Les clowns de « l’opposition » : RN et LFI déposent chacun une motion de censure contre Von der Leyen… et votent contre celle de leur adversaire
Dans une démonstration pitoyable de leurs divisions chroniques, le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) viennent une nouvelle fois d’offrir une victoire par forfait à l’establishment européen. Le 9 octobre 2025, leurs deux motions de censure distinctes contre Ursula von der Leyen ont été rejetées avec une facilité qui en dit long sur leur ineptie stratégique. La motion des Patriotes (RN) n’a rassemblé que 179 voix, loin derrière les 378 oppositions. Celle de The Left (LFI) a fait encore pire, avec 133 voix pour contre 383. Le constat est sans appel : la Présidente de la Commission, solidement installée, peut mépriser ces contestations aussi bruyantes qu’inefficaces.

LFI, RN : division idéologique, calcul électoral : la recette parfaite pour l’échec.
La comédie des vaines postures
RN et LFI rivalisent de déclarations tonitruantes pour dénoncer l’autoritarisme bruxellois, les accords commerciaux ou l’immobilisme de la Commission. Mais lorsque l’action requiert un minimum de cohérence, leurs beaux principes volent en éclats. Chacun campé dans son rôle, le RN a soigneusement évité de soutenir la motion de LFI, tandis que les Insoumis faisaient de même avec celle des Patriotes. Seuls quelques députés de Reconquête ont eu l’audace de voter pour les deux textes, un geste isolé et sans impact.
Cette division n’a rien de fortuit. Elle est le fruit d’un calcul politicien mesquin : le RN ne saurait se compromettre avec une gauche qu’il caricature en repoussoir « wokiste », tandis que LFI se drape dans une pureté idéologique qui lui interdit tout contact avec « l’extrême droite ». Leur opposition n’est qu’un spectacle destiné à leur base, un jeu de rôles où l’on préfère la défaite assurée au risque d’une victoire partagée.
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L’art de l’échec utile
Jordan Bardella, depuis son perchoir médiatique, se plaît à jouer les tribuns intraitables contre « l’autoritarisme woke ». Mais son refus de coordonner la moindre action commune avec d’autres forces critiques trahit une autre priorité : soigner son image d’épouvantail plutôt que de construire une opposition crédible. Dans le camp d’en face, Manon Aubry et les siens préfèrent cultiver leur isolement vertueux, quitte à laisser Von der Leyen triompher sans encombres.
Cette hypocrisie stratégique profite au pouvoir qu’ils prétendent combattre. En maintenant une opposition divisée et stérile, ils garantissent la pérennité de la majorité centriste – socialistes, macronistes et conservateurs du PPE – qui soutient la Commission. Les crises réelles, qu’elles soient commerciales, environnementales ou géopolitiques, sont ainsi reléguées au second plan par ces guerres picrocholines.
Une défaite offerte sur un plateau
Au final, cette séquence parlementaire ne fut qu’un simulacre. Les grandes tirades contre la « bureaucratie bruxelloise » ou les « complicités génocidaires » se sont évaporées face à la réalité des votes. Ursula von der Leyen, décriée pour ses tendances impériales, sort renforcée de cette mascarade, servie par l’incompétence de ses détracteurs.
Les véritables perdants sont les citoyens, condamnés à une alternative biaisée entre un establishment européen aveugle et des oppositions nationales plus soucieuses de leur théâtralisation que de leur efficacité. Tant que le RN et LFI continueront à privilégier leur guéguerre intestine sur l’action concertée, ils resteront ce qu’ils sont : les meilleurs alliés du système qu’ils feignent de dénoncer. Frexit, vite !
par Yoann
Source : le Média en 4-4-2
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