Meurtres de deux femmes gendarmes : le lourd passé judiciaire du suspect

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Un colosse ivre d’alcool et de cannabis au parcours inévitable. Le meurtrier et assassin présumé des deux femmes gendarmes, Audrey Bertaut et Alicia Champlon, exécutées au soir du 17 juin 2012 dans le village de Collobrières (Var), Abdallah Boumezaar avait derrière lui déjà un long parcours judiciaire sur fond de drogue, d’alcool, de violences et de haine des femmes.

L’homme, originaire de la cité de la Berthe à la Seyne-sur-Mer, cumule pas moins de 12 condamnations. La dernière avant la tragédie, datait du 13 juin 2012. Il avait été condamné pour des violences sur sa propre mère, dont il avait défoncé l’appartement, à six mois de prison avec sursis et une mise à l’épreuve de trois ans. Interdit de séjour à la Seyne-sur-Mer, une tante lui prêtait une maison à Collobrières en plein massif des Maures, pour qu’il s’éloigne du milieu de la cité. Quatre jours plus tard, il cambriolait des voisins qui faisaient appel à une patrouille de gendarmerie dont l’équipage, Alicia Champlon, 29 ans, adjudant et Audrey Bertaut, 35 ans, maréchal des logis chef, seront abattues. Il avait tourné un clip baptisé «Rap de Tuerie» en détention, où il évoquait son envie d’éliminer des membres de forces de l’ordre.

Fis d’un ouvrier de l’arsenal de Toulon, Abdallah Boumezaar, 32 ans, a vite décroché du système scolaire. Il le quitte à 15 ans sans aucun diplôme. En raison de problèmes de comportement, il est placé en foyer à Six-Fours et à la Croix-Valmer. Il a fugué à chaque fois.
Le 26 avril 2000, il écope de trois mois de prison pour vente de produits stupéfiants. Le 29 janvier 2002, Boumezaar est condamné par le tribunal correctionnel de Marseille (Bouches-du-Rhône) à deux mois de prison pour rébellion et usurpation d’identité. Lors d’une rixe il avait frappé les policiers à la tête et au ventre à coups de pieds avant d’en mordre un et usurper l’identité de son frère.

Le 14 décembre 2001, il est condamné par le tribunal de Toulon (Var) à 2 ans et demi de prison dont six avec sursis pour trafic de stupéfiants au sein de la cité de la Berthe. Son sursis sera révoqué le 14 juin 2006. Le 2 juin 2004, interdit de séjour à la Seyne-sur-Mer (Var), il est reconnu par des policiers. Là encore, il utilise le nom de son frère. Et prend la fuite. Il prononcera des menaces de mort contre les policiers. Il sera condamné à un mois de prison

Le 14 juin 2006, toujours interdit de séjour à la cité de la Berthe, la mère d’Abdallah prévient la police car il séjourne chez elle. Une patrouille avec deux agents féminins intervient. Il fracasse le visage de la sous-brigadier et utilise un poing américain pour asséner un coup au visage d’un élève gardien de la paix. Il est condamné à 4 ans de prison pour violences aggravées par le tribunal correctionnel de Toulon (Var).

Le 9 décembre 2005, il brise une vitre alors qu’il est incarcéré à la prison de la Farlède. Il écopera de trois mois de prison pour destruction de bien affecté à l’utilité publique et en récidive. Le 23 juin 2008, incarcéré, il est trouvé porteur, lors d’une fouille, de stupéfiants au sein même de la prison de la Farlède. Il est condamné à 4 ans de prison par le tribunal correctionnel qui lui applique la peine plancher. Il fera appel et ne prendra que 2 ans. Le jour de sa condamnation, il menace de mort le juge qui préside le tribunal.

Le 12 janvier 2009, il prend 3 mois de prison pour menaces de mort sur magistrats. Le 17 septembre 2012, 8 mois de prison pour violences sur agents de la force publique et menaces. Le 13 juin 2012, ill brutalise sa mère qui dépose plainte. Abdallah, qui n’a pas le droit de résider à la Seyne, brise cloisons et portes dans l’appartement. Il est condamné à 6 mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve et une obligation de soins. Le 18 juillet 2012, le tribunal de Grasse (Alpes-Maritimes) le condamne à 2 ans de prison pour avoir incendié sa cellule et recel de téléphone portable.

Le 29 mai 2013, il est condamné à deux ans de prison encore pour avoir roué de coups un surveillant pénitentiaire et recelé des stupéfiants en détention.

Source : Le Parisien

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