Policiers brûlés à Viry-Châtillon en 2016. Treize jeunes devant la justice à partir de ce mardi

Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la cité sensible de La Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon, étaient prises d'assaut par une vingtaine de jeunes.
Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité de la cité sensible de La Grande-Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon, étaient prises d’assaut par une vingtaine de jeunes. | AFP/THOMAS SAMSON
Il y a trois ans, le 8 octobre 2016, deux voitures de police, stationnées à proximité de la cité sensible de La Grande-Borne, dans l’Essonne, étaient prises d’assaut par une vingtaine de jeunes. En quelques minutes, ils parviennent à briser les vitres des voitures et jettent dans l’habitacle des cocktails Molotov. Grièvement blessés, les quatre policiers s’extirpent in extremis de leurs voitures transformées en torches. Le procès des agresseurs présumés s’est ouvert ce mardi 15 octobre.
« Acte de guerre d’une sauvagerie inouïe », pour les policiers, ou « inconscience de petits cons », pour la défense. À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 6 décembre, se tient le procès de l’attaque des policiers de Viry-Châtillon (Essonne).Dans la salle comble de la cour d’assises des mineurs l’Essonne devant laquelle ils sont jugés pour tentative de meurtre, ils sont 10 jeunes, assis serrés dans le box en verre, entourés de policiers en uniformes. Trois autres, qui comparaissent libres, sont au premier rang de la salle.

Les jeunes accusés, des amis d’enfance aujourd’hui âgés de 19 à 24 ans et qui pour la plupart nient avoir participé, se sont levés tour à tour pour énoncer leurs identités. La cour a ensuite prononcé le huis clos.

Il y a trois ans, pratiquement jour pour jour, le 8 octobre 2016, deux voitures de police montent la garde. Les précédents week-ends, des jeunes ont tenté de détruire la caméra de surveillance installée pour prévenir les vols à la portière, récurrents à ce feu rouge de la départementale qui longe La Grande Borne, un labyrinthe de logements sociaux considéré comme l’une des cités les plus sensibles d’Île-de-France.

Visage masqué, une vingtaine de jeunes, encagoulés et gantés, déboulent, pierres à la main et cocktails Molotov déjà allumés. Ils prennent les fonctionnaires par surprise.

« J’ai des enfants, aidez-moi »

Les assaillants entourent les voitures, brisent les vitres à coups de pierre, jettent des cocktails Molotov à l’intérieur. Dans le premier véhicule, les deux sièges avant s’enflamment, et Vincent R., 28 ans, et Jenny D., 39 ans, prennent feu. Jenny D. parvient à sortir, le haut du corps en flammes, en continuant de recevoir des pierres. « J’ai des enfants, aidez-moi », entendra l’un des agresseurs présumés, qui confiera à une amie que ça lui a fait « un pincement au cœur ».

Vincent R. met plus de temps à sortir – il n’arrive pas à ouvrir la portière, mais il ne saura dire si c’est parce que quelqu’un la bloquait. Une fois dehors, il se roule par terre pour éteindre les flammes. Il reçoit une pierre dans le dos, sent une « vive chaleur » au niveau du visage – un autre cocktail Molotov selon lui.

Dans la deuxième voiture, un cocktail Molotov est tombé sur la banquette arrière. Sébastien P., 38 ans, voit sa collègue Virginie G., 28 ans, se « prendre des pains », mais ils parviennent à quitter la voiture sans être brûlés. Jenny D. arrive en hurlant, le visage en sang. Sébastien P. se précipite pour aider Vincent R., se brûle les mains en l’aidant à retirer son polo.

Aujourd’hui encore, l’une des victimes porte les stigmates de cette attaque sur le visage malgré plusieurs greffes de peau. Les agresseurs repartent ensuite vers la Grande Borne.

Malaise et colère dans la police

« Une attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer », réagit avec vigueur le ministre de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve. Mais sa déclaration n’a pas suffi à apaiser la colère de toute une profession.

L’attaque, qui n’aura duré qu’une trentaine de secondes, aura un immense retentissement et déclenchera une fronde inédite et spontanée de policiers « en colère », qui, bravant leur devoir de réserve, défilent pendant des semaines pour exprimer leur « malaise » face à la « haine anti-flics ».

Sur les 19 silhouettes visibles sur une caméra de surveillance de mauvaise qualité, seuls 13 jeunes, 16 à 21 ans à l’époque, sont renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de l’Essonne, pour tentative de meurtre.Le procès devrait se dérouler à huis clos.

Membres du groupe de « la S. », du nom d’une rue de leur quartier, les accusés sont des amis d’enfance. Certains reconnaissent parfois une présence a minima, la plupart contestent les faits d’un dossier « extrêmement fragile », selon Me Arnaud Simonard. Ce ne sont que des « témoignages anonymes, des rumeurs et des revirements », assure un autre avocat des accusés.

Il y a trois ans, le 8 octobre 2016, deux voitures de police, stationnées à proximité de la cité sensible de La Grande-Borne, dans l’Essonne, étaient prises d’assaut par une vingtaine de jeunes. En quelques minutes, ils parviennent à briser les vitres des voitures et jettent dans l’habitacle des cocktails Molotov. Grièvement blessés, les quatre policiers s’extirpent in extremis de leurs voitures transformées en torches. Le procès des agresseurs présumés s’est ouvert ce mardi 15 octobre.

« Acte de guerre d’une sauvagerie inouïe », pour les policiers, ou « inconscience de petits cons », pour la défense. À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 6 décembre, se tient le procès de l’attaque des policiers de Viry-Châtillon (Essonne).

Dans la salle comble de la cour d’assises des mineurs l’Essonne devant laquelle ils sont jugés pour tentative de meurtre, ils sont 10 jeunes, assis serrés dans le box en verre, entourés de policiers en uniformes. Trois autres, qui comparaissent libres, sont au premier rang de la salle.

Les jeunes accusés, des amis d’enfance aujourd’hui âgés de 19 à 24 ans et qui pour la plupart nient avoir participé, se sont levés tour à tour pour énoncer leurs identités. La cour a ensuite prononcé le huis clos.

Il y a trois ans, pratiquement jour pour jour, le 8 octobre 2016, deux voitures de police montent la garde. Les précédents week-ends, des jeunes ont tenté de détruire la caméra de surveillance installée pour prévenir les vols à la portière, récurrents à ce feu rouge de la départementale qui longe La Grande Borne, un labyrinthe de logements sociaux considéré comme l’une des cités les plus sensibles d’Île-de-France.

Visage masqué, une vingtaine de jeunes, encagoulés et gantés, déboulent, pierres à la main et cocktails Molotov déjà allumés. Ils prennent les fonctionnaires par surprise.

« J’ai des enfants, aidez-moi »

Les assaillants entourent les voitures, brisent les vitres à coups de pierre, jettent des cocktails Molotov à l’intérieur. Dans le premier véhicule, les deux sièges avant s’enflamment, et Vincent R., 28 ans, et Jenny D., 39 ans, prennent feu. Jenny D. parvient à sortir, le haut du corps en flammes, en continuant de recevoir des pierres. « J’ai des enfants, aidez-moi », entendra l’un des agresseurs présumés, qui confiera à une amie que ça lui a fait « un pincement au cœur ».

Vincent R. met plus de temps à sortir – il n’arrive pas à ouvrir la portière, mais il ne saura dire si c’est parce que quelqu’un la bloquait. Une fois dehors, il se roule par terre pour éteindre les flammes. Il reçoit une pierre dans le dos, sent une « vive chaleur » au niveau du visage – un autre cocktail Molotov selon lui.

Dans la deuxième voiture, un cocktail Molotov est tombé sur la banquette arrière. Sébastien P., 38 ans, voit sa collègue Virginie G., 28 ans, se « prendre des pains », mais ils parviennent à quitter la voiture sans être brûlés. Jenny D. arrive en hurlant, le visage en sang. Sébastien P. se précipite pour aider Vincent R., se brûle les mains en l’aidant à retirer son polo.

Aujourd’hui encore, l’une des victimes porte les stigmates de cette attaque sur le visage malgré plusieurs greffes de peau. Les agresseurs repartent ensuite vers la Grande Borne.

Malaise et colère dans la police

« Une attaque barbare, sauvage, qui était destinée à tuer », réagit avec vigueur le ministre de l’Intérieur d’alors, Bernard Cazeneuve. Mais sa déclaration n’a pas suffi à apaiser la colère de toute une profession.

L’attaque, qui n’aura duré qu’une trentaine de secondes, aura un immense retentissement et déclenchera une fronde inédite et spontanée de policiers « en colère », qui, bravant leur devoir de réserve, défilent pendant des semaines pour exprimer leur « malaise » face à la « haine anti-flics ».

Sur les 19 silhouettes visibles sur une caméra de surveillance de mauvaise qualité, seuls 13 jeunes, 16 à 21 ans à l’époque, sont renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de l’Essonne, pour tentative de meurtre.Le procès devrait se dérouler à huis clos.

Membres du groupe de « la S. », du nom d’une rue de leur quartier, les accusés sont des amis d’enfance. Certains reconnaissent parfois une présence a minima, la plupart contestent les faits d’un dossier « extrêmement fragile », selon Me Arnaud Simonard. Ce ne sont que des « témoignages anonymes, des rumeurs et des revirements », assure un autre avocat des accusés.

« La loi du silence »

Sur les 1 000 personnes à qui les enquêteurs ont rendu visite, personne n’a parlé, notamment par peur des représailles estiment les enquêteurs qui évoquent une « loi du silence ».

Si pour la police la « volonté de tuer » ne fait pas de doute dans cet acte d’une « brutalité, d’une sauvagerie inouïe », selon Me Thibault de Montbrial, qui défend l’une des policières, les conseils des accusés sont « convaincus » du contraire : « Ce sont des petits cons qui veulent en découdre, qui veulent dire « cassez-vous de notre cité » », estime l’un d’eux. « Ils ne réalisent pas la gravité de leur geste. »

Ils encourent la perpétuité pour cet « acte de guerre »

Pour les policiers présents au procès, « ça va être une épreuve compliquée de se replonger dans le traumatisme », redoute Laurent-Franck Liénard, avocat de deux d’entre eux.« Le malheur et les séquelles incontestables ne doivent pas empêcher l’administration de la preuve », insiste l’un des avocats de la défense, Me Alexandre Simonin.

Source : Ouest-France

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