Lettre ouverte à Madame La Maire de Paris sur le maintien de l’ordre dans la capitale et les récentes bavures policières

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Madame La Maire de Paris,

Vous tentez régulièrement d’influencer la Préfecture de Police de Paris pour que les forces de l’ordre soient orientées vers des missions répressives très impopulaires de maintien de l’ordre dans la capitale. Habilement, vous refusez de créer votre propre police municipale, préférant utiliser les fonctionnaires de la police nationale ou de la gendarmerie nationale pour régler des problèmes en partie causés par votre idéologie politique et ce, quoi qu’il en coûte en terme d’image pour mes collègues et pour l’Institution policière.

Sur l’évacuation polémique des migrants occupant la place de la République, intervention ayant donné lieu à un croche-pied sur un militant associatif ou un migrant, notre syndicat de police ne comprend pas votre double langage. Votre famille politique défend l’accueil des migrants sur le territoire français. Mais lorsqu’ils s’installent à Paris, vous faites pression sur la PP pour les faire évacuer par la force.

France Police – Policiers en colère se positionne sans ambiguïté en faveur de l’expulsion des clandestins. Nous pensons que la France n’a pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde. Mais dès lors que l’expulsion de ces personnes est rendue impossible par les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l’homme, il est de votre honneur, madame La Maire de Paris, de les accueillir dignement.

Et le souhait de ces migrants est clairement de résider dans votre ville. Des associations dénoncent régulièrement les logements inoccupés dans votre commune. La déclaration de patrimoine du ministre de la Justice, Monsieur Eric Dupond-Moretti, a mis en lumière que de nombreuses résidences secondaires détenues par des grandes familles, sont probablement inoccupées.

Pourquoi ne pas essayer de trouver des accords avec ces grands propriétaires pour qu’ils louent à votre municipalité leurs biens inoccupés pour loger dignement les migrants ? N’y voyez là aucune démagogie de notre part mais la volonté de solutionner un problème qui ne peut plus durer.

Intervenir en permanence sur la problématique des migrants pour les repousser de l’autre côté du périphérique nuit gravement à l’image de la police nationale et expose mes collègues à un risque accru de bavure. Le lynchage médiatique dont notre profession est l’objet en raison de ces missions impopulaires, rejaillit sur la santé et le moral des policiers.

En outre, mon organisation syndicale considère qu’il y a beaucoup trop d’effectifs de la police nationale à Paris comparativement au reste du territoire métropolitain et ultramarin. La bavure dans l’affaire Michel Zecler a mis en lumière que les policiers ont le temps de faire de l’initiative à Paris, ce qui est rarement le cas ailleurs où il n’est pas toujours possible d’envoyer en temps réel une patrouille suite à un appel 17.

Nous allons donc solliciter auprès du ministre de l’Intérieur une baisse des effectifs de la police nationale de 30 % dans la capitale et une mutation de ces collègues en province, là où l’insécurité est galopante et le manque d’effectifs, criant.

Vous avez le pouvoir politique de compenser ces baisses d’effectifs dans la ville lumière par la création d’une police municipale armée ou non. Cela vous regarde. Vous aurez alors tout le loisir d’utiliser vos employés territoriaux à votre guise sans exposer systématiquement la réputation de mes collègues.

Dans l’expectative de votre réponse, recevez, Madame La Maire de Paris, l’expression de mes salutations républicaines les plus cordiales.

Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police – Policiers en colère.

Source : France Police

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