Oise : sur les pas des référents sûreté de la gendarmerie

Agnetz. Les gendarmes Pasquier et Théodore, deux référents sûreté, restituent leurs observations sur les faiblesses sécuritaires de la Maison de la chasse à ses responsables.
Agnetz. Les gendarmes Pasquier et Théodore, deux référents sûreté, restituent leurs observations sur les faiblesses sécuritaires de la Maison de la chasse à ses responsables. (LP/F.C.)

L’exercice est périlleux. Comment parler de l’activité des référents sûreté sans dévoiler les points vulnérables qu’ils soulèvent à longueur de journée ? L’adjudant-chef Jean-Pierre Pasquier et le gendarme Mickaël Théodore sont, pour la gendarmerie, les deux référents sûreté qui sillonnent tout le département à la rencontre d’élus, de chefs d’entreprises, ou de commerçants.

Leurs missions principales : élaborer des audits de vidéoprotection pour les communes, et réaliser des diagnostics sur la sécurité d’établissements publics ou privés.

A l’image de ce qu’ils ont produit il y a quelques mois à la Maison de la chasse à Agnetz. En février, le site a été saccagé par des militants anti-chasse qui n’ont pas eu de mal à pénétrer sur les lieux. Un épisode traumatisant pour les membres de la Maison de la chasse qui ont souhaité tout de suite réagir. « Avant, on ne pensait pas être l’objet de convoitises ou d’attaques, relate Marc Morgand, directeur de la Maison de la chasse. Dès que l’on s’est fait attaquer, nous nous sommes posés la question de la sécurité ». Si bien que les représentants ont sollicité les deux gendarmes pour dresser les points de vulnérabilité à l’extérieur comme à l’intérieur du bâtiment aux nombreuses baies vitrées. Ils ont restitué leurs observations mêlant diagnostic et préconisations. Quel que soit l’établissement étudié, les gendarmes utilisent les mêmes méthodes : ils décortiquent l’environnement du site (le voisinage), observent les clôtures, les éclairages, l’emplacement des vidéos, l’efficacité des systèmes d’alarme, la présence humaine… Tous ces points qui peuvent dissuader l’auteur d’une infraction d’entrer. Ou au contraire de l’y encourager. Et ce sont sur ces aspects que les gendarmes se sont attardés pour la Maison de la chasse. A écouter la liste égrenée par l’adjudant-chef Jean-Pierre Pasquier, le trésorier de l’institution Luc Vandenabeele explique que la « maison de la chasse, ce n’est pas une prison. On est là pour accueillir du public. Quand on fait le constat avec vous, là ça ne va pas ». Tout le dilemme : comment protéger les lieux tout en continuant d’accueillir du public. Mais les responsables écoutent sans sourciller. « Ça nous met face à nos risques. On s’est peut-être un peu trop ouvert sur l’extérieur », conclut Marc Morgand à la fin de la présentation.

Et quand l’adjudant-chef Pasquier aborde le chapitre des préconisations, il anticipe les objections : « Je sais ce que vous allez me dire : que ça va être onéreux ». On évoque des rehaussements de façade, la possibilité d’installer des détecteurs de mouvements, d’améliorer la signalétique dans le bâtiment… A charge pour les responsables de la Maison de suivre ou non les préconisations. En tout cas, « c’est une aide à la prise de décision », estime Marc Morgand.

La vidéoprotection représente 80 % de leur activité Route départementale 565 à Fleurines. Le gendarme Mickaël Théodore explique pourquoi, il préconiserait l’emplacement d’une caméra de vidéosurveillance, à l’entrée de la commune. La route traverse un ensemble d’équipements sportifs sujet à des rassemblements et des dégradations. Le maire de Fleurines a sollicité la gendarmerie pour élaborer un audit de vidéoprotection. Après avoir « observé tous les chemins pour voir l’étanchéité de la commune », selon le jargon propre aux forces de l’ordre, après un entretien avec les élus pour connaître les problématiques de la commune, les référents sûreté ont cherché les lieux pertinents pour installer des caméras. Ils estiment, dans le rapport qu’ils remettront bientôt au maire, que 12 caméras suffiraient. Aux élus de suivre ou pas leurs préconisations. Environ 80 % de l’activité des référents sûreté est justement dévolue aux audits de vidéoprotection. Et à deux pour parcourir le département, il ne faut pas s’attendre à des miracles de rapidité. « Notre délai d’intervention est de dix mois », lâche le gendarme Théodore. Depuis janvier 2012, les référents ont réalisé 35 audits vidéoprotection. Huit communes attendent leur passage. Ils ont aussi effectué 22 audits dits de sûreté au profit d’établissements publics et privés, soit 10 % de leurs visites. Les 10 % restants sont dédiés aux avis qu’ils rendent sur les projets de vidéoprotection des communes. Des avis nécessaires pour bénéficier de fonds.

F.C.

Source : Le Parisien

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