Les gendarmes désertent les logements vétustes du conseil général

Soulaines-Dhuys- La gendarmerie fermera la brigade de Soulaines le 1er octobre. En cause, la volonté de réaliser des économies et d’améliorer les conditions de vie des militaires.

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C’est une visite à laquelle Philippe Dallemagne ne s’attendait pas. En avril dernier, le colonel Blanchard, numéro un de la gendarmerie dans l’Aube, frappe à la porte du maire de Soulaines-Dhuys. Le militaire lui annonce le départ des gendarmes basés dans sa commune et, par conséquent, la fermeture prochaine de la brigade. Pour quelles raisons ?

La version officielle fait état de la nécessité d’effectuer des économies et de rationaliser les moyens des forces de l’ordre en ces temps de contraintes budgétaires. Le Soulainois fait les frais de la faible densité de population dans son canton.

La version officieuse, mais tout aussi juste, pointe du doigt les conditions d’hébergement des militaires. Lassés de vivre dans des appartements vétustes, les gendarmes de la brigade de Soulaines-Dhuys ne sont pas mécontents de quitter un bâtiment vieux de plus d’un siècle. Réseau électrique non conforme, radiateurs obsolètes, fenêtres vétustes voire inutilisables, absence d’isolation, infiltration d’eau par la façade, les problèmes liés au bâtiment se succèdent depuis des années. En conséquence, certaines factures d’énergie ont explosé. Des conditions de vie peu enviables qui ont déjà poussé certaines familles de militaires à quitter ces appartements pour être relogées dans le privé.

Propriétaire du bâtiment, le conseil général se défend et affirme par la voix de son président, Philippe Adnot, avoir effectué les travaux demandés. Preuve à l’appui, ce dernier met en avant un récent chantier. En effet, début 2014, les boiseries des fenêtres ont été réparées dans tous les logements. De la laine de verre a également été posée sous les combles de ce bâtiment… centenaire.

Logiquement, le Département n’a pas souhaité investir davantage dans cet édifice obsolète, craignant que la brigade de gendarmerie soit, tôt ou tard, condamnée à disparaître. En effet, un projet de construction d’une nouvelle brigade à Brienne-le-Château est en cours. Celle-ci doit permettre le regroupement des militaires présents sur le secteur. Une brigade qui ne sortira pas de terre avant plusieurs années. En attendant, les cinq militaires présents au sein de l’unité de Soulaines vont être relogés dans des habitations de la gendarmerie encore vacantes à Chavanges ou au sein de logements privés.

La sécurité en question

Philippe Dallemagne, maire, président de la communauté de communes du Soulainois et conseiller général du canton, comprend le sentiment des gendarmes tout en défendant la position du Département : « Je connais la problématique des conditions de logement des gendarmes. Il y a certainement des travaux un peu plus conséquents que de l’entretien courant à faire. Si la commune de Soulaines avait elle-même été propriétaire, on aurait peut-être vu le dossier différemment. Mais je comprends aussi le fonctionnement du conseil général. Si l’État nous avait garanti que la gendarmerie n’allait pas fermer du jour au lendemain, alors peut-être que le problème aurait été vu différemment ».

Le maire de Soulaines craint surtout de voir la sécurité des biens et des personnes mise à mal (lire ci-contre). Une chose est certaine, l’annonce de la fermeture de la brigade illustre un peu plus la lente déliquescence des zones rurales.

Benoît Soilly

Source : L’Est Eclair

 

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