Maltraitance à Saint-Nazaire : la fillette n’avait pas vu le jour depuis deux ans

Une petite fille de six ans vivait dans des conditions d’hygiène déplorables à Saint-Nazaire, quasiment abandonnée par ses parents. Ils ont été condamnés.

Police-4-630x01C’est la police qui avait découvert le sinistre terrible de la petite fille (©Police nationale)

Elle, 36 ans, sous tutelle, travaille à temps partiel dans un centre d’aide par le travail.

Lui, 43 ans, a un salaire confortable à l’agglomération de Saint-Nazaire.

Si leur première fille, aujourd’hui âgée de 12 ans a pu vivre à peu près normalement du fait de son accueil en institut éducatif, il n’en est pas de même pour sa petite sœur de six ans, cachée plus de deux ans dans leur domicile de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Depuis le mardi 4 décembre, sur décision du tribunal correctionnel, le couple est déchu de ses droits parentaux.

L’aide sociale à l’enfance venant de déclencher une procédure, les policiers sont intervenus au domicile, début 2017.

Une « déchetterie »

Ils ont découvert « une déchetterie » dans laquelle vivaient la famille et notamment une fillette prostrée sur le canapé.

Elle n’avait pas vu le jour depuis deux ans, seuls les volets de la cuisine étant ouverts.

Elle avait pris 1,7 kg depuis sa dernière visite médicale 21 mois plus tôt.

À l’audience, la présidente, Marine Jan a fait la description des lieux :

Il y avait aussi cinq chats, un chien. Le linge était empilé, les draps noirs de crasse, l’odeur insoutenable

Pas de toilettes, pas de chaussures

Et pour cause, les toilettes étant bouchées, la famille déféquait dans des sacs plastiques posés sur les fenêtres…

À la première question : « Pourquoi ne pas avoir fait réparer vos WC ? » le père a répondu : « Ça coûte cher, j’avais des crédits ».

« Je ne la voulais pas »

Et à la deuxième :

Pourquoi avoir fait de la différence entre vos deux filles ?  La deuxième, je ne la voulais pas

Quant à la maman, déficiente mentale légère, elle a avoué :

Je n’étais pas capable de m’en occuper, je lui demandais de l’aide, il ne voulait pas, alors j’ai lâché…

Lâché, cela signifie alimenter sa fille (pas tous les jours) de barquettes, de conserves.

« L’enfant n’a droit à rien »

Cela signifie ne jamais lui faire sa toilette car « elle avait peur de l’eau », ne pas lui acheter de chaussures car elle ne sortait pas…

À l’hôpital, où elle a été sauvée de justesse, l’enfant a été découverte pleine de poux.

Il a fallu la sonder plusieurs semaines pour la réalimenter, la réhydrater, et la transfuser.

C’est petit à petit que les parents se sont installés dans cette fange, ayant ensuite « honte et peur que les voisins entendent ».

Et la procureure, Joëlle Bohnert, s’en est fait l’écho :

Une vie ordinaire où l’on ne prend pas l’enfant en considération, le couple a des revenus ce n’est pas la misère mais l’enfant n’a droit à rien

« L’alcool dans lequel ils sont tombés à tour de rôle »

Elle se remémore :

 l’affaire des reclus de Saint-Nazaire qui a défrayé la chronique il y a quelques années, sauf que cette fois il n’y a pas de volonté de séquestrer

Avocate de la maman, Me Cosme a demandé au tribunal de la déclarer irresponsable.

Sa consœur, Me Conta mentionnant un facteur non dénoncé jusque-là « l’alcool dans lequel ils sont tombés à tour de rôle ».

Depuis près de deux ans, les parents ont vu leur aînée de temps à autre, mais jamais leur seconde fille.

Le tribunal a condamné le père à 18 mois de prison avec sursis, et la mère à huit. La procureure en avait requis dix-huit et trois.

Source : Actu.fr

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