Les industriels dépensent des millions pour freiner la disparition du plastique

Auteur(s) A.M Publié le 09 octobre 2026 – 11:20


DR – Unsplash

Au moins 2,5 millions d’euros ont été consacrés au lobbying des industriels de l’emballage en France en 2025. Face à eux, les associations environnementales disposent de moyens près de 60 fois inférieurs. Six ans après l’adoption d’une loi promettant la fin des plastiques jetables, les intérêts économiques continuent de peser sur les décisions politiques.

D’après une enquête publiée le 8 octobre par Le Monde, les fabricants d’emballages plastiques multiplient les initiatives pour ralentir les restrictions réglementaires. Leur marché représente environ 22 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Pour défendre leurs intérêts, les industriels mobilisent des organisations professionnelles, des campagnes de communication et des relais politiques.

Ces chiffres proviennent d’une enquête de Zero Waste France, fondée notamment sur les déclarations transmises à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). L’association a identifié 125 acteurs exerçant une influence sur les politiques relatives aux emballages. Les 2,5 millions d’euros correspondent à une estimation minimale, établie sur un périmètre restreint. Les dépenses européennes, certaines études et les campagnes publicitaires échappent notamment à ce calcul.

Les deux ONG consacrant principalement leur lobbying aux emballages ont déclaré seulement 43 000 euros en 2025. À périmètre comparable, les industriels disposent donc d’environ 58 fois plus de ressources financières.

Le syndicat professionnel Elipso revendique avoir contribué à l’abandon d’une taxe sur les emballages plastiques non recyclés, initialement prévue dans le budget 2026. Le dispositif devait rapporter 29 millions d’euros à l’État. L’organisation affirme avoir multiplié les rencontres avec les responsables politiques et favorisé le dépôt d’amendements supprimant cette taxation. D’autres organisations privilégient les tribunaux. Plastalliance a obtenu plusieurs annulations de décrets encadrant l’utilisation des emballages plastiques, notamment pour les fruits et légumes et dans la restauration collective. Ces décisions judiciaires ont retardé l’application de mesures environnementales, même si elles ne suffisent pas à établir que toute contestation industrielle serait illégitime.

Comme le rappelle Carenews, la loi antigaspillage de 2020 prévoit une sortie des emballages plastiques jetables d’ici 2040. Pourtant, les tonnages d’emballages plastiques commercialisés avaient augmenté de 3,3 % entre 2018 et 2021, malgré les objectifs de réduction. Entre temps, la France verse environ 1,5 milliard d’euros par an à l’Union européenne au titre des emballages plastiques non recyclés.

Source : France Soir

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