », explique le Pr Zizi. Ce réflexe, précise-t-il, « c’est une capacité et ce n’est pas un défaut. C’est une qualité qui nous aide à survivre » — un instinct de survie hérité, celui qui nous faisait repérer les moustaches du tigre avant qu’il ne bondit.
Mais la métaphore ne s’arrête pas là. Xavier Azalbert la prolonge en distinguant les différents profils qui s’arrêtent sur le bord de la route : il y a le simple curieux, le voyeur, et puis le médecin qui, lui, gare sa voiture sur la bande d’urgence et traverse pour aller aider. Ce médecin-là, « quand on voit les experts de plateaux télévisions qui viennent pour aider, il y en a certains qui ont quelque chose à dire et d’autres probablement qui n’ont rien à dire ». Autrement dit : tous s’arrêtent, mais tous n’ont pas la même légitimité.
C’est là que le Pr Zizi introduit la distinction la plus percutante. Sur une vraie scène d’accident, le policier joue un rôle de filtre positif : « il chasse le chaland, le curieux, et il laisse le professionnel venir. » Dans les médias, c’est l’inverse qui se produit. La sélection n’est pas faite par compétence, mais par conformité : « contrairement aux gendarmes ou aux pompiers qui veulent de l’aide, l’aide qu’on demande dans les médias, elle est sélective. » On écarte les Perronne, on invite les Buzyn. Le policier-média ne filtre pas pour soigner – il filtre pour contrôler le narratif.
La peur, un virus sans vaccin
Ce qui inquiète véritablement le Pr Zizi, c’est moins le pathogène lui-même que la manière dont il est instrumentalisé. Il forge pour cela un concept aussi cinglant qu’éclairant : la pornographie de la peur. « Le virus le plus dangereux sur Terre, ce n’est pas Ebola, ce n’est pas l’Hantavirus, ce n’est pas Marbourg. C’est le virus de la peur. C’est un super spreader contre lequel on n’a aucun antidote, et il n’y aura jamais de vaccin. »
Ce mécanisme, explique-t-il, est neurologique avant d’être politique. L’être humain est câblé pour réagir aux ruptures de routine – comme ralentir en voyant un accident sur l’autoroute. Mais certains dirigeants et certains médias exploitent délibérément ce réflexe : « Si vous mettez la peur en scène, ça va attirer du monde. »
Des experts éteints, un narratif contrôlé
Le scientifique pointe un choix éditorial révélateur : on préfère mettre en avant des voix rassurantes pour le pouvoir plutôt que des cliniciens aguerris. « On ne veut pas Perronne, mais on veut Buzyn. Ce sont deux médecins. L’un a un track record, il a soigné des gens. L’autre a obéi à une ligne politique. »
Ce filtrage de la parole experte a des conséquences directes sur la santé publique. Pendant la crise du Covid, des chefs de service hospitaliers signalaient des anomalies préoccupantes – des cancers en rémission qui « reflambaient » dans les semaines suivant la vaccination – et se retrouvaient réduits au silence. « Ces gens-là sont virés des hôpitaux. »
Une médecine détournée de sa mission
Sur la prise en charge concrète de l’Hantavirus, le Pr Zizi est précis : le virus européen provoque principalement des syndromes néphritiques, le virus du Nouveau Monde des atteintes pulmonaires. Dans les deux cas, une prise en charge précoce suffit à éviter le pire. « Si on amène les gens assez tôt en milieu médical, pas pour protéger toute la population, mais pour soigner les malades, on ne les perdra pas. »
Il fustige l’approche inverse, inaugurée selon lui depuis 2020 : « On s’occupe des gens qui n’ont rien en faisant des erreurs, et on laisse tomber ceux qui ont quelque chose. Restez chez vous, attendez le résultat de votre PCR… C’est l’inverse qu’il faut faire. »
Un appel aux citoyens
En guise de conclusion, le Pr Zizi s’adresse directement aux Français, avec la sérénité du spécialiste et la franchise du lanceur d’alerte : « Dormez en paix. On s’est géré, parce que nous le connaissons. Aux États-Unis, l’Hantavirus fait une trentaine de cas par an, dont dix morts — sur 341 millions d’habitants. Il faudrait que les ministres apprennent à calculer. »
Et de conclure : « Dites à vos politiques, dites à vos députés, dites aux journalistes qui habitent votre village : qu’ils arrêtent la pornographie de la peur. Ça ne fait plus rire personne. »
Retrouvez l’intégralité de l’interview du Pr Martin Zizi par Xavier Azalbert sur France Soir.
Source : France Soir
C’était encore le temps où les mères n’offraient pas leurs enfants à Bigpharma comme on l’a vu dans la période covid où au contraire elles maintenaient l’enfant qui regimbait et permettait l’injection délétère.

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