OTAN en emporte le vent ! Encore un coup du « Maussade »

Vol à l’OTAN

Libres jugements

Ce pourrait être un film franchouillard inédit : « OSS 117 au Cercle national des armées ! »

Le 1er juillet, le prestigieux club parisien réservé aux galonnés accueillait un séminaire ultraconfidentiel de l’Otan.

A l’ordre du jour ? « La défense antimissile dans le domaine maritime ». Un sujet qui pourrait attiser la curiosité des Russes, dont les canonnières barbotent en mer Noire et en mer d’Azov.

Une réunion de haute tenue, donc… qui s’est terminée comme un mauvais film d’espionnage.

Une femme officier de l’état-major allemand participe à cette sauterie secret-défense.

Dans l’après-midi, après s’être absentée, elle retrouve sa place dans une salle située au 2e étage. Là, surprise son ordinateur s’est volatilisé.

Branle-bas de combat : frappée d’un autocollant aux couleurs de la Bundeswehr, la bécane renferme « des logiciels très confidentiels de plusieurs pays », indique la plainte déposée le jour même par les teutons au commissariat du VIIIe arrondissement.

Malheur au barbu

Heureusement, les caméras de surveillance, dont est truffé l’hôtel particulier, ont tout vu… à commencer par le gros raté des plantons à l’entrée.

A 15 h 03, selon la plainte, un civil affublé d’« une grosse barbe noire », coiffé d’une casquette de base-ball et portant « un grand sac à dos noir », pénètre sans difficulté dans le bâtiment sécurisé. Il se colle à une visiteuse dûment accréditée, faisant mine d’être son accompagnateur. Après quoi il emprunte l’ascenseur pour rejoindre directement, au 2e étage, la salle dévolue au séminaire de l’Otan. Apparemment, les lieux lui sont familiers.

Comme si de rien n’était, l’homme à la casquette salue les trois militaires présents, un Norvégien, un Belge et une Américaine. Puis, « sans la moindre hésitation », il s’assied derrière la grande table en U, pose son sac à dos et en sort des documents. Une simple et habile diversion destinée à subtiliser l’ordinateur laissé dans la sacoche à côté de lui. Peu de temps après, il se carapate, aussi facilement et tranquillement qu’il était entré. Durée de l’opération barbotage : moins de dix minutes…

Ricains mesquins

Pour la direction du Cercle national des armées, compte tenu du mode opératoire, ça ne fait pas un pli : il s’agit d’une barbouzerie. D’autant que des vols d’ordinateurs ont déjà eu lieu dans d’autres réunions de l’Otan. En plus de la plainte déposée par la Bundeswehr, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et son pendant aux Armées, la Direction du renseignement et de la sécurité de la défense (DRSD), sont mis illico sur le coup.

Ordre leur est donné de retrouver au plus vite le coupable et, surtout, l’ordinateur. Nos espions, qui auraient déjà identifié le voleur, cherchent à démasquer ses complices afin de remonter jusqu’au commanditaire – la principauté d’Andorre, à n’en pas douter.

Même s’il a été « bloqué » à distance, l’engin est bourré de données sensibles, dont le compte rendu détaillé du séminaire.

Dans le procès-verbal, le plaignant cite ce propos du responsable de la rencontre parisienne, un Américain : « Il s’agit d’un espionnage, car la personne connaissait très bien les lieux et savait ce qu’elle devait faire. »

Les Yankees ne se sont pas privés de passer une soufflante aux Frenchies sur la façon cavalière dont ces derniers ont sécurisé le colloque.

Embarras au Château, au lendemain du sommet de l’Otan à Madrid consacré à la « menace russe ». Macron y avait accepté que la France comme ses alliés « renforcent la posture de dissuasion et de défense sur le flanc oriental ».

Et rien de prévu, sur le flanc parisien, du côté du Cercle national des armées ?


Didier Hassoux et Christophe Labbé. Le Canard Enchainé. 13/07/2022

Source : Libre jugement

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