Maintien de l’ordre : le lourd bilan des lanceurs de balle de défense

719bee547e6f8351b2ab927714f450c3-540x270A Paris, lors d’un défilé de « gilets jaunes », le 12 janvier.

Chaque samedi s’accompagne de son lot de blessés depuis les débuts du mouvement des « gilets jaunes ». Une tendance lourde : les policiers avaient déjà utilisé 2 495 fois ces armes en 2017, soit une hausse de 46 % par rapport à 2016.

« Maintenant, je manifeste de mon canapé. » Voilà déjà plus d’une demi-heure que David parle au téléphone, en ce début janvier. Le jeune homme n’élude rien de ses dernières semaines. Il raconte les nuits agitées, entrecoupées de « flashs ». Les « dix kilos perdus », après « deux semaines d’alimentation à la paille ». L’interdiction de boire et de fumer de l’alcool. L’impossibilité de se moucher pendant deux mois – « ça pourrait faire exploser mon palais ». Ses idées noires, aussi, comme lorsqu’il a pensé se jeter avec sa moto contre un camion.

Depuis, David a repris le sport, et quelques kilos. Pas encore son travail de tailleur de pierres. Il parle désormais avec moins de difficulté, malgré ses quatre dents perdues et son bout de gencive manquant. Il jongle avec les termes chirurgicaux devenus familiers : « fracture maxillaire droite comminutive », « fracture alvéolaire avec perte de substance osseuse ». Puis il résume, d’une phrase : « C’est un changement de vie total. »

Samedi 1er décembre 2018 à Paris, lors de l’acte III de la mobilisation des « gilets jaunes », David a reçu un tir de lanceur de balle de défense (LBD) en pleine tête, rue Paul-Valéry, à quelques mètres de l’Arc de triomphe. Il était venu des Yvelines, montrer une manifestation à sa compagne – « j’avais gardé un très bon souvenir des manifs contre le CPE [contrat première embauche, en 2006] ».

Avec ses revenus souvent inférieurs à 2 000 euros par mois, cet intérimaire de 31 ans se sent proche des rev…

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Source : Boursorama

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