« On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade » : les énormes regrets d’Agnès Buzyn

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Agnès Buzyn, ancienne ministre de la Santé, est revenue ce mardi sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus. ERIC FEFERBERG / AFP
Ce mardi, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn est revenue sur la gestion de la crise sanitaire liée au coronavirus par le gouvernement. Elle affirme notamment avoir eu connaissance de l’ampleur potentielle de la maladie dès le mois de janvier.

L’effet d’une bombe. Littéralement. Les propos tenus ce mardi 17 mars par l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn dans les colonnes du journal Le Monde ressemblaient à une véritable déflagration. Dans les pages du quotidien national, la désormais candidate La République en Marche à la mairie de Paris, qui a pris la suite de Benjamin Griveaux, est revenue sur sa gestion de la crise sanitaire du coronavirus avant sa démission du poste de ministre.

Le 16 février dernier, celle-ci avait dû remplacer au pied levé le candidat Benjamin Griveaux, qui de son côté avait renoncé à la mairie de Paris suite à la révélation de vidéos intimes. À ce moment, Agnès Buzyn explique qu’elle était parfaitement au courant de l’ampleur de la catastrophe. Elle assure notamment avoir prévenu Emmanuel Macron et Édouard Philippe, dès le mois de janvier, des conséquences qu’allait avoir la propagation du coronavirus. Elle quitte alors le ministère de la Santé pour se lancer dans la course à la mairie de Paris : “Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu”, affirme la candidate, qui a annoncé arrêter sa campagne pour les élections municipales de Paris, sans pour autant abandonner la course.

Elle explique entre autres n’avoir à ce moment pensé qu’au coronavirus : « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade. La dernière semaine a été un cauchemar. J’avais peur à chaque meeting. J’ai vécu cette campagne de manière dissociée ». Pour autant, l’équipe de campagne d’Agnès Buzyn a procédé à l’envoi de quelque 500.000 messages textos pour appeler à voter pour la candidate La République en Marche, le dimanche, malgré les risques sanitaires.

« Il n’y a que toi »

« Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation », indique l’ex-ministre. Même son de cloche le 30 janvier pour le Premier ministre, lui indiquant notamment que, selon elle, les élections ne pourraient pas se tenir dans ce contexte. Quinze jours après, malgré ce message, Agnès Buzyn s’est lancée dans la course à la mairie de Paris : « Je recevais des milliers de textos me disant : ‘Il n’y a que toi…’ Je me suis dit que je n’allais pas laisser La République en marche dans la difficulté… Paris est un beau mandat. J’ai appelé moi-même le président pour lui dire que j’y allais », affirme l’ancienne ministre dans les colonnes du Monde.

Ce mardi 17 mars, elle affirme également dans le quotidien que le coronavirus va faire « des milliers de morts » en France.

Des « intuitions personnelles »

Ce mardi midi, l’ancienne ministre de la Santé a tenu réagir à la polémique. Dans un communiqué, celle-ci a notamment indiqué que « les formulations employées relèvent de perceptions et d’intuitions personnelles » : « Ces propos, recueillis en pleine crise, doivent être pris dans leur contexte. La formulation de ‘mascarade’ traduit en particulier le ressenti a posteriori d’Agnès Buzyn face au décalage de la campagne menée et de l’enjeu sanitaire présent », indique le communiqué.

Agnès Buzyn explique qu’elle regrette « la tonalité de cet article et l’utilisation qui en est faite en cette actualité où tout le pays doit être tourné vers la gestion de crise ». Elle ajoute aussi que « le gouvernement a été pleinement à la hauteur des défis pour affronter ce virus » : « Lorsque j’ai appris l’émergence du coronavirus en Chine, j’ai eu l’intuition qu’une épidémie pouvait se profiler et ne pas se cantonner à la Chine. C’est vrai, j’ai exprimé mon inquiétude depuis le premier jour parce que c’était mon rôle. J’ai reçu le soutien immédiat du président de la République et du Premier ministre », a précisé par la suite l’ancienne ministre dans un second communiqué.

Le Pemier ministre Édouard Philippe a indiqué qu’il allait réagir à ces propos dans son allocution prévue ce mardi sur France 2.

Source : La Dépêche

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