Lorsque le souverain pontife, l’unique monarque spirituel existant au monde, vote aux élections américaines

Prof. Martino Mora :

Lorsque le souverain pontife, l’unique monarque spirituel existant au monde, vote aux élections américaines de mi-mandat comme n’importe quel électeur ordinaire, et de surcroît le fait savoir à tous, la dignité suprême de son rôle est avilie et jetée dans la poussière.
Il fallait un yankee sur le siège de Pierre pour aller encore plus loin, dans la désacralisation de son rôle, au Bergoglio invité du soir chez Fabio Fazio.
Le chef d’une hiérarchie spirituelle, celui qui devrait détenir l’auctoritas, se soumet au culte du nombre et à la superstition égalitaire et profane de l’un vaut un.
Plus généralement, depuis soixante ans, l’Église et la Papauté se sont soumises aux vainqueurs de deux guerres mondiales et enfin de la Guerre froide.
Elles en ont adopté l’esprit bourgeois, séculier, profane, individualiste, matérialiste.
Le principe de l’individu atomisé souverain et le principe démocratique-quantitatif de la masse et du nombre sont parmi ses nouveaux dogmes.
Cette nouvelle « alliance » avec la démocratie libérale ne doit cependant pas tromper.
Il ne s’agit pas d’une alliance comparable à celle du passé entre le trône et l’autel. Celle-là était une alliance d’égal à égal, en ce sens que l’Église reconnaissait le pouvoir politique et le légitimait, parce qu’il reconnaissait à son tour la vraie Religion et s’engageait à la défendre.
La nouvelle alliance entre l’Église conciliaire et les démo-ploutocraties libérales est totalement inégale. En ce sens qu’aucune d’elles ne s’engage à promouvoir la religion catholique et encore moins à la reconnaître comme unique vraie.
Cela serait contraire au principe subversif et révolutionnaire de la neutralité libérale de l’État, condamné par de nombreux Pontifes mais ensuite légitimé en 1965 par le Concile Vatican II lui-même.
Comme le montrent les concordats signés par Montini et Wojtyła, y compris celui italien de 1984, l’Église a fait acte de soumission à l’État laïc sans demander en échange aucune reconnaissance publique de la Vérité, mais seulement quelques avantages économiques. C’est ainsi que font les subalternes.
Il ne s’agit donc pas d’une alliance, mais d’un acte de soumission. À la démocratie libérale, à l’humanitarisme abstrait des droits de l’Homme, à l’œcuménisme paramaçonique et, en sous-main, aussi au capitalisme.
Comme le montrent la décision de la Conférence épiscopale italienne de l’époque ratzingerienne de soutenir avec conviction le gouvernement du banquier Mario Monti ; et celle de la CEI de l’époque bergoglienne de soutenir avec une conviction égale celui liberticide du banquier Mario Draghi.
L’Église conciliaire baise la pantoufle aussi à la finance globale. C’est-à-dire à Mammon.
Évidemment, le pape yankee, bon citoyen démocratique de la cosmopolis égalitaire, ne pouvait que représenter l’apogée absolu de ce processus de désacralisation de la Papauté et de soumission moderniste au régime et à l’idéologie dominants.
Ils l’ont choisi pour cela.

Laisser un commentaire