Municipales 2026 : à Aubazine, la polémique instrumentalisée a eu raison de François Dubois

Cette petite commune de Corrèze, que ses 750 électeurs rendaient discrète, a soudainement intéressé les rédactions nationales. Pourquoi ? Parce qu’un ancien gendarme, François Dubois, osait défier Bernard Larbre, maire depuis que Georges Pompidou fréquentait l’Élysée. Le 15 mars 2026, Larbre l’a emporté. Mais la manière interroge : jamais campagne n’aura autant ressemblé à un procès médiatique vite expédié.

mise à jour le 16/03/26

La démocratie locale a ceci de fascinant qu’elle permet à des journalistes parisiens de venir expliquer à 750 électeurs corréziens qui ils doivent élire.

Deux hommes, une opposition de styles

D’un côté, Bernard Larbre, 49 ans de mandat au compteur, liste sobrement intitulée « Une équipe dynamique ». De l’autre, François Dubois, 42 ans, retraité de la gendarmerie, vice-président de Profession Gendarme, et candidat « Réveillons Aubazine ! ». L’un incarne la continuité poussiéreuse, l’autre promettait de secouer le cocotier communal. La campagne s’annonçait locale, presque anodine. C’était sans compter sur l’appétit des médias pour le petit fait divers qui monte.

France 3 en croisade, deux jours avant le vote

Le 13 mars, à soixante-douze heures du scrutin, France 3 Nouvelle-Aquitaine balance son pavé dans la mare : « Pseudo-pandémie du Covid : dans ce village, les propos complotistes d’un candidat sèment le trouble ». Le sujet, savamment monté, exhume des publications de François Dubois sur Égalité et Réconciliation, le site d’Alain Soral – ce qui, dans la langue des bien-pensants, équivaut à exhiber une croix gammée.

Le témoin unique, Raphaël Bouysset, y va de sa comparaison avec la Terre plate. Le clou du spectacle ? Antonin Atger, doctorant en psychologie sociale, venu tout exprès expliquer que Soral, c’est mal, et que François Dubois, postant chez Soral, c’est donc pareil. Une démonstration par l’amalgame, servie dans l’urgence électorale.

François Dubois répond, trop tard

Le candidat, contacté, n’a pas eu le temps de répondre pour le reportage. Il le fera sur X, vidéo à l’appui, dénonçant un « reportage intégralement à charge ». Il révèle que Bouysset n’est pas un simple habitant indigné, mais un militant actif de la liste Larbre, animateur de ses réunions publiques. Silence gêné des journalistes.

Droit de réponse publié, signalement à l’ARCOM, accusations de « manipulation médiatique » : François Dubois tente d’éteindre l’incendie. Trop tard. La machine est lancée, le mal est fait. Les électeurs auront retenu le mot « complotiste », pas la défense.

Larbre récolte, François Dubois survivra

Résultat des courses : 67 % pour Larbre, 32 % pour François Dubois. Participation honnête (75 %), deux petits sièges pour l’outsider. Bernard Larbre peut remercier France 3 : jamais bilan ne fut épargné par une telle opération de sauvegarde médiatique. Pendant qu’on disséquait les tweets de son adversaire, lui se contentait d’exister, ce qui, après 49 ans, relève presque de l’exploit.

François Dubois entre au conseil. Insuffisant pour gouverner, suffisant pour exister. Dans cette affaire, une seule certitude : à Aubazine, les électeurs ont peut-être choisi leur maire, mais ce sont les journalistes qui ont choisi leur adversaire. Une preuve de plus que l’enquête menée par la Commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public est nécessaire. L’exemple même que les fonds publics finançant les médias publics servent à des intérêts privés.


Retrouvez François Dubois sur Le Média en 4-4-2


par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

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