Le rapport sur la désinformation en Santé : un panel biaisé vers « l’establishement », loin des attentes des Français
Auteur(s) Le Collectif citoyen, France-Soir Publié le 14 janvier 2026 – 12:00

Le rapport sur la désinformation en Santé : un panel biaisé vers « l’establishement », loin des attentes des Français
France-Soir
Le rapport Molimard-Costagliola-Maisonneuve, remis le 12 janvier 2026 au ministre de la Santé, suscite déjà de vives interrogations, notamment pour tous ceux qui défendent sans relâche la liberté d’expression et une information équilibrée. Mais également pour les partisans des trois auteurs qui regrettent l’édulcoration du rapport !
Tout d’abord il est bon de rappeler que la ministre de la Santé n’a pas répondu à la demande de récusation des trois auteurs de ce rapport, rendant la décision de leur récusation implicite. Les motifs invoqués par l’association BonSens.org pour justifier la demande de retrait des trois experts étaient clairs : violations des obligations de déclaration publique d’intérêts, financement opaque de la mission (contraire à la Loi organique relative aux lois de finances et au Code de la santé publique), et manque d’indépendance flagrant. Il est intéressant de noter que la demande de l’association BonSens.org fait l’objet d’une procédure juridique. Leur nomination avait été qualifiée de « pari risqué pour la vérité et la République », soulignant le risque de partialité dans une mission censée restaurer la confiance dans la science.
Résumé vidéo de l’analyse :
Ce document, censé proposer une stratégie nationale contre la désinformation en santé, repose sur 156 entretiens avec 270 acteurs (267 uniques après déduplication). Mais, qui compose vraiment ce panel ? À partir de leurs profils publics – un profilage a été effectué par IA pour chaque personne interrogée sur plusieurs critères :
- Le LancetGate : ont-ils oui ou non identifié les biais du lancetgate en 2020 avant sa rétractation ?
- L’étude ReCoveRy : ont-ils oui ou non dénoncé les biais de l’étude ReCoVery sur l’hydroxychloroquine (doses toxiques sur des patients hospitalisés) ?
- Position sur la vaccination en général : ont-ils une idéologie pro-vax déclarée ?
- Position sur la vaccination covid-19 : ont-ils soutenu ou non la campagne de vaccination covid ?
- Existence des effets secondaires de la vaccination : ont-ils nié l’existence d’effets secondaires des vaccins covid-19 ?
- Position publique sur Robert Kennedy Jr secrétaire d’État à la Santé américain : ont-ils pris ou non une position sur RFK Jr en le traitant d’antivax, antiscience ou complotiste ?
Une analyse approfondie de leurs profils publics révèle-t-il des tropismes ? Le philosophe Rico Hauswald, dans son article publié dans Synthese le 6 janvier 2026 dénonce les dysfonctionnements des mécanismes de contrôle scientifique, qui mènent à des consensus « dégénératifs » et érodent la confiance publique. Existe-t-il un lien ?
Loin d’être indépendant, ce panel révèle des tendances idéologiques et des positions qui trahissent une non-indépendance et un biais flagrant vers l’establishment médical. L’application des thèmes explorés par Hauswald, illustre comment un gardiennage restrictif exclut les voix dissidentes, favorisant des biais de confirmation et une déférence excessive à la science « officielle ». Le panel est dominé par des figures alignées sur les narratives officielles qui minimisent les critiques des scandales passés comme le LancetGate ou l’étude RECOVERY, tout en promouvant une idéologie pro-vaccinale sans nuance.
Pire, il n’est pas représentatif des Français, comme le montre le sondage MIS Group pour France-Soir/BonSens.org de décembre 2025, qui révèle un scepticisme massif envers les campagnes vaccinales COVID. Un tel rapport, avec ses biais évidents, risque non pas de restaurer la confiance, mais d’alimenter la défiance envers les institutions, en excluant des experts de tous bords.
Les experts – d’où viennent-ils ?
Examinons l’origine de ces experts. Le panel des 268 profils analysés couvre l’intégralité de l’écosystème institutionnel français, des agences d’État aux médias, en passant par les ordres professionnels et le monde académique.

Cependant, quand on regroupe par sources de financements ou dépendances de l’État, 80 % des acteurs viennent d’agences gouvernementales, d’ordres professionnels, d’instituts de recherche, d’universités, ou d’académies qui dépendent financièrement de l’Etat français. 12% des médias ou fact checkers dont certains comme l’AFP ou les médias subventionnés ont encore une dépendance financière à l’État. Et 8% d’autres associations ou entreprises privées. Et zéro association citoyenne critique comme BonSens.org, ReinfoLiberté, Verity France ou d’autres associations de victimes d’effets secondaires de la vaccination covid. Le tropisme institutionnel est véritablement écrasant.

Tropisme sur la fraude du LancetGate ou une confiance aveugle dans les publications officielles
Le premier critère évalue si la personne ou son institution a identifié a priori la fraude du LancetGate (article rétracté en 2020 sur l’hydroxychloroquine, basé sur des données falsifiées). Ce scandale a eu des répercussions mondiales, influençant des interdictions prématurées en France.

Aucune des personnes interviewées n’avait émis de réserve sur cette étude rétractée en 14 jours en 2020 qui entraina l’arrêt des recherches sur l’hydroxychloroquine alors que les trop nombreux biais de cette étude pouvaient être identifiés rapidement. Et, aucun des répondants n’a contacté Mandeep Mehra l’auteur principal de l’étude.
Parmi ce panel, on observe un tropisme vers une absence de détection proactive (83 %) qui illustre un biais de confiance institutionnelle ou encore des prises de positions publiques « pro-lancet » qui ont entrainé une désinformation.
Des organisations comme l’AFP ou des figures comme Alain Fischer ou Olivier Véran, issues d’académies ou d’anciens ministères, ont soutenu initialement l’article, minimisant la fraude. Cela questionne l’indépendance du panel : comment lutter contre la désinformation si l’on ignore les échecs des revues dites « prestigieuses » et que l’on tombe dans un biais de confirmation ou un argument d’autorité ?
En France, et en Europe, seul France-Soir a interviewé Mandeep Mehra indiquant une réserve lors de la publication.
Position sur l’étude RECOVERY : un suivisme sans critique
Le deuxième critère analyse la position sur l’étude RECOVERY (2020), qui a conclu à l’inefficacité de l’hydroxychloroquine malgré des controverses sur les doses utilisées sur des patients affaiblis et hospitalisés – on est loin du traitement précoce.

Aucun des trois auteurs du rapport n’a critiqué l’étude ReCoVery sur ces nombreux biais qui contribuent à la désinformation du public. Avec 90 % sans critique observée, le tropisme « suiveur de tendance » domine.
Des personnalités dont l’opposition aux traitements précoces est notoire, comme Jérôme Marty ou Rémi Salomon, souvent liés à des fédérations hospitalières, ont suivi sans questionner, renforçant un gardiennage restrictif qui exclut les alternatives, comme illustré dans les biais de l’étude EPI-PHARE. Ce biais renforce l’idée d’un panel non indépendant, aligné sur les études institutionnelles, au détriment d’analyses critiques.
Idéologie vaccinale générale : un panel pro-vax sans nuance
Le troisième critère sur lequel on peut évaluer la position des membres du panel est l’idéologie vaccinale globale. Aucune des personnes du panel est identifiée comme ayant des positions vaccino-sceptiques déclarées ou s’interrogeant sur la vaccination. 23% ont des positions publiques affichées pour la vaccination en étant soit un promoteur actif de la vaccination (16%) ou juste pro-vaccin déclaré (7%). Des acteurs comme Karine Lacombe ou Olivier Véran, issus d’universités ou de gouvernements passés, illustrent ce consensus. Ce panel, dominé par des personnes issues du monde académique (11 %), illustre une « arrogance épistémique » qui érode la confiance publique.
Cela dénote une non-indépendance flagrante, où le panel exclut les perspectives sceptiques qui sont bien présentes dans la population avec une baisse flagrante de l’adhésion à la vaccination.

Tropisme sur le vaccin COVID : une recommandation dominante
Le quatrième critère mesure le niveau de recommandation du vaccin COVID.
Parmi les membres du panel, 7% ont recommandé fortement et proactivement la vaccination covid-19, 16% l’ont juste recommandé et 76% n’affichent pas de position publique. Cependant, aucune des personnes interviewées n’est connue pour avoir pris une position neutre ou hésitante envers les vaccins covid-19.
Parmi les personnes dont l’avis est connu, ~70 % recommandent (dont 29 % fortement) la vaccination. Des figures institutionnelles comme Alain Fischer dominent ce tropisme pro-vaccination. Cela confirme un biais vers l’establishment, ignorant les préoccupations citoyennes.
Effets secondaires du vaccin COVID : une minimisation systématique
Le cinquième critère évalue la reconnaissance des effets indésirables (EI). Aucune des personnalités interviewées n’a reconnu a priori, l’existence possible d’effets indésirables de la vaccination soutenant pour la plupart soit publiquement soit au travers de leurs institutions le « tous vaccinés tous protégés » promu par le ministère de la Santé et l’inexistence d’effets indésirables commentée publiquement par plusieurs ministres de la Santé, dont l’éphémère non médecin Aurélien Rousseau. 76% n’ont pas de position personnelle publique connue. 19% des individus ayant des positions publiques identifiables n’ont pas reconnu les effets indésirables et seuls 3% ont reconnu leur existence – après coup et souvent du bout des lèvres.

Parmi le panel, aucune personnalité n’a mis en doute la vaccination covid, ni émis de doutes sur les études promues par Pfizer, qui, on le sait aujourd’hui, n’avaient pas testé la transmission.
Il n’y a donc aucune personne dans le panel qui a exprimé la moindre interrogation sur la mise à disposition de produits expérimentaux ou le consentement libre et éclairé. Même si une majorité ne s’est publiquement exprimée, 19% du panel ont donc minimisé constamment les EI. Hauswald critique ce « biais d’autorité excessive », où un gardiennage défaillant mène à des consensus dégénératifs, comme dans les études biaisées sur les vaccins ARNm n’ayant pas testé pour la transmission.
Des pro-vax comme Karine Lacombe illustrent ce déni, aligné sur des institutions comme la HAS. Ce tropisme sous-estime les risques, renforçant la non-indépendance du panel.
Idéologie politique vis-à-vis RFK Jr. : une condamnation des voix dissidentes
Le sixième critère mesure la condamnation de Robert Kennedy Jr. comme « antivax complotiste » tel que l’illustre l’article de Bénédicte Lutaud qui ne respecte pas les principales règles de déontologie journalistique et confond journalisme et propagande.

Parmi le panel, aucune personne n’a salué la nomination de Robert Kennedy Jr comme secrétaire d’Etat américain à la Santé ou même évoqué le renouveau du débat scientifique. Bien au contraire pour 22% des personnes qui expriment publiquement leur position, elles sont très critiques, voire agressives envers RFK Jr, et vont jusqu’à condamner les actions de RFK Jr., comme des fact-checkers (Rudy Reichstadt) ou des médecins (Jérôme Marty,…). Ce tropisme anti-alternatif discrédite les critiques, indiquant un panel non indépendant, fermé aux débats ouverts.
En résumé, le panel présente un profil, a priori de consensus, sur les critères analysés avec une convergence des positions. Sur les six sujets distincts et potentiellement clivants, une seule et même ligne directrice émerge systématiquement au sein du bloc institutionnel majoritaire du panel.

Au-delà de l’affiliation, l’analyse des positions publiques du panel montre un alignement quasi total sur le discours officiel pendant la crise sanitaire. Pour quantifier ce tropisme, 96% des personnes ayant pris une position publique correspondent au profil du consensus.

Le panel semble donc avoir été sélectionné non pas pour sa diversité mais pour sa conformité à une ligne préétablie.
Ce phénomène pose des questions fondamentales sur la vitalité du débat contradictoire, la gestion de l’incertitude scientifique et la confiance des citoyens envers des institutions qui parlent d’une même voix.
Un panel non représentatif des Français : les leçons du sondage France-Soir / BonSens.org
Au-delà de ces biais internes, le panel n’est pas représentatif des opinions des Français. Le sondage MIS Group pour France-Soir/BonSens.org du 30 novembre 2025 (1200 répondants, représentatifs) révèle un scepticisme massif : 81 % rejettent la nouvelle campagne vaccinale COVID, marquant une fracture durable de la confiance sanitaire. L’adhésion générale à la vaccination est à 69 %, mais l’opposition à certains vaccins atteint 59 % – en hausse depuis mai 2025 (52 %). De plus, 87 % ont reçu au moins une dose initiale, mais cela n’empêche pas une défiance croissante envers les autorités.

Or, le panel du rapport – surreprésentant les institutions publiques et académies– ignore ce scepticisme. Pas de voix comme celles de BonSens.org ou de médias indépendants, renforçant un tropisme progouvernemental. Ce décalage alimente la défiance : comment restaurer la confiance sans inclure des perspectives citoyennes ?

Conclusion : un rapport qui alimente la défiance plutôt que la confiance
Hauswald nous rappelle que moduler la confiance face aux échecs de gardiennage est légitime. Ce rapport, avec son panel biaisé et non indépendant, ne sera pas l’outil de restauration de la confiance espéré. Il apporte d’ailleurs plus de questions que de réponses.

Au contraire, en excluant des experts de tous bords – critiques des vaccins, associations citoyennes ou médias alternatifs – il risque d’alimenter davantage la défiance envers les institutions. Les tropismes pro-vax et anti-critique, couplés à un manque de représentativité (comme révélé par le sondage), font de ce rapport un énième exercice institutionnel déconnecté des réalités françaises.
À France-Soir, nous appelons à une inclusivité réelle : seule voie pour reconstruire un contrat sanitaire brisé. Restez vigilants : la transparence commence par questionner les biais et la science vraie tolère le débat.
Quand l’unanimité des institutions remplace le débat scientifique la parole officielle devient-elle un dogme ?
Source : France Soir
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