Le message des Sept Saints pour la fin des temps

Les Sept Saints célébrés en Bretagne, dans un hameau des Côtes d’Armor, sont porteurs d’un message qu’il importe plus que jamais de comprendre, alors que les évènements du monde semblent réaliser les anciennes prophéties sur la fin des temps. Rendez-vous les 26 et 27 juillet 2025 pour le pardon des Sept Saints, sur la commune du Vieux Marché.

« Je vous parle d’un ouvrage qui n’a pas été fait de main d’homme…
La Chapelle n’est formée que de six pierres,
quatre rochers servent de murailles,
deux autres de toiture : qui ne comprendrait
que seul le Dieu tout-puissant a pu la bâtir ?

Vous me demanderez peut-être
quand et comment elle fut bâtie.
Et moi je réponds que je crois que
quand fut créé le monde,
le ciel, la mer, la terre, elle fut aussi bâtie
. »

Ces quelques lignes, tirées d’une ancienne gwerz bretonne, nous font entrer en un oratoire caché sous un dolmen, dans la campagne bretonne. Sept petites statues de Saints entourent celle de la Vierge Marie, devant un bateau dépouillé qui porte pour nom : L’abandon à Dieu. À l’arrière, un nombre mystérieux pour les non-initiés : 309.

Les Sept Saints et Marie dans l’oratoire antique au hameau des Sept Saints (Côtes d’Armor)

Nous sommes sur la commune du Vieux Marché, au hameau des Sept Saints. Une fois par an, ce lieu s’anime, voit affluer une petite foule de fidèles, parfois venus de loin. Cette année, c’est les 26 et le 27 juillet 2025 qu’y aura lieu le pardon annuel. C’est l’occasion, pour ceux qui résident en Bretagne ou y sont en vacances, de s’y rendre et de méditer sur l’histoire des Sept Saints.

Nous allons voir que leur histoire porte un message, venu du fond des âges, et aujourd’hui plus actuel que jamais, illustré par les sept cierges allumés, pendant le pardon, comme autant de mâts lumineux sur le mystérieux bateau de l’oratoire.

En Bretagne, les Sept Saints sont souvent identifiés aux Sept Saints fondateurs de la Bretagne. Ce lieu fait exception. Les Sept Saints dont les statues auraient, selon la légende, été découvertes sous le dolmen, représentent ici les Sept Dormants de la ville d’Éphèse, devenue aujourd’hui une petite ville de l’Ouest de la Turquie, nommée Selçuk.

Éphèse dans l’actuelle Turquie

Pour comprendre l’histoire des Sept Saints, écoutons tout d’abord les paroles de la gwerz bretonne, traduites en français :

« Autrefois il y avait un homme cruel, Decius il était nommé.
Empereur le plus féroce et le plus méchant qu’on put trouver,
il fit une persécution martyrisant tous les Chrétiens,
qui refusèrent d’abandonner leur foi et leur croyance.
Dans une ville appelée Éphèse,
étaient alors les Sept Frères,
au temps où était à Rome Decius, l’Empereur ;
il leur manda des ambassadeurs,
pour chercher à leur faire renier leur foi et leur loi.
Les Sept frères ont dit net aux ambassadeurs,
qu’ils ne renieraient ni leur foi ni leur loi ;
mieux valait cent fois abandonner leurs charges,
que d’être traîtres et d’abandonner leur croyance.
Le tyran pensait dompter leur constance,
il leur fit enlever leurs fortunes et charges.
Il leur fit savoir qu’ils seraient punis si fidèles à Jésus,
mais que s’ils le reniaient, ils seraient honorés. »

C’est en l’an 448 que des corps bien conservés ont été redécouverts dans une caverne aux environs
d’Éphèse. L’évêque d’Éphèse, Étienne, a composé à cette occasion un sermon où il relate l’histoire
des sept personnages. Elle date du règne de l’empereur Decius, de 249 à 251. Cet empereur est
connu pour ses persécutions à l’encontre des Chrétiens. Sept officiers du palais, très attachés à leur
foi, auraient été particulièrement visés. Ils auraient profité d’une absence de l’empereur pour s’enfuir
et se réfugier dans une caverne voisine. Dès son retour, l’empereur Decius aurait fait rechercher les sept officiers, qui auraient été retrouvés endormis dans leur cachette. Decius les y aurait fait emmurer pour qu’ils succombent, par privation d’eau et de nourriture. Ce n’est qu’en 418, soit près de deux siècles plus tard, qu’un maçon aurait ouvert le mur, et y aurait découvert les sept officiers. De façon surprenante, ceux-ci se seraient alors éveillés. L’empereur de l’époque, Théodose II, aurait lui-même constaté le miracle sur place.

Site des Sept Dormants à Selçuk (Éphèse) Turquie

L’histoire enseigne que l’empereur Decius avait promulgué un édit rendant obligatoire le culte
impérial, jusque là facultatif, afin de renforcer la cohésion du peuple autour des valeurs de l’Empire
. Il exigeait des citoyens un acte rituel d’allégeance accompli devant les autorités, et sanctionné par une attestation, un libellum individuel. On imagine les conséquences d’un défaut de présentation d’un libellum à jour pour l’exercice d’une charge, ou l’accès à certains lieux. Refuser de se plier à l’édit équivalait à saper les fondements de la puissance romaine, et donc à trahir l’Empire. Une telle désobéissance était passible de la peine capitale.

À l’époque actuelle, les officiers du palais de l’empereur seraient des Gardes républicains veillant sur la sécurité du président Macron. L’édit de l’empereur a trouvé son équivalent dans la loi n° 2021‑1109 du 24 août 2021, dite loi confortant le respect des principes de la République (également appelée « loi contre le séparatisme »). L’article L. 434‑1 A du Code de la sécurité intérieure, issu de l’article 2 de cette loi, a pris effet le 26 août 2021 et stipule :

« Préalablement à sa prise de fonctions, tout agent de la Police nationale ou de la Gendarmerie nationale déclare solennellement servir avec dignité et loyauté la République, ses principes de liberté, d’égalité et de fraternité et sa Constitution par une prestation de serment. »

À ce jour, aucun chiffre n’a été publié sur le nombre de serments effectués, malgré une question écrite sur le sujet datant du 26 novembre 2024. L’édit de l’empereur Decius et la loi républicaine du 24 août 2021 visent bien les mêmes objectifs : faire primer l’obéissance aux autorités, en particulier au monarque en exercice, sur toute autre autorité ou allégeance, qu’elle découle de croyances religieuses ou de principes personnels. Du temps de l’empereur Decius, la détermination des sept officiers du palais a triomphé de la volonté de l’empereur, qui a vu ses décisions humaines contrecarrées par la puissance divine. Plongés dans un long sommeil, les officiers ont survécu à sa disparition, et se sont réveillés à une époque où sa tyrannie n’avait plus cours.

Avranches – Normandie 1905 : les gendarmes fracassent la porte d’une église

La leçon des Sept Saints a cependant une portée plus large que ne le laisse entrevoir cette analogie avec la Gendarmerie nationale contemporaine. Elle concerne chaque être humain, tout particulièrement à notre époque. Ce n’est pas par hasard que les grands rabbins et docteurs de la loi juive édictèrent, à l’époque pré-islamique, trois grandes questions à poser à celui qui se prétendait prophète, pour éprouver sa véridicité :

« Qui sont les gens de la Caverne et quelle est leur histoire ? »
« Qui est celui qui a parcouru la Terre du Couchant au Levant ? »
« Qu’est-ce que l’esprit ? »

La première de ces questions a fait l’objet d’une sourate du Coran, intitulée la Caverne, avec pour conséquence que les Musulmans connaissent beaucoup plus largement l’histoire des « Gens de la Caverne », que les Chrétiens celle des « Sept Dormants d’Éphèse », qui en est pourtant très proche. Quel rapport avec la commémoration des Sept Saints dans la campagne bretonne ? Pour le comprendre, il faut se reporter au début du vingtième siècle, et à l’expérience mystique vécue par un jeune Français de 25 ans, emprisonné dans les geôles ottomanes à Bagdad, et convaincu de sa mort prochaine. Ce jeune homme tente de se suicider, et vit alors ce qu’il racontera plus tard par ces mots :

« L’Étranger qui m’a visité, un soir de mai, devant le Tâq, sur le Tigre, dans la cabine de ma
prison, et la corde serrée après deux essais d’évasion, est entré, toutes portes closes, Il a pris feu
dans mon cœur que mon couteau avait manqué, cautérisant mon désespoir qu’Il fendait, comme la
phosphorescence d’un poisson montant du fond des eaux abyssales. »

Le jeune homme se nommait Louis Massignon. Incroyant dans sa jeunesse, il devient profondément catholique. Il s’investit avec opiniâtreté dans la réconciliation des religions abrahamiques, judaïsme, christianisme et islam. Par cohérence avec cette aspiration, il passe d’une position sioniste entre les deux guerres, à un antisionisme notoire, frôlant l’antisémitisme, quand il constate la réalité du colonialisme juif en Palestine, et les intrigues des réfugiés juifs en France. Par cohérence encore, il cherche à établir des ponts entre le christianisme et l’islam.

Louis Massignon au Caire en 1909

Ayant découvert les Sept Dormants à travers ses travaux d’islamologie, Louis Massignon en fait un
thème de méditation spirituelle particulièrement important dans ses publications, et son
enseignement à l’École pratique des hautes études. En 1951, il se rend en pèlerinage à Éphèse. Il en
revient convaincu de la réalité du miracle, et soucieux de le faire connaître au monde catholique
français. La même année, il apprend par sa fille Geneviève, ethnologue, l’existence dans les Côtes
d’Armor d’un pardon traditionnel dédié aux Sept Dormants d’Éphèse.

Louis Massignon se rend l’année suivante au pardon du hameau des Sept Saints, dans une région
qu’il connaît pour y avoir fait de nombreux séjours pendant son enfance. Il décide d’y fonder un lieu
de rencontre islamo-chrétien, promouvant un idéal de réconciliation spirituelle. Ce projet est
esquissé en 1954, et voit le jour en 1955. Il se perpétue aujourd’hui chaque année, le dernier
dimanche de juillet
, avec un office suivi de la récitation, par une personnalité musulmane, d’extraits
de la sourate de la Caverne.

Pour entendre, en breton, des témoignages sur les débuts de ce pardon islamo-chrétien en Bretagne, il faut visionner ce reportage de France 3 Bretagne, débutant par le rappel de ces autres mots de Louis Massignon :

« Il faut, en effet, être pèlerin ou forçat ici-bas ; mais il faut bouger, et le voyage, de la naissance à la mort, est une sorte de pèlerinage essentiel. »

Que change donc l’irruption du texte islamique de l’histoire des Gens de la Caverne, dans la compréhension de l’histoire des Sept Dormants d’Éphèse ? La première remarque à faire est que la sourate de la Caverne est directement reliée, dans la compréhension islamique, aux temps eschatologiques, c’est-à-dire à ce que l’on nomme la fin des temps. En cela il ne saurait y avoir de hasard, si l’on croit à un plan divin pour le monde, à ce que l’histoire chrétienne et l’histoire musulmane se rencontrent à la moitié du vingtième siècle.

Dans cet esprit, il paraît tout aussi significatif que le site d’Éphèse, et donc Selçuk aujourd’hui en Turquie, abrite le tombeau de Saint Jean l’Évangéliste, connu comme auteur présumé de l’Apocalypse, texte qui contient aussi des prophéties sur la fin des temps. La basilique Saint Jean, supposée abriter le tombeau, fut construite au VIe siècle par l’empereur Justinien Ier, à l’endroit même où Jean aurait été enterré. Elle fut à l’époque aussi grande que Sainte-Sophie, et l’un des plus importants lieux de pèlerinage chrétiens.

Une cérémonie orthodoxe sur le tombeau de Saint Jean – Selçuk (Éphèse) Turquie

On ne saurait ignorer non plus que Jésus, d’après l’Évangile, confia sa mère à Jean :

« Jésus, voyant sa mère, et auprès d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : Femme, voilà ton fils. Puis il dit au disciple : Voilà ta mère. Et, dès ce moment, le disciple la prit chez lui. » (Jean 19, 26–27)
Jean aurait accompagné Marie dans ses missions après la Pentecôte. Ils auraient quitté Jérusalem pour s’installer à Éphèse, un grand centre hellénistique, vers l’an 40-50.

Près d’Éphèse, sur le mont Aladağ (à Meryem Ana, « la Mère Marie » en turc), on trouve une maison en pierre, identifiée par certains Chrétiens comme la demeure de Marie. Elle est devenue un lieu de pèlerinage chrétien et musulman. Cela explique, selon toute évidence, la présence de la statue de la Vierge Marie aux côtés de celle des Sept Saints, dans l’oratoire breton des Côtes d’Armor.

La maison de Marie à Selçuk (Éphèse) Turquie

Ainsi se croisent, au Vieux Marché, dans les Côtes d’Armor, et à Selçuk, en Turquie, loin des passions et des anathèmes, deux religions monothéistes portant sur le monde des regards parfois différents, mais qui se révèlent ici étrangement complémentaires. Sur l’histoire des Gens de la Caverne, le texte islamique vient enrichir la réflexion, en ouvrant de nouvelles perspectives, sans introduire de bornes dogmatiques. Les axes essentiels de cette réflexion vont maintenant être dégagés.

Tout d’abord, alors que l’histoire des Sept Dormants, telle qu’elle est rapportée en particulier dans la gwerz bretonne, insiste sur la tyrannie et la méchanceté de l’empereur Decius, tout en mettant en exergue l’attachement des Sept Saints à Jésus, les versets de la sourate disent ceci :

  1. Quand les jeunes gens se furent réfugiés dans la caverne, ils dirent: « Ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde ; et assure nous la droiture en tout ce qui nous concerne. »
  2. Alors, Nous avons assourdi leur oreilles, dans la caverne pendant nombreuses années.
  3. Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour.
  4. Nous allons te raconter leur récit en toute vérité. Ce sont des jeunes gens qui croyaient en leur Seigneur ; et Nous leurs avons accordé les plus grands moyens de se diriger [dans la bonne voie].
  5. Nous avons fortifié leurs cœurs lorsqu’ils s’étaient levés pour dire : « Notre Seigneur est le Seigneur des cieux et de la terre : jamais nous n’invoquerons de divinité en dehors de Lui, sans quoi, nous transgresserions dans nos paroles.
  6. Voilà que nos concitoyens ont adopté en dehors de Lui des divinités. Que n’apportent-ils sur elles une preuve évidente ? Quel pire injuste, donc, que celui qui invente un mensonge contre Dieu ?

La foi et la droiture des jeunes gens sont bien transmises par les deux récits. Dans le texte de la sourate, par contre, ce n’est pas l’empereur qui est mis en cause, ou quelque autorité supérieure, mais les concitoyens des jeunes gens, par leur adoption de divinités. Cette perspective change tout. Pour le comprendre, il faut définir ce qu’est vraiment une divinité, et chercher si nous sommes tentés ou obligés, à notre époque moderne, d’en adopter.

Dans un groupe humain, il se produit toujours un phénomène d’imitation réciproque, d’adaptation de chaque individu à des normes partagées au sein du groupe. Il peut s’agir de comportements, de mode vestimentaire, de nourriture emblématique, de centres d’intérêt communs. Même si ces usages revêtent une importance certaine dans une société donnée, et induisent un attachement de ses membres, ils relèvent plus de la convenance, de l’habitude, de l’inclusion et du confort, que du sacré. Un Français peut apprécier au plus haut point la baguette ou un fromage régional, il pourra s’adapter à d’autres usages, au cours d’un voyage par exemple, sans que son identité personnelle n’en soit menacée.

Il en va autrement pour d’autres facteurs humains, qui sont sacralisés au sein d’un groupe. Leurs caractéristiques sont l’inquestionnabilité, le tabou ressenti quand ils sont mis en cause, l’intériorisation affective qu’ils suscitent, et le statut qui leur est accordé, de fondement essentiel du groupe. C’est ainsi que l’on reconnaît ce que l’on peut nommer les divinités d’un groupe. Une divinité ne peut être attaquée sans que naisse une réaction morale forte, un rejet, de la part de ceux qui l’ont adoptée. Une divinité peut être une personnalité, un slogan, un rituel, une règle de société, une conquête sociale, un droit considéré comme inaliénable, etc.

Quelle que soit la radicalité d’un groupe social pour promouvoir une divinité qu’il a lui-même adoptée, d’autres groupes peuvent nier son caractère divin, y être farouchement opposés, et même avoir pour projet de la détruire. Quand des groupes sociaux sont radicalement opposés sur des positions de ce type, la société perd sa cohésion, et peut sombrer dans l’agitation permanente, voire dans la guerre civile. Le pouvoir en place voit son autorité disputée. Le rituel d’allégeance exigé par l’empereur Decius, tout comme la loi contre le séparatisme de la République française contemporaine, ont précisément pour objet d’imposer à l’ensemble de la société une divinité supérieure, qui serve d’arbitre ultime à toutes les sous-divinités présentes dans la société.

À ceux en charge des sacrifices, de la part d’Aurelius Sakis du village Théoxénis, avec ses enfants Aïon et Hèras, de passage dans le village de Théadelphie. Ayant toujours sacrifié aux dieux, maintenant également, en ta présence et selon les prescriptions [du décret], nous avons sacrifié, versé des libations et goûté les offrandes, et nous vous demandons de le certifier pour nous. Soyez parfaitement heureux.
      [2e main] Nous, Aurelius Serenus et Aurelius Hermas, vous avons vu sacrifier.
      [1re main] La 1re année de l’Imperator Cæsar Gaius Messins Quintus Trajanus Decius Pius Felix Augustus [Dèce], le 23 Paÿni [17 juin 250].
Exemple traduit de texte inscrit sur un libellum de l’époque de l’empereur Decius (source). Autre source.

Pour un pouvoir en exercice, la gageure reste cependant d’imposer sa loi, et de vaincre les résistances cachées, qui ne demanderaient qu’un concours de circonstances favorables pour resurgir aussi fortes qu’auparavant. La méthode employée par l’empereur Decius était redoutable, puisque le rituel d’allégeance conditionnait la détention d’un libellum indispensable dans la vie quotidienne. La loi républicaine n’a pas encore acquis le même degré d’efficacité potentielle, mais il ne fait aucun doute que l’objectif est présent. La technologie moderne pourrait permettre à terme d’atteindre une efficacité supérieure à celle du libellum de l’empereur Decius.

L’analogie du libellum avec un dispositif développé récemment est d’ailleurs frappante. Le passe vaccinal était l’exacte transposition du libellum au contexte contemporain. Quelle était donc la divinité implorée pour le faire entrer en usage ? C’était, non pas la science, mais la Science, avec un S majuscule qui en modifie la nature pour la faire passer au rang divin. La science, dans son acception usuelle, avec un s minuscule, ne peut pas être totalitaire. Elle est par nature ouverte à sa mise en question permanente, au fur et à mesure des travaux de recherche et des avancées conceptuelles. Par contre, la Science érigée à la faveur de la période Covid ne souffrait pas le moindre questionnement.

La Gendarmerie au service de la Science

Il faut revenir ici sur les paroles des jeunes gens de la Caverne, telles qu’elles sont rapportées dans le verset coranique. « Nos concitoyens ont adopté des divinités« , disent-ils en substance, une traduction plus précise étant « Notre peuple a adopté des divinités« , induisant une notion de quasi-unanimité. Les indices apportés par l’histoire chrétienne des Sept Saints sont concordants, puisque le libellum romain mentionne explicitement les dieux :

« Ayant toujours sacrifié aux dieux, maintenant également, en ta présence et selon les prescriptions [du décret], nous avons sacrifié, versé des libations et goûté les offrandes, et nous vous demandons de le certifier pour nous. » (libellum romain)

La science, par les créations technologiques qu’elle a permises, leur extension dans la vie quotidienne des individus, et la notion de progrès, de réussite indéniable, que lui associent généralement les populations contemporaines, était un choix parfait de candidat à la divinisation. Elle est ainsi devenue la Science avec un grand S, érigée telle une statue sur un piédestal, et déterminée à abattre les anciens maîtres, les scientifiques les plus renommés, au profit d’une clique de bouffons de plateaux télévisés.

Une stratégie subtile mais redoutable a néanmoins été élaborée pour tenter de vaincre les résistances résiduelles, et d’emporter une adhésion totale. Cette stratégie était basée sur des travaux d’étude de la psychologie sociale, qui ont permis de définir un seuil d’adhésion collective, au-delà desquels un groupe est si homogène dans la croyance, que la dissidence devient quasi-impossible sans marginalisation, comme l’illustre le diagramme suivant :

Ce seuil est généralement estimé aux alentours de 70%. C’est là l’origine réelle de la théorie de l’immunité collective, qui aurait permis, selon ses promoteurs, de vaincre définitivement le Covid, et qui devait plutôt vaincre les résistances sociales à l’injection. Or il se trouve que le seuil de 70% n’est pas une constante parfaitement déterminable, mais qu’il dépend des facteurs de résistance au sein de la minorité des réfractaires. En particulier, il a été observé que la communication entre les résistants, par le biais d’internet, faisait baisser leur sentiment d’isolement, et les confortait dans leur détermination, malgré leur isolement géographique.

C’est pourquoi le seuil de taux d’injection des produits censés protéger, par immunisation collective, la population de la maladie, a dû être relevé d’une valeur initiale voisine de 65%, à 85% ou plus. Il conviendrait de vérifier les chiffres exacts en fonction de la période considérée, mais la tendance était celle-là. En réalité, la chimère d’une immunité collective dissimulait la nécessité d’atteindre le seuil psychologique qui rendrait impossible toute résistance pratique. À partir de 85% de taux d’injection, les communications par internet des réfractaires n’auraient plus suffi à contrebalancer la pression sociale, alliée à une pression politique et médiatique extrême, qui promettait d’emmerder les non-injectés, et même de les affamer.

Exemples d’estimation des taux d’injection requis pour atteindre l’immunité collective

Cette expérience de marginalisation extrême est exactement celle qu’ont vécue à leur époque les Sept Dormants d’Éphèse, ou Gens de la Caverne, les contraignant à s’isoler du reste de la société. Tant que leur peuple gardait en son sein une frange non négligeable de résistants, leur situation restait tenable. À partir du moment où ce peuple, dans sa quasi-totalité, avait cédé devant la pression du pouvoir et avait accepté le culte impérial, la situation devenait désespérée, selon les critères humains. Seule la foi, et l’intervention divine qu’elle a permise, pouvait encore les sauver. Le texte coranique est clair à cet égard. Les jeunes gens ne cherchent pas à échapper à des poursuites immédiates en se rendant à la Caverne, mais répondent à une injonction divine :

16. Et quand vous vous serez séparés d’eux et de ce qu’ils adorent en dehors de Dieu, réfugiez-vous donc dans la caverne : votre Seigneur répandra de Sa miséricorde sur vous et disposera pour vous un adoucissement à votre sort ».

Les circonstances particulières qu’ont vécues les Sept Saints sont-elles transposables à notre époque, et l’inspiration divine qui les a conduits à se réfugier dans une caverne aurait-elle un sens pour nous, qui vivons au vingt et unième siècle ? Les Sept Saints dont les statuettes sont tournées vers le bateau de l’abandon à Dieu, dans l’oratoire breton, ont-ils un message à nous léguer ? Ce sont les questions finales auxquelles nous allons maintenant apporter des réponses.

Le cœur de la problématique qu’ont affrontée les Sept Saints, et qui se présente à nous, est la question de l’adoption de divinités par le peuple. Nous avons vu que la Science avait été érigée en divinité pendant la période Covid, mais si l’on y réfléchit, les divinités modernes sont légion en Occident, et tendent à devenir universelles, c’est-à-dire reconnues et célébrées par une très grande majorité de la population.

Marianne : une déesse laïque symbolisant la République

Pour ne traiter que le cas de la France, son régime, la République, a été élevé au rang de divinité, avec une devise : « Liberté, Égalité, Fraternité », qui fonctionne comme une trinité laïque, gravée sur les bâtiments publics, invoquée dans les discours, enseignée dès l’école, et célébrée dans les rituels civiques. Ses trois valeurs sont présentées comme transcendantes, universelles, indiscutables, et leur mise en cause suffirait à exclure quiconque du débat public. Elles sont pourtant vagues, et contradictoires entre elles. Par exemple, l’égalité ne peut exister sans contrainte, et s’oppose alors à la liberté.

La genèse historique du régime républicain a elle aussi été sacralisée, ainsi que le mouvement d’idées qui l’a précédée. Les divinités ainsi créées se nomment Révolution et Lumières. Notre Dame de Paris a même été brièvement transformée en Temple de la Raison, avec une célébration de la déesse de la Raison, incarnant une conception de la vérité basée sur la science et la philosophie, destinée à remplacer le Christ, et avec lui une conception de la vérité basée sur la transcendance.

La déesse Raison

Comme on le voit, la divinisation de la science a ses racines dans la naissance même du régime républicain qui a succédé à la monarchie de droit divin. La Science continue à jouer le rôle d’une divinité de premier plan dans la société contemporaine. En plus de la gestion du Covid, déjà citée, elle est invoquée pour la mise en place de la transition énergétique, et de moultes évolutions des modes de production, de transport, de logement, etc. C’est la Science qui fonde le dogme du changement climatique lié aux activités humaines, et menaçant prétendument la survie même de l’humanité. Des augmentations minimes du taux de CO2 dans l’atmosphère, autour de sa valeur de 0,04%, sont réputées conduire à une évolution catastrophique des conditions de vie sur la planète.

Dans le domaine sociétal, c’est une kyrielle de divinités qui ont été érigées par le régime républicain, sacralisant la laïcité, la démocratie, l’égalité homme-femme, le droit à l’avortement, les droits des LGBT, l’antiracisme, le vivre-ensemble, la théorie du genre, le droit à mourir, etc. L’histoire de la France et du monde a aussi fourni son lot de divinités. Les lois mémorielles en sont un exemple. Elles n’ont jamais prétendu se fonder sur la vérité, mais sur une position normative, correspondant à l’opinion du législateur. Elles ne jugent pas de la réalité factuelle, mais affirment que certains évènements sont reconnus comme des faits historiques indiscutables, et que leur contestation est une infraction à la norme, passible de sanctions. Elles créent donc des vérités subjectives et sacralisées, qualifiables de divinités.

L’homme a aussi adopté des divinités dans le contexte des religions monothéistes, à rebours du dogme, avec la vénération accordée par des fidèles à certains prêtres, tels que le curé d’Ars ou Padre Pio. Même le culte rendu à Marie s’apparente parfois à celui d’une divinité, bien que la doctrine de l’Église l’interdise. Les divinités « laïques » que nous avons citées sont cependant celles que la société contemporaine a le plus profondément adoptées. On remarque qu’elles n’ont acquis ce statut que progressivement, après de fortes résistances initiales, et que les réfractaires ont alors été marginalisés ou stigmatisés. Les méthodes utilisées dans ce processus se sont révélées d’une efficacité redoutable.

Jean-Marie Vianney, curé d’Ars

Ces méthodes relèvent de la propagande douce, répétitive, et prolongée, assurée par les médias et le système éducatif. Elles peuvent prendre la forme de publicités, d’informations partielles valorisant certaines opinions et excluant la contradiction, de discours d’influenceurs, de contenus scolaires délibérément orientés, de célébrations, de voyages scolaires, etc. Elles sont complétées par un système de récompense et de sanctions, le plus souvent symboliques. Elles s’appuient sur l’émotion, la recherche de conformisme social, l’attrait pour les rituels sociaux partagés. Les changements induits dans la population sont profonds, intériorisés, et le plus souvent inconscients. Ces méthodes s’opposent à celles, plus brutales, de contrainte ou de coercition, qui produisent des résistances franches, ou basées sur la dissimulation, et dont les effets sont certes immédiats, mais superficiels et fragiles.

Les caractéristiques de notre époque apparaissent particulièrement propices à l’édification de divinités multiples, en raison de l’omniprésence des moyens de communication dans la vie quotidienne de la population, et de la mise en place, du moins en France, d’un système éducatif obligatoire dès le plus jeune âge, servi par un corps enseignant acquis aux idées dites progressistes, et soucieux de leur propagation. Par comparaison, l’empereur Decius disposait de moyens plus rudimentaires. Le libellum imposait une adhésion formelle au panthéon officiel, mais ne formatait pas les esprits en profondeur. Il n’est donc guère surprenant que le culte des dieux romains n’ait pas perduré indéfiniment, et que les Sept Saints se soient réveillés dans un monde où le monothéisme l’avait finalement remplacé.

Le Panthéon – Paris : d’une église dédiée à Sainte Geneviève, patronne de la Gendarmerie, à un temple laïc voué au culte des Saints de la République

Malgré l’efficacité des moyens de propagande moderne, la forme de la courbe d’adhésion d’une population aux divinités qui lui sont proposées, et l’effet de seuil qu’elle révèle, nécessitent de réduire le taux de résistance à un pourcentage très minoritaire, si l’on souhaite que ces divinités acquièrent un statut quasi-universel. Or les réfractaires, les résistants, bénéficient à la marge des moyens modernes de communication, et ont réussi à éviter une totale marginalisation. Cela impose au pouvoir, pour les neutraliser, d’utiliser des méthodes plus radicales, allant des poursuites judiciaires à l’élimination physique pure et simple des piliers de la résistance. La méthode judiciaire est servie par la promulgation de lois limitant drastiquement la liberté d’expression, sous prétexte de lutte contre la haine, contre les discriminations, contre le négationnisme, etc. Elle a été complétée par des dispositions diverses de contrôle des réseaux sociaux, et de censure.

Le cœur de toute résistance réside néanmoins dans la détermination humaine, et sa capacité à sans cesse ouvrir de nouvelles voies d’action. Or les capacités phénoménales de l’Intelligence Artificielle, et leur expansion vertigineuse, permettent aujourd’hui le repérage, dans le monde numérique, des résistants les plus efficaces, quantitativement et qualitativement. Les enjeux de leur neutralisation sont si importants, la tâche d’élimination physique si accessible à des services spécialisés, et l’imposition d’un récit officiel simpliste, si aisée dans un univers médiatique sous contrôle, que cette méthode est aujourd’hui nécessairement employée pour maintenir le taux de résistance sous un seuil défini. Sans exclure le caractère naturel de certains décès suspects, il est hautement probable que d’autres soient la conséquence d’un ciblage élaboré, où les humains en charge du pouvoir n’ont eu qu’un rôle éventuel de validation finale.

Le général Delawarde : une mort suspecte qui pourrait faciliter l’entrée en guerre de la France en Ukraine

L’un des décès suspects récents est celui du général Delawarde, dont l’audience auprès des militaires aurait pu influer sur une éventuelle entrée en guerre de la France contre la Russie. Cette guerre est fondamentalement une guerre où les deux camps, celui de la France et de l’Occident collectif d’une part, et celui de la Russie d’autre part, mobilisent des valeurs suprêmes, perçues comme non négociables, quasi-sacrées, qui forment des divinités séculières côté occidental, et découlent de la religion chrétienne orthodoxe du côté de la Russie. Les propos publics des chefs d’état français et russe le mettent parfaitement en évidence. Le 24 février 2023, Emmanuel Macron déclarait :

« Cette guerre est une blessure profonde. C’est une attaque contre nos valeurs les plus fondamentales. »

Quant à Vladimir Poutine, il présente le conflit comme une défense de la civilisation russe face à un Occident décadent et moralement corrompu. Dans son discours du 21 février 2022, il parle de :

« Défendre les valeurs spirituelles et morales traditionnelles russes »
Il accuse l’Occident de vouloir imposer :
« une culture de l’annulation, la négation de la famille, des traditions et de Dieu. »

À ce stade, il est pertinent de décrire les attitudes des êtres humains, au plan individuel et collectif, face à la mise en cause, même symbolique, de leurs valeurs sacrées. Une valeur sacrée est un absolu intérieur, qui fonde le sens de l’existence pour celui qui s’en réclame, et structure son identité profonde. L’être humain est prêt à se sacrifier pour ses valeurs sacrées, à tuer pour elles, et à les imposer à autrui par la loi, la persuasion ou la force. La Terreur (1793- 1794) a été l’illustration par excellence de l’utilisation de la force dans un tel objectif. Robespierre, dans son discours du 5 février 1794, déclarait :

« Il faut étouffer les ennemis intérieurs et extérieurs de la république, ou périr avec elle ; or, dans cette situation, la première maxime de votre politique doit être que l’on conduit le peuple par la raison, et les ennemis du peuple par la terreur…. La terreur n’est autre chose que la justice prompte, sévère, inflexible ; elle est donc une émanation de la vertu...

La protection sociale n’est due qu’aux citoyens paisibles ; il n’y a de citoyens dans la république que les républicains. Les royalistes, les conspirateurs, ne sont pour elle que des étrangers, ou plutôt des ennemis.»

La situation est la même aujourd’hui qu’au temps de Robespierre, ou de celui de l’empereur Decius. Elle est bien décrite dans un verset de la sourate de la Caverne, où les jeunes gens craignent, après leur réveil, d’être repris par leurs concitoyens :

20 … Si jamais ils vous attrapent, ils vous lapideront ou vous feront retourner à leur religion (milla), et vous ne réussirez alors plus jamais.

Le mot « milla« , traduit ici par religion, faute de terme français plus approprié, ne se rapporte pas à une relation verticale avec Dieu (« dine » en arabe), mais à une voie issue d’une tradition, à connotation historico-culturelle, identitaire, englobant des pratiques communautaires et des croyances. Rapporté à la période de l’empereur Decius, il désignerait le culte impérial païen romain, ou la religion gréco-romaine polythéiste dominante de l’époque. Dans la France contemporaine, cette « milla » s’appliquerait, non pas à la religion chrétienne dans laquelle les Français se reconnaissent historiquement, mais bien à l’ensemble des valeurs et pratiques sacralisées par la population française, en particulier les valeurs, ou divinités, promues par la République.

Un exemple édifiant d’adhésion, voire d’allégeance, de la Gendarmerie nationale à la « religion » républicaine, à sa « milla« , a été la participation enthousiaste de la Garde républicaine au spectacle de Aya Nakamura, à l’occasion des Jeux Olympiques de Paris. En comparaison, le serment imposé par la loi contre le séparatisme apparaît ringard.

L’évocation des Sept Saints, qui contemplent silencieusement le bateau de l’Abandon à Dieu, dans la crypte antique perdue au milieu de la campagne bretonne, en compagnie de la Vierge Marie, nous mène à une dernière interrogation :

Pour quoi vivons-nous, pour quoi mourons-nous ? Pour des valeurs sacrées véridiques, ou pour des divinités forgées par d’autres hommes ?

Nous avons vu qu’une propagande douce et prolongée peut nous amener à adopter des divinités, des valeurs que nous considérons comme inquestionnables, comme sacrées, pour lesquelles nous sommes prêts à nous sacrifier et à tuer, mais qui sont l’expression la plus aboutie d’une manipulation orchestrée par des humains, par des humains qui ne nous veulent pas du bien, et qui poursuivent leurs propres intérêts. Nous avons aussi vu que des divinités multiples se sont imposées dans la société française.

Comme les Sept Saints d’Éphèse de la tradition chrétienne, comme les Gens de la Caverne du Coran, nous sommes confrontés en permanence à ces divinités, à ces valeurs considérées comme sacrées par nos concitoyens, qui ne sont pourtant que des mensonges répétés. Les accepter, c’est choisir le confort social, les refuser, c’est s’exposer à l’hostilité de nos proches, des autres en général, et des autorités. À la pression sociale va d’ailleurs s’ajouter progressivement la contrainte technologique, permise par les outils modernes. Le refus, le choix de la résistance contre la soumission passive, de la vérité contre l’illusion, sera un combat permanent pour la survie, sous les quolibets des gens dits « normaux », collaborateurs zélés d’une tyrannie masquée.

Le danger majeur ne vient pas des autorités, mais de nos propres concitoyens, qui réclameront des mesures autoritaires contre les réfractaires, contre ceux qui ne partagent pas leurs pseudo-valeurs sacrées. On se souvient d’Emmanuel Lechypre, chroniqueur sur BFM Business, suggérant que les « non-vaccinés soient enfermés chez eux et affamés« . Chaque refus d’allégeance à une nouvelle divinité adoptée par nos concitoyens sera le prétexte à une rétorsion de plus en plus sévère, transformant les insoumis en « parias de la société« .

Il sera infiniment plus tentant dimiter les autres, de danser sous l’Arc de Triomphe avec la Garde républicaine, de sacrifier aux dieux comme le faisaient les citoyens sous l’empereur Decius, que de persister dans le défi.

Le secret des Sept Saints, la clé de leur force intérieure, est bien sûr la foi, la fidélité à Jésus selon le récit chrétien, la croyance en leur Seigneur, et une volonté farouche de cohérence intime. Pour ouvrir un chemin à ceux qui ne se reconnaissent pas dans le formalisme religieux, il convient de le formuler de façon encore plus large. On le voit, les Sept Saints n’étaient en rien des précurseurs des survivalistes modernes, adeptes des Bases Autonomes Durables. et y consacrant une longue et minutieuse préparation. La caverne où ils se réfugient est d’abord le symbole d’une séparation profonde, d’une sécession, comme le disait Éric Verhaeghe. Quand la société fait collectivement le choix d’adopter des valeurs sacrées mensongères, il est inutile d’espérer d’elle une quelconque rédemption. Le séparatisme s’impose, et ce n’est certes pas un hasard qu’il ait fait l’objet d’une loi visant à en dissuader les citoyens.

L’essentiel n’est pourtant pas la séparation en elle-même, mais sa motivation. Ce passage de la sourate de la Caverne est révélateur :

« … Ô notre Seigneur, donne-nous de Ta part une miséricorde ; et assure nous la droiture dans tout ce qui nous concerne. »

Le secret ultime est là. C’est la recherche, envers et contre tous, de la droiture absolue. Une telle recherche mobilise l’ensemble des capacités de l’être humain, sa capacité d’observation, extérieure et intérieure, sa capacité d’évaluation, sa capacité de jugement. La droiture ne peut se satisfaire des avis extérieurs, aussi experts qu’ils puissent paraître. Elle doit faire appel à ce qu’il y a de plus intime chez l’homme, sa conscience. Le croyant tente d’éclairer sa conscience par la lumière divine, mais chaque homme porte en lui, de par sa nature même et dès sa naissance, une source de lumière qu’il lui appartient de raviver. Il n’est de toute façon pas de chemin vers Dieu qui ne passe par la quête de la droiture.

Au sens inclusif du mot homme, un homme droit, insensible à la corruption, à la séduction, à l’attrait pour les possessions terrestres, prêt à affronter des difficultés qui éprouvent sa sincérité, ne craint rien des fausses divinités, ni de leurs adorateurs. D’une façon ou d’une autre, il finira par rejoindre le bateau devant lequel l’attendent symboliquement, depuis des siècles, les Sept Saints et la Vierge Marie, dans l’oratoire breton des Côtes d’Armor. Il embarquera, et naviguera sans s’échouer sur les récifs de la vie, jusqu’à la destination finale de paix et de lumière à laquelle nous aspirons tous.

Rendez-vous au pardon des Sept Saints, samedi 26 et dimanche 27 juillet.

Programme : https://www.septdormants-levieuxmarche.fr/IMG/pdf/20250703pardon7sts2025a_diffusercorrige_.pdf

Aux gendarmes qui ont mis la droiture au cœur de leur idéal,

Ultrak, le 17 juillet 2025.

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