Message de l’Abbé Salenave.

La dernière phrase est le noeud du problème !

Interview En Mayenne : l’Abbé Salenave, curé en rupture avec l’Eglise, explique sa vision très rigoureuse de la foi

Matthieu Salenave est prêtre, en rupture avec l’Église catholique installé en Mayenne avec sa communauté. Début mars 2022, il s’expliquait sur sa vision très rigoureuse de la foi.

L’abbé Mathieu Salenave a fait l’objet d’une mise en garde du diocèse de Laval (Mayenne) après son installation à Saint-Aignan-sur-Roë (Mayenne). Début mars 2022, cet abbé s’est expliqué sur sa vision particulièrement rigoureuse de la foi et de sa pratique. (©Haut Anjou)

Par Thomas Gourlin Publié le 25 Mar 22 à 14:26 

Mathieu Salenave est un prêtre non reconnu par l’Eglise catholique. Installé en Mayenne, dans la petite commune de Saint-Aignan-sur-Roë, il a fait l’objet d’une mise en garde du diocèse de Laval (Mayenne). Il a répondu à nos questions et explique sa vision particulièrement rigoureuse de la foi et de sa pratique.

Actu : Pourquoi êtes-vous en rupture avec l’Église catholique ?

Mathieu Salenave : En rupture avec l’Église, pour moi, le terme est un peu exagéré. Eux l’utilisent comme ça. Effectivement, je suis en rupture avec les autorités actuelles : avec l’évêque de Laval, avec le Pape sous certains rapports mais pas sur tout. On reconnaît son autorité. On considère que le Pape fait des choses sur lesquelles on n’est pas d’accord. On lui dit. On n’attaque pas la personne, ni la fonction. On considère que le concile Vatican II est une rupture liturgique. Nous sommes contre la messe en langue vernaculaire, donc en français en France.
Autrefois, la langue liturgique de la messe, c’était le latin. Autrefois, vous alliez au Canada ou ailleurs, la messe était en latin. Vous aviez toujours la même messe. C’est pour ça que l’on dit que c’est la messe de toujours. Il y a eu cette rupture avec la liturgie, mais ce n’est pas que la messe. Vatican II, c’est un pack. Il y a aussi une rupture sur les rapports de l’Église et de l’État. Elle entérine la loi de 1905. Le principe de base, c’est que la parole de Dieu est immuable.

Donc vous n’êtes pas d’accord avec la séparation entre le spirituel et le temporel ?

MS : Non. Nous, on est pour dire que chacun est dans son domaine, mais qu’il y a une subordination. L’Église est un peu l’âme de la société qui doit influencer le corps qui est le temporel.

Si je résume, pour vous, la loi de l’Église doit être supérieure à la loi de la République ?

MS : Oui, évidemment. Par exemple, si on interdit à un catholique d’aller à la messe, un catholique n’a pas à obéir à cette loi.

En vous installant dans le village, vous avez dû vous rendre compte que votre présence intriguait.

MS : Oui. Nous sommes installés depuis trois ans. Ça intrigue d’autant plus que maintenant il y a les Carmélites.
Mais jamais je ne dirais je suis le curé de Saint-Aignan. Je suis prêtre, je ne suis pas le curé du village.
Je me suis installé en Mayenne, d’abord parce que c’était pratique. Je suis venu quand la Fraternité Saint Pie X s’est rapprochée du Vatican. La Fraternité allait faire trop de concessions avec Rome.

Vous avez monté une communauté à Saint-Aignan-sur-Roë ?

MS : Oui c’est une petite communauté nommée Le Prieuré Notre-Dame de Pontmain. Nous avons quelques fidèles à la messe en semaine, et une petite quarantaine le dimanche. Mais je ne suis pas là tout le temps. Je roule beaucoup. Je me déplace beaucoup parce qu’il y a d’autres groupes qui se sont constitués et je ne veux pas les abandonner. Il y en a à Brest, en Normandie. Je vais jusqu’en Belgique.

Comment vivez-vous ?

MS : Matériellement ? Ce sont des fidèles qui me soutiennent. C’est la communauté qui a acheté la maison. En fait, c’est un bien associatif. C’est le soutien des fidèles, absolument.

Et les sœurs carmélites, elles interagissent avec vous. Est-ce qu’elles font partie de votre communauté ?

MS : Ce sont des Carmélites. Moi, je leur dis la messe. Elles ont leur rythme propre et je les soutiens comme un aumônier. Elles avaient un évêque qui les a beaucoup soutenues au Brésil et qui a été démissionné par François parce qu’il était plutôt favorable à la tradition. C’était une grosse communauté. Certaines sont restées au Brésil, d’autres sont venues en France.

Source : Actu.fr

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