Légion d’Honneur : Deux poids et deux mesures ???

Légion d’Honneur : Deux poids et deux mesures ???

En lisant la presse actuelle et l’article publié ci-dessous on pourrait légitimement le croire…

——-///////——-

Chaligny (54) : il réclame la légion d’Honneur pour un héros anonyme

Jean-Claude Perrin, 70 ans, réclame une Légion d’Honneur à titre posthume pour le soldat Georges Labroche, qui, le 9 novembre 1918, a franchi les lignes allemandes pour sonner le cessez-le-feu avec son clairon.

Jean-Claude Perrin a conservé le casque et le clairon du soldat Georges Labroche. Photo ER

Jean-Claude Perrin a conservé le casque et le clairon du soldat Georges Labroche. Photo ER

« Je me bats pour qu’on le sorte de l’oubli. Il est resté dans l’ombre et dans les oubliettes de l’Histoire. C’est une injustice qu’il faut absolument réparer. » À son domicile de Chaligny, près de Nancy, Jean-Claude Perrin, opiniâtre, mène un combat personnel depuis huit ans : obtenir que la Nation finisse par honorer le soldat Georges Labroche, clairon de la première compagnie du 19e bataillon de chasseurs à pied lors de la première guerre mondiale 1914-1918.

Documents à l’appui, cet ancien coiffeur et sidérurgiste âgé de 70 ans, déroule les étapes de son combat administratif contre l’absence de reconnaissance officielle. Il rappelle que le 9 novembre 1918 Georges Labroche « est le seul qui a réussi à franchir les lignes allemandes à Haudroy (Aisne) pour sonner un cessez-le-feu ». Le soldat transportera ensuite l’accord signé entre les deux états-majors, marquant la fin du conflit.

« Chanteuses, prince saoudien… »

Pourtant, force est de constater que la grande Histoire n’a pas retenu le nom de ce guerrier héros et anonyme à la fois, rentré chez lui à Chaligny, avec une amertume qui ne le quittera jamais jusqu’à la fin de ses jours en 1969, faute d’avoir reçu les remerciements et les félicitations de la Nation. Sénateur de Meurthe-et-Moselle, Jean-François Husson a relayé les nombreuses démarches du Chalinéen pour réclamer qu’on accorde, à titre posthume, la Légion d’Honneur à Georges Labroche. « De retour dans son village, il a gardé son clairon et un morceau de drapeau blanc. Il est le seul de la délégation à ne pas avoir été reconnu par la Nation, à ne pas avoir reçu la moindre citation rappelant cet acte de bravoure », écrit le sénateur au Chef de l’État.

Le courrier a été suivi d’un refus officiel. Jean-Claude Perrin a du mal à contenir son irritation et déroule, ironique, les exemples de distinctions officielles : « Chanteuses grand officier de la Légion d’Honneur, acteurs, ronds de cuir, prince saoudien nommé en catimini à l’Elysée… Nous savons que cette décoration ne peut être remise à titre posthume sauf décision du Président de la République ».

« M’enverra-t-on les gendarmes ? »

Jean-Claude Perrin, qui a conservé les exceptionnelles pièces que sont le fameux clairon, le casque du soldat Labroche et un morceau de tissu du drapeau, craint que faute de mise en valeur officielle les objets ne finissent, à long terme… dans une vulgaire brocante ! « Je ne peux pas accepter cette idée », poursuit il entre de multiples démarches auprès des élus lorrains. « S’il ne se passe rien, je procéderai avant 2018, qui marquera le centenaire de la fin de la guerre, à une cérémonie locale, au titre de l’association que je préside (Le livre d’Histoire et l’Obusier). Je n’oublie pas que c’est sans doute le soldat Labroche qui a sauvé de la mort mes deux grands-pères. Nous lui décernerons alors, enfin, la Légion d’Honneur qu’il mérite. Plusieurs élus m’ont déjà donné leur accord pour assister à cette cérémonie. Je sais qu’elle est illégale. Mais j’attends de voir si on m’enverra les gendarmes. »

Antoine PETRY

Source : Est Républicain

 

Répondre à Ronald Guillaumont Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.