Marlène Schiappa au cœur du scandale Epstein, les médias se taisent
Marlène Schiappa se retrouve au cœur du scandale Epstein. Elle est citée directement dans les dossiers comme ayant entravé les enquêtes françaises lancées en 2019 suite aux révélations et à la mort d’Epstein, étant à l’époque secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Alors qu’elle ose enchaîner les plateaux télé sur […]

Marlène Schiappa se retrouve au cœur du scandale Epstein. Elle est citée directement dans les dossiers comme ayant entravé les enquêtes françaises lancées en 2019 suite aux révélations et à la mort d’Epstein, étant à l’époque secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes. Alors qu’elle ose enchaîner les plateaux télé sur l’affaire, l’Insoumission revient en détail sur les éléments factuels qui lui sont reprochés, dans un silence médiatique surprenant.
Au lieu de parler de ce sujet, et d’investiguer, BFMTV a choisi une toute autre ligne éditoriale ce matin : diffuser des photos des victimes d’Epstein, partiellement ou totalement dénudées, en préférant la quête de l’audience des pervers plutôt que la recherche de la vérité et des faits. Notre article.
Marlène Schiappa et l’Affaire Epstein : déni ou protection ?
Tout est révélé par une lettre de plainte datée du 12 novembre 2019, envoyée depuis Morlaix en France par une femme française – se présentant comme victime du réseau d’Epstein – dont l’identité est entièrement caviardée, adressée officiellement au ministère de la Justice des États-Unis, dans le cadre de l’affaire Epstein-Maxwell-Brunel.
Pour résumer, la rédactrice de la lettre avait déjà déposé des plaintes en France auprès du parquet de Paris en septembre 2019, mais elle souligne que la police et la justice françaises ont tout fait pour étouffer l’affaire. Elle contacte donc directement les autorités américaines pour signaler qu’elle est une victime du réseau Epstein, espérant que son témoignage soit intégré à la procédure judiciaire américaine. Elle demande ainsi des actes d’enquête précis aux autorités américaines et alerte sur les obstacles judiciaires et pressions politiques exercées en France.
Et dans cette lettre, la plaignante critique directement et vivement l’action de Marlène Schiappa pour plusieurs raisons. Voici les citations exactes du document :
« Je n’ai jamais reçu aucune aide, ou très peu. La France n’a pas choisi de lever la prescription pour les crimes commis sur son sol et, comme Mme SCHIAPPA l’écrit dans sa lettre officielle du 16 octobre 2019, elle estime que M. EPSTEIN n’a pas violé d’enfant en France, mais uniquement aux États-Unis, et nie la réalité des enfants vendus par leurs familles en France.
Son approche entrave l’enquête et risque d’empêcher d’autres plaintes d’aboutir, Mme SCHIAPPA préjuge de l’objet de cette affaire et multiplie les difficultés. Dans ses fonctions, elle a un devoir de probité et de non-concussion.
L’enquête française vient de débuter et n’a pas encore rendu son verdict ! Les pressions politiques n’ont pas leur place dans le dossier EPSTEIN et ses complicités et peuvent interférer avec l’examen de notre plainte, dont l’issue actuelle et future reste encore inconnue. »
Elle rapporte également que la Police Judiciaire française lui a indiqué que sa plainte serait prescrite et qu’ils ne comptaient pas interroger sa famille paternelle. Elle conteste fermement cela en invoquant la loi de 2018 qui étend la prescription à 30 ans après la majorité pour les crimes sexuels sur mineurs.
Elle affirme avoir demandé une protection policière sans obtenir de réponse et déplore l’absence de prise en charge psychologique d’urgence. Elle mentionne que dans certains services (comme la gendarmerie de Rambervillers), ses appels à l’aide ont été accueillis par des rires ou des tentatives de la faire interner en psychiatrie pour la faire taire. Elle affirme que « la France savait » et « s’est tue » jusqu’à présent. Elle demande aux autorités américaines d’agir enfin avec « dignité et honnêteté ». Elle va même jusqu’à se demander si la France est devenue une « terre d’exil pour le crime mondial contre les enfants », citant notamment le refus d’extrader Roman Polanski comme un signe de cette complaisance.
Source : https://www.justice.gov/epstein/files/DataSet%209/EFTA00079513.pdf
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Il faut retourner quelques mois plus tôt pour tout comprendre. Pour rappel : le 12 août 2019, après la mort de Jeffrey Epstein, Marlène Schiappa et Adrien Taquet (alors secrétaire d’État à la Protection de l’enfance) avaient publié un communiqué de presse commun affirmant que l’enquête américaine mettait en lumière des « liens avec la France » et qu’il était « fondamental […] qu’une enquête soit ouverte en France ».
Source : https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/190812_-_communique_de_presse_commun_avec_marle_ne_schiappa_-_affaire_epstein.pdf
Mais dès le lendemain, le 13 août 2019, Nicole Belloubet (alors ministre de la Justice) a publiquement rappelé à l’ordre ses deux collègues via une déclaration à l’AFP.
Et c’est donc suite à ce rappel à l’ordre de Nicole Belloubet que, 2 mois plus tard, madame Schiappa adresse la « lettre officielle du 16 octobre 2019 » adressée à la plaignante où elle estime que M. Epstein n’a pas violé d’enfant en France, mais uniquement aux États-Unis.
Ainsi, à la lumière de l’ensemble de ces faits, de nombreuses questions se posent :
Comment le Gouvernement explique-t-il qu’une citoyenne française, se déclarant victime d’un réseau pédocriminel international, se soit vue contrainte d’écrire au ministre de la Justice des États-Unis (William Barr) pour être entendue, faute de considération par les autorités de son propre pays ?
Est-ce que le courrier officiel du 16 octobre 2019 existe réellement et sur quelle base d’enquête la Secrétaire d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes s’est-elle appuyée pour affirmer que M. Epstein n’avait pas commis de crimes sur le sol français, alors même qu’une enquête venait d’être ouverte par le parquet de Paris en août 2019 ?
Est-ce qu’il y a eu des pressions politiques sur madame Schiappa en plus de celle de madame Belloubet qui l’ont amenée à rédiger et envoyer ce courrier, reniant ainsi les propos de son communiqué du 12 août 2019 ? Pour faire toute la lumière sur cette affaire, La France insoumise a proposé une commission d’enquête transpartisane sur le sujet, toujours sans réponse des autres groupes politiques pour le moment. Pour rappel, pour que cette commission puisse exister, des cosignatures de tous les groupes sont nécessaires, donc n’hésitez pas à interpeller le député de votre circonscription. Verra-t-elle le jour ?
Affaire à suivre.
Source : L’insoumission
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