Migrants, délinquance, moyens : les objectifs de Vincent Bereziat, nouveau patron des gendarmes du Pas-de-Calais

Vincent Bereziat a pris la relève du colonel Bisognin le 1er août à la tête du groupement de gendarmerie du Pas-de-Calais, basé à Arras. À 40 ans, ce colonel originaire du sud de la France découvre le secteur et ses problématiques. Migrants, recours accru aux nouvelles technologies, économies et réduction de l’insécurité : cet officier et ingénieur en informatique livre ses impressions et ses priorités.


Vincent Bereziat est passionné d’informatique. Il arrive dans un groupement en pointe en la matière.

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Vincent Bereziat est passionné d’informatique. Il arrive dans un groupement en pointe en la matière.

Le colonel Bereziat est conscient que la tâche ne s’annonce pas facile mais le défi ne lui fait pas peur. « C’est un gros groupement de gendarmerie, dans les dix premiers en terme d’effectifs, expose cet homme marié et père de quatre enfants. Ce qui me marque, ce sont les contrastes dans ce département, qui a beaucoup de caractère et une forte identité ». Au-delà de ces premières impressions, le colonel Bereziat a aussi décelé « de nombreuses problématiques liées aux flux, à la démographie, aux difficultés sociales, au positionnement extraordinaire » d’un département qu’il l’a également surpris… « par les températures : j’ai acheté une polaire en plein mois d’août… »

Les objectifs du colonel tiennent autant à la forme qu’au fond. Sur la forme, le nouveau patron des gendarmes du Pas-de-Calais entend améliorer les capacités judiciaires de la gendarmerie, notamment en matière de saisie des avoirs criminels, « source de financement innovante surtout dans le contexte actuel ». Le recours aux nouvelles technologies sera aussi fondamental. M. Bereziat entend aussi développer le travail de partenariat avec la police, les procureurs, les élus. Enfin, il compte « dégager de la liberté d’action en veillant à l’économie de nos moyens » qui sont « comptés ». Il s’agira de « faire des choix : on avait moins ce souci avant, ça devient prégnant et ajoute une difficulté car il ne faut pas que la capacité opérationnelle soit impactée (…) Il faudra réfléchir avant de s’engager, ça va se jouer dans le traitement des urgences ».

Sur le fond, outre le travail sur le « champ d’investigation colossal » des nouvelles technologies, le colonel entend réduire les atteintes aux biens, les drames de la route et lutter contre les violences intrafamiliales (« 80 % de nos interventions nocturnes sont liées à la problématique de l’alcoolisation », note-t-il).

À la problématique des migrants, très prégnante ces dernières semaines, Vincent Bereziat se dit « perplexe face à la complexité » du phénomène : « Si quelqu’un avait la solution, elle serait déjà trouvée. Cela va nous occuper beaucoup. Il y a des drames mais aussi des lois à respecter. Je ne vois pas comment cela va s’arranger dans les mois à venir. Cela commence à déborde aussi sur la Somme ».

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