Les collectifs locaux Réinfo Covid : de la parole aux actes ?

Alors que le pass vaccinal doit être suspendu le 14 mars prochain, des citoyens, entre ombre et lumière, ont lutté patiemment, et luttent toujours, pour l’abolition de toute discrimination « sanitaire ».


Créés à l’instigation du Docteur Louis Fouché, les collectifs locaux Réinfo Covid comptent des dizaines de milliers de membres partout en France. Rencontre avec quelques membres.

Le 12 juillet 2021, Emmanuel Macron se charge de l’annoncer : nous, simples humains, ne serons plus admis dans une bonne partie des lieux publics, ni à pratiquer certains métiers. Deux classes coexisteront dans la sociéte, les injectés, à qui seront octroyés des laissez-passer codés, et les autres. Je décide alors d’écrire au collectif Réinfo Covid de ma ville, Paris, et de rejoindre d’autres indociles.

Une manifestation pour une rencontre

Serrés entre les ranges de CRS, les manifestations sont l’occasion de lier connaissance. Les membres de Réinfo Paris sont très informés, farouchement opposés à la discrimination, aux traitements forcés, et, si l’on peut dire, à la peur.

Antoine, porte-parole de Réinfo Covid Paris

Le porte-parole de Réinfo Paris, Antoine, fait partie du groupe depuis sa création, il y a un an et demi. « Déjà, on fait en sorte de ne pas juger une personne parce qu’elle est vaccinée, ou parce qu’elle est encore dans la peur, à raison ou à tort, peu importe. Les actions menées par le collectif peuvent être tournées vers l’extérieur, avec du tractage par exemple. Mais ce qui est aussi fondamental, c’est de maintenir une solidarité entre toutes les personnes impliquées, solidarité qui en retour énergise les actions. Pour tenir dans le temps et aider à passer la crise, à ne pas rester isolé, à tenir debout dans la tempête. »

Depuis que Louis Fouché, le fondateur de Réinfo Covid, a appelé à la fondation de collectifs locaux, ils ont essaimé dans plus d’une quinzaine de pays, et à travers toute la France.

« On essaie d’arriver à un maillage très local, à une prolifération de petits groupes locaux, afin de reprendre la main sur la vie citoyenne et collective, mises à mal par la politique sanitaire. D’où une multiplicité d’initiatives souveraines, autonomes, dans les collectifs. »

◆ « Une fois que les gens ont basculé, ils ne font plus machine arrière »

Je contacte Réinfo Lyon pour approfondir mon enquête. La référente, Isabelle, a décidé de tout arrêter pour se consacrer au collectif : « Dans leurs secteurs d’activité, mes enfants sont touchés de plein fouet. A 20 ans, asseoir son choix et l’assumer, c’est extrêmement difficile, donc pour moi et pour ma famille, c’est un engagement sociétal vital. » Autre référent, Vincent*, psychothérapeute, a démissionné de l’EHPAD pour lequel il travaillait à l’approche de l’injection forcée.

« Comme Hannah Arendt l’écrivait au sujet des nazis, je pense que la plupart de nos gouvernants sont des voyous. On a aussi quelques fous complets. Un professeur de psychiatrie italien, Segatori, a affirmé publiquement qu’Emmanuel Macron était un psychopathe. Véran en est un également. Ils souffrent de psychose : ils sont fous mais ne se perçoivent pas comme malades. »

Vincent établit un diagnostic sombre de nos sociétés, en train de basculer dans un moment totalitaire où les non-vaccinés sont les boucs émissaires.

« Il y a eu dans l’Histoire des mythes qui donnaient envie aux gens de se relier, et des périodes où cela s’écroule. Au-delà du covid, le mythe de la croissance infinie va s’effondrer, d’où des réactions autoritaires. »

Isabelle ne croit pas pour autant à l’avènement d’une sorte de dictature transhumaniste : à chaque annonce gouvernementale, les adhésions se multiplient.

« Les gens ne font pas machine arrière. Jamais. Ils sortent de l’hypnose collective. Je pensais que ça irait encore plus vite, par exemple quand ils ont obligé les enfants. Mais je suis convaincue que dans quelques années, on sera dans la construction d’un nouveau monde. Que les responsables seront peut-être en prison… S’il faut toucher le fond pour que le monde rouvre les yeux, je suis prête. Pour les générations à venir. »

Parmi les membres lyonnais, beaucoup de soignants. Ils adhèrent en masse, veulent de l’action, purger leur colère et leur désarroi. Isabelle décrit un couple de parents qui travaillaient à l’hôpital, et qui perdent tout, faute d’avoir cédé à l’injonction vaccinale.

« C’est une question d’âme. Quoi qu’il en coûte, ils refusent de la perdre. Ce que le gouvernement n’a pas du tout mesuré, c’est qu’ils ne changeront jamais d’avis. Un médecin m’a dit qu’il préférait mourir que de se soumettre, et qu’il s’y était déjà préparé si on venait le chercher. »

◆ Mettre des mots

Jean-Louis, membre de Réinfo Paris, a trouvé chez Louis Fouché un discours de vérité, à la fois scientifique et philosophique, qui fait défaut dans les medias de masse. Réanimateur à l’hôpital public et observateur privilégié de la crise, le fondateur de Réinfo Covid aura su mettre des mots sur l’indignation de milliers de Français, stupéfaits par l’absurdité de la politique sanitaire.

« Au sein du collectif, on trouve essentiellement des gens comme moi, qui se posent des questions, qui trouvent qu’on va dans une direction qui n’est pas souhaitable et qui cherchent un moyen d’infléchir la tendance. Il n’y a pas de mot d’ordre général pour les actions. Le référent annonce qu’il va à telle manif mais qu’il y a aussi telle et telle autre, et chacun fait ce qu’il veut. Ce qui nous unit, c’est cette crise, une crise de société plutôt que sanitaire. Le constat qu’il se passe quelque chose de très inquiétant. Et qu’il faut réagir. »

Jean-Louis dans son appartement à Montmartre

◆ Pôle de renaissance

À Lyon, le collectif s’est réparti en pôles. La branche communication, la plus active, conçoit des affiches, des tracts distribués un peu partout, même le long des autoroutes. Le pôle jeunes s’adresse en priorité aux étudiants de spécialités paramédicales soumis à la pression vaccinale. Des jeunes en grand désarroi, qui n’osent plus parler à leur camarades de peur d’être stigmatisés. Pour constituer le pôle juridique, Réinfo Lyon cherche des juristes qui accepteraient de défendre les soignants suspendus. Mais « les rares petits avocats engagés restent dans des prix inaccessibles pour un soignant qui n’a plus de salaire. » Le pôle élus approchait les sénateurs et députés. « Des gens qui n’en ont rien à faire, annulent les rendez-vous au dernier moment, ne viennent même pas. Pire, vous écoutent avec un grand sourire, vous disent “tout à fait d’accord”, puis votent à l’opposé. » Désormais, le pôle repère les élus locaux favorables et propose des outils de communication. Un pôle pharmacovigilance alerte sur la nécessité de signaler les effets secondaires des injections. « Par exemple, il y a des wagons de gamines qui n’ont plus leurs règles. Elles disent que ce n’est pas grave, s’en amusent. On essaie de changer cette perception insouciante, sans être alarmistes ou stigmatiser. »Enfin, un pôle de renaissance professionnelle accompagne les soignants en reconversion. « On s’est rendu compte qu’une large majorité des soignants suspendus ne reviendrait pas à l’hôpital, obligation vaccinale ou pas. Ils ont été tellement écœurés qu’ils se posent d’emblée la question d’un nouveau métier. »

◆ Les essentiels

L’arrivée de la marche de l’éveil, au mont Valérien, avait donné lieu à un grand rassemblement. Jean-Louis, accompagné de l’actrice Anny Duperey, y a présenté un collectif d’artistes soutenant les soignants suspendus.

Jean-Louis, Christian Perronne et Anny Duperey à l’arrivée de la Marche de l’éveil, au mont Valérien

Il a mis en ligne un site Internet, lesessentiels.org, qui dresse la liste des signataires, et des portraits et témoignages de soignants.

« Tolérer qu’on supprime le salaire des gens du jour au lendemain, seulement parce qu’ils n’obéissent pas, parce qu’ils veulent que l’intégrité de leur corps soit respectée, parce qu’ils veulent avoir le choix des traitements qu’ils reçoivent… Aucune société digne de ce nom ne devrait tolérer ça. »

*Le prénom a été changé.

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Source : Nexus

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