Le «tueur de gendarmes» expulsé du box

Abdallah Boumezaar, condamné à la perpétuité, était rejugé à Amiens ce mercredi pour avoir agressé un gardien de prison à Château-Thierry (Aisne).

B9719997808Z.1_20190619180826_000+GJ0DSQ7HO.1-0Boumezzar a abattu deux gendarmes en 2012 dans le Var, et condamné pour cela à la réclusion criminelle à perpétuité.

Il a été extrait de la prison de Vendin-le-Veil (Pas-de-Calais), qui accueille les détenus les plus dangereux de France dont le Creillois Rédoine Faïd. C’est sous très haute surveillance qu’il est arrivé au palais de justice d’Amiens ce mercredi en début d’après-midi. Abdallah Boumezaar, 37 ans, avait fait appel de sa condamnation à 6 ans de prison, prononcée le 7 mars à Soissons (Aisne) pour avoir agressé un surveillant de la prison de Château-Thierry deux jours plus tôt.

Le prévenu était sous très haute surveillance au palais de justice d’Amiens.

 Le prévenu était sous très haute surveillance au palais de justice d’Amiens.
Décrit comme radicalisé, c’est un homme costaud et barbu, qui est entré dans le box des prévenus, scrutant la salle d’audience avant de s’asseoir. Boumezaar n’a pas voulu d’avocat. Pourquoi a-t-il fait appel de sa condamnation ? On peine à le comprendre. Le trentenaire parle fort, très vite, il tient des propos incohérents, mêlant religion et justice. On devine qu’il en voulait aux fonctionnaires de l’Aisne, qu’il accuse de l’avoir « persécuté » parce qu’il était considéré comme « le tueur de gendarmes ».

« C’est moi qui vais vous juger ! »

Abdallah Boumezar a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir tué deux militaires en 2002 dans le Var. Audrey Bertaut, 35 ans, et Alicia Champlon, 28 ans, étaient intervenues pour un cambriolage suivi d’une agression. Boumezaar s’était saisi de l’arme de l’une d’elle, il avait fait feu sur une première, avant de poursuivre la seconde et de l’abattre en pleine rue.

Dans la prison de Château-Thierry, il s’est jeté sur un surveillant, armé d’une brosse à dents sur laquelle il avait installé quatre lames de rasoir. La victime avait été tailladée de l’oreille au coin de la lèvre.

À l’audience, Boumezaar est agressif. Il monopolise la parole avec des déclarations sans queue ni tête. La présidente finit par l’exclure de la salle d’audience. « C’est moi qui vais vous juger  ! », lance le prévenu avant de sortir. « Ça m’étonnerait », le coupe la présidente. « On verra », rétorque-t-il avant de lancer un « à jamais ».

L’avocate générale souligne la « pathologie mentale lourde » du trentenaire. Elle requiert « entre 3 et 4 ans de prison ». L’arrêt sera rendu le 2 juillet.

Source : Courrier Picard

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