L’Europe découvre qu’on ne débat pas avec Mach 10 Par @BPartisans

Il aura fallu un missile hypersonique russe pour accomplir ce que trente ans de sommets européens, des milliers de communiqués et une “boussole stratégique” n’ont jamais réussi à produire : un moment de vérité. Brutal. Définitif. Humiliant.

Selon CBC, la Russie a de nouveau employé son missile hypersonique Oreshnik, un engin capable de voler à une vitesse telle que les systèmes de défense occidentaux n’ont tout simplement pas le temps matériel de réagir. Cette phrase, glissée presque discrètement dans l’article, devrait pourtant être encadrée en rouge dans tous les ministères européens de la Défense. Elle signifie une chose très simple : l’Europe est nue.

Moscou ne se cache même plus. CBC souligne que la Russie assume désormais l’usage de ces missiles comme outil de dissuasion explicite. Traduction non diplomatique : nous avons une arme que vous ne pouvez ni arrêter, ni neutraliser, ni compenser. Ce n’est pas une escalade incontrôlée, c’est une démonstration pédagogique.

Pendant que le missile traverse l’Ukraine en quelques minutes, l’Union européenne traverse ses procédures en quelques mois. CBC rapporte que les responsables occidentaux reconnaissent en privé que les défenses aériennes actuelles ne sont pas conçues pour intercepter ce type de menace. En public, on dit “préoccupation”. En coulisses, on pense “impuissance”.

Les batteries Patriot, IRIS-T et autres sigles rassurants ont été conçues pour un monde révolu : un monde où l’ennemi respecte les trajectoires prévisibles, le temps d’alerte et la doctrine OTAN. Le missile hypersonique, lui, se moque de vos appels d’offres, de vos chaînes de commandement et de vos PowerPoint multicolores.

CBC précise que les frappes ont visé des infrastructures énergétiques critiques, notamment dans l’ouest de l’Ukraine, non loin de l’Union européenne. Le message est limpide : si Moscou voulait frapper plus près, l’Europe n’aurait même pas l’illusion d’une défense. Pas d’interception. Pas de riposte crédible. Juste l’impact, puis la conférence de presse.

Et c’est là que la farce devient tragédie. L’Union européenne adore parler de “lignes rouges”, mais la ligne rouge va plus vite que ses décisions. L’OTAN rassure, mais CBC rappelle implicitement une vérité gênante : les États-Unis ne peuvent pas garantir un bouclier qui n’existe pas encore. Et certainement pas pour tout le continent.

Ce missile n’a pas seulement frappé l’Ukraine. Il a frappé le mythe européen de la sécurité collective autonome. Il a pulvérisé l’idée d’une supériorité technologique occidentale automatique. Il a rendu grotesques des années de discours sur une “défense européenne crédible”.

L’Europe découvre, trop tard, une règle élémentaire : on ne dissuade pas un missile hypersonique avec des sanctions, on ne l’arrête pas avec des résolutions,et on ne négocie pas avec une arme qui arrive avant la fin de la phrase « nous condamnons fermement ».

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L’Europe n’a pas de bouclier, seulement des mots

Au fond, ce missile n’a rien révélé de nouveau. Il a simplement rendu visible ce que l’Europe refusait de regarder : elle ne sait plus se défendre dans un monde qui a cessé de jouer selon ses règles. Quand un engin vole à Mach 10, il ne s’agit plus de stratégie, ni même de doctrine. Il s’agit de physique. Et la physique ne respecte ni les valeurs européennes, ni les procédures, ni les calendriers électoraux.

L’Union européenne peut continuer à voter des résolutions, promettre des milliards étalés sur dix ans, annoncer des “capacités futures” qui n’existent que dans des brochures. La guerre réelle, elle, a déjà changé d’époque. Et l’Europe n’y apparaît plus comme acteur, mais comme décor.

La vérité est sèche :

  • L’Europe n’est pas dissuasive.
  • Elle n’est pas protégée.
  • Elle n’est pas prête.

Ce missile n’a pas seulement traversé le ciel ukrainien. Il a traversé le récit européen, de part en part. Il a démontré que face à la vitesse et aux faits, les mots arrivent toujours trop tard. Et c’est peut-être là la défaite ultime : L’Europe parle encore comme si la guerre était un débat. Alors que d’autres ont compris qu’elle est déjà une équation et qu’ils ont résolu le calcul avant même que Bruxelles n’ouvre le dossier. Source : https://cbc.ca/news/world/ukr

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