Le Pr Raoult alerte sur le péril totalitaire: « ce n’est plus de la science mais de la croyance »

Le professeur Raoult, à son bureau de directeur de l’IHU, le 16 novembre 2021. FranceSoir

En se fondant sur l’explosion du nombre de cas aux États-Unis et en France, comme en témoignent les données de l’université Johns Hopkins, en dépit d’un niveau de vaccination très élevé, le Pr Didier Raoult assimile la volonté du gouvernement d’imposer toujours plus de restrictions sanitaires en vue d’augmenter la couverture vaccinale à du « totalitarisme ».

« Ce qui est extrêmement étrange et intéressant, c’est le niveau de tension sur la volonté d’augmenter la couverture vaccinale pour un vaccin dont on a la preuve sous les yeux qu’il ne marche absolument pas », observe le directeur de l’IHU Méditerranée Infection. « Il n’y a aucun intérêt à vacciner une population qui n’est pas à risque. Aucun, puisque l’épidémie flambe de plus en plus au fur et à mesure qu’on fait des vaccins. (…) On est sorti de la science. C’est de la croyance, de la religion », assène-t-il.

Martelant que le discours sur le vaccin anti-Covid est « déconnecté de la réalité » puisqu’« on ne peut pas dire qu’il arrête l’épidémie » et « qu’il présente un intérêt pour les gens qui ne présentent pas de facteurs de risque », Didier Raoult met en garde contre les velléités de certains politiques à contraindre à la vaccination : « Quand on veut que les gens vous obéissent alors que ça n’a plus de sens, ça s’appelle le totalitarisme. On ne peut pas rentrer dans une société totalitaire à cause de cette histoire. »

Le risque de voir émerger des politiques « qui nous rappellent une partie de la Seconde Guerre mondiale »

« Vous ne pouvez pas foutre les gens en camps de concentration ou les enfermer à la maison, ou faire des camps gigantesques pour maintenir les gens parce qu’ils ne vous obéissent pas. Sinon, vous tombez dans des choses qui nous rappellent une partie de la Seconde Guerre mondiale », n’hésite-t-il pas à dénoncer.

« Ce qu’on essaie d’imposer, c’est une opinion. Une opinion de cette nature, quand on menace les gens de ne plus les soigner ou de les enfermer, c’est de la dictature », insiste l’épidémiologiste qui fait référence aux propos de Martin Hirsch, désireux de remettre en question la gratuité des soins pour les personnes non-vaccinées.

Voir aussi : Martin Hirsch et la prise en charge de non-vaccinés : appels à sa démission… et propos démentis par les faits

Le professeur explique que refuser les soins aux personnes qui choisiraient de ne pas se vacciner reviendrait à refuser de traiter le cancer des poumons pour les fumeurs ou le cancer digestif pour ceux qui boivent de l’alcool. Une logique qui conduirait tout bonnement à mettre fin au système de Sécurité sociale, selon laquelle chacun souscrirait à une assurance privée qui prendrait en charge ses soins.

L’acceptation des mesures expliquée par la tendance de l’humain au conformisme et à l’obéissance

Selon Didier Raoult, l’acceptation sociale de ces restrictions s’explique par la tendance de l’humain au conformisme et à l’obéissance. À l’appui de son raisonnement, il cite d’une part l’expérience de Asch et d’autre part l’expérience de Milgram.

Voir aussi : « L’obéissance a toujours été plus dangereuse que la désobéissance civile » Sonia Delahaigue, psychologue

Le professeur évoque aussi les analyses de la célèbre philosophe Hannah Arendt sur le procès d’Adolf Eichmann, haut fonctionnaire nazi chargé de la logistique de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Assistant à tout le procès en Israël pour le New York Times, H. Arendt dressera le portrait non pas d’un monstre, mais d’un bureaucrate zélé qui se soumet aux ordres et qui ne semble, en vérité, obnubilé ni par la haine ni par l’idéologie.

Le choc de cette description donnera lieu, au début des années 60, à l’expérience la plus célèbre de toute l’histoire des sciences humaines, l’expérience de Milgram, qui confirmera la thèse de la philosophe : la soumission à l’autorité suffit pour transformer un homme ordinaire en bourreau.

« Vous ne pouvez comprendre la torture et la déportation qu’à la condition de comprendre ce qu’est l’obéissance », estime le directeur de l’IHU Méditerranée. Et d’ajouter : « La seule manière d’empêcher l’obéissance, c’est d’avoir des voix alternatives. Donc à chaque fois qu’on fait de la censure, qu’elle s’appelle fact-checking ou autre, on empêche l’obéissance à une voie unique. Bien entendu, il ne faut pas qu’il y ait une voix unique parce que vous ne savez pas où elle vous envoie. »

L’occasion pour lui de remercier tous ceux qui résistent au rouleau compresseur idéologique comme le directeur de recherche au CNRS, Laurent Muchielli, qui vient d’éditer un nouvel ouvrage, La Doxa du Covid: Tome 1 : Peur, santé, corruption et démocratie.

Une inquiétante adhésion à ce nouveau totalitarisme

Le spécialiste des maladies infectieuses attire l’attention sur le fait qu’aux États-Unis, un sondage a révélé que plus de la moitié des démocrates sont désormais favorables à ce que ceux qui refusent le vaccin contre le Covid soient enfermés, conséquence de lobbying idéologique.

À l’instar de la vaccination, le spécialiste des maladies infectieuses en profite pour rappeler qu’il s’agit là aussi d’une stratégie inefficace. Une analyse confirmée par l’université Johns Hopkins, qui conclut que les mesures de confinement ont eu très peu, voire aucun effet sur la mortalité liée au Covid-19, mais un coût économique et social désastreux.

Voir aussi : Les mesures de confinement n’ont eu aucun effet sur la mortalité Covid, d’après l’université Hopkins 

Cette analyse au vitriol du professeur intervient alors que plusieurs pays européens comme l’Angleterre et le Danemark mettent fin à l’intégralité de leurs restrictions sanitaires. Le gouvernement Macron va-t-il décider de suivre l’évolution de la science, ou s’engager toujours plus sur la voie totalitaire contre laquelle le professeur Raoult met en garde ?

Auteur(s): FranceSoir

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