« Les Prédateurs : enquête sur un rapt de 80 000 enfants » de Jacques Thomet – Extrait exclusif

Et si le plus grand prédateur d’enfants n’était pas un individu isolé, mais un système ? C’est la thèse glaçante que défend Jacques Thomet, journaliste chevronné, dans son enquête explosive, « Les prédateurs : enquête sur un rapt de 80 000 enfants ».

mise à jour le 22/11/25

« Les prédateurs » n’est pas seulement un livre sur la pédocriminalité ; c’est un réquisitoire accablant contre une machine administrative et judiciaire qui, sous couvert de protection, devient elle-même un instrument de destruction.

Loin de se contenter de dresser le sinistre catalogue des affaires sordides qui défrayent la chronique — du policier de la brigade des mineurs violant des enfants aux Philippines à l’ex-espion de la DGSE commanditant des viols au Kenya, en passant par les innombrables cas d’inceste et de proxénétisme familial —, l’auteur opère un terrible changement d’échelle : il s’agit d’un mal profond de notre société.

À travers ces faits divers qui révèlent l’ampleur et la banalité d’une monstruosité protéiforme, Jacques Thomet ose une mise en perspective vertigineuse : derrière la pédocriminalité individuelle se cache un « rapt » institutionnel de masse. Il accuse l’Aide sociale à l’enfance (ASE) et l’institution judiciaire d’être les artisans d’une spoliation légale, arrachant des dizaines de milliers d’enfants à des parents protecteurs pour les confier, dans de trop nombreux cas, à leurs bourreaux.

Fruit de quatre années d’enquête et soutenu par des preuves tangibles, cet ouvrage dénonce une « inversion accusatoire » systémique où la victime devient le coupable et le prédateur la victime présumée. Il décrypte les mécanismes implacables — expertises douteuses, pressions, disparition de preuves – qui brisent les familles et plongent enfants et parents dans une « terreur blanche ».

Les prédateurs n’est donc pas seulement un livre sur la pédocriminalité. C’est un réquisitoire accablant contre une machine administrative et judiciaire qui, sous couvert de protection, devient elle-même un instrument de destruction. Jacques Thomet lance un cri d’alarme : le pire des prédateurs est celui qui opère en toute impunité, au nom de la loi.


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En partageant avec nous cet extrait exclusif, Jacques Thomet offre un premier aperçu, aussi saisissant qu’angoissant, des révélations que contient son livre :

Les horreurs de 2025 et 2024 : un livre entier serait nécessaire pour retracer l’histoire de ces crimes depuis dix ans. L’étude des derniers mois suffit à en démontrer la gravité.

– Un choc a secoué la France avec les viols commis par un officier chargé de protéger… les enfants ! L’ex-brigadier de la brigade des mineurs de Marseille, Julien Palisca, a été condamné le 4 septembre 2025 à quinze ans de prison et dix ans de sûreté pour le viol de deux enfants des rues à Manille, aux Philippines. Palisca dirigeait une association de protection des enfants aux Philippines, où il s’était rendu à dix-sept reprises. Il avait été protégé par sa hiérarchie pendant au moins un an et son collègue à l’origine de la dénonciation, Christophe Annunziata, avait écopé d’un avertissement ! En larmes lors de son audition par le tribunal, celui-ci a énuméré les obstacles opposés par les autres membres de la Brigade à ses révélations : « Je suis un paria ! Les syndicats m’ont dit : “Il y a un collègue en prison, on ne peut pas te féliciter, t’as pas sauvé de vie.” » Sa cheffe de groupe l’avait même traité de « délateur » après la découverte de fichiers pédopornographiques chez Palisca. Les enquêteurs de l’Igpn (Inspection générale de la police nationale) ont condamné, devant les juges, « une inertie très condamnable de sa hiérarchie ». Une telle complicité objective avec un pédocriminel au sein même d’une brigade des mineurs pose question. Des sanctions ont-elles été prises contre cette cheffe ? On l’ignore.

– La police des mineurs donc, et les services secrets aussi ! Un ex-espion français commanditait des viols d’enfants au Kenya. Il s’agit de Claude G., un ancien agent de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) reconverti dans le conseil en sécurité privée. Il a été arrêté le 26 juillet à Strasbourg par des agents de l’Office des mineurs (Ofmin). Les vidéos de ces viols au Kenya furent repérées par le Centre américain pour les enfants disparus et exploités (NCMEC). Il adresse des dizaines de milliers de rapports par an aux autorités françaises.

– Le 11 février, un couple a été incarcéré à Bourges (Cher) pour avoir violé leur bébé de moins d’un an, une fillette, et filmé leurs agressions. Le père avait déjà été condamné en 2009 pour viol sur mineur à deux ans de prison… avec sursis.

– Le 14 février, une institutrice de Neuilly-sur-Seine est poursuivie pour attouchements sexuels sur au moins trois enfants.

– Le 25 janvier, un couple passe devant les assises de Saint-Brieuc (Côtes d’Armor) avec leur ami, amant du mari et de sa femme. Les trois adultes sont accusés d’avoir violé pendant cinq ans la fille du couple depuis ses dix ans, « presque tous les jours » et de l’avoir livrée dans des lieux déserts à des inconnus recrutés sur un site pédopornographique. Le père (adoptif), la maman et l’amant ont été condamnés à des peines de 17, 12 et 10 ans de réclusion criminelle. Devenue majeure, la victime a refusé le huis-clos, comme dans l’affaire Gisèle Pelicot, « pour que les gens sachent ». Le trio lui avait imposé la pilule dès l’arrivée de ses premières règles.

– 22 janvier : un retraité déjà condamné en 2002 à 15 ans de réclusion criminelle pour inceste sur sa fille, libéré en 2008 et récidiviste sur ses deux petites-filles, est condamné à 26 ans de réclusion criminelle aux Assises de Nantes, avec une peine de sûreté de 13 ans. Malgré l’interdiction de contacts avec les petits-enfants, sa fille, privilégiant « la notion de pardon », l’avait accueilli, estimant que « la colère était un poids à la cheville ».

– À Fécamp, le 27 décembre 2024, une mère et son compagnon ont été arrêtés après le signalement du principal d’un collège du Havre où la jeune fille était scolarisée. Celle-ci apparaissait dans une vidéo pédopornographique avec le couple sur les réseaux sociaux. La collégienne a dû faire une cinquantaine de fellations sur l’homme, en alternance avec sa mère. Ces pratiques étaient filmées à tour de rôle par la mère et sa fille. L’homme était connu de la justice pour des affaires sexuelles. La mère aurait été elle- même victime d’un viol à 10 ans. Voilà ce qu’avait titré le quotidien Paris-Normandie sur cette affaire : « À Fécamp, l’éducation sexuelle débridée d’une gamine envoie sa mère en détention. » Dans la première version, le rédacteur évoquait « une collégienne consentante ».

– À Nîmes, le 12 novembre 2024, Samuel Verbeke, 42 ans, a été reconnu coupable par la cour criminelle du Gard d’inceste sur sa fille, Karine, depuis ses 8 ans, et de l’avoir prostituée. Il a aussi commis les mêmes crimes sur ses deux autres enfants, et été condamné à 17 ans de réclusion criminelle, avec une peine de sécurité des deux-tiers. Il a demandé « une castration chimique pour ne plus répéter ces actes ». L’accusé s’est construit, selon son avocate, dans un environnement incestueux. L’ensemble des frères et sœurs de Samuel Verbeke ont été victimes dans leur enfance de violences et d’agressions sexuelles par leur propre père.

– Un enseignant du Jura, Arnaud Monier, 52 ans, auteur de vingt-six viols ou agressions sexuelles sur des enfants dans le Jura, entre 2015 et 2023, a été extradé le 29 octobre 2024 du Chili, et incarcéré à Lons-le-Saunier. Il avait pris la fuite pour ce pays d’Amérique latine en juin 2023 après avoir abandonné son enfant en France, et venait de se marier à une Chilienne.

« Les prédateurs : enquête sur un rapt de 80 000 enfants » est disponible sur Contre Propagande.


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RetrouvezJacques Thomet sur Le Média en 4-4-2


par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

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