Le front commun des policiers et des gendarmes face aux cambriolages

201809191387-fullUne policière et un gendarme sur un des contrôles, hier, entre Albi et Puygouzon. / photo DDM, MPV

Pour faire face à la hausse des cambriolages sur l’agglomération albigeoise (+7% en 8 mois), policiers et gendarmes ont décidé de mener une opération anti-cambriolages de façon conjointe

Les secteurs habituels de patrouille ne sont évidemment pas les mêmes, mais policiers et gendarmes ont les même problématiques. Parmi elles, les cambriolages. Entre les huit premiers mois de 2017 et les huit premiers mois de 2018, leur nombre est passé de 273 à 292 sur les communes d’Albi, Arthès, Saint-Juéry et Lescure. Plus 7 %. Avec des auteurs qui, parfois, peuvent venir d’autres parties du département. Policiers et gendarmes ont donc décidé d’unir leurs forces hier après-midi, sous l’égide de la cellule anti-cambriolage, en quatre points de l’agglomération. Entre les mains des 16 policiers et des 13 gendarmes sur le terrain pour l’occasion, une réquisition du procureur de la République leur permettant d’intercepter les véhicules et de fouiller les coffres. L’an dernier, une opération du même type sur le secteur du Séquestre avait permis d’interpeller deux cambrioleurs en flagrant délit, durant leur fuite.

Cette fois-ci, pas d’arrestation, mais une démonstration de force qui a néanmoins impressionné les automobilistes.

«Même si je perds cinq minutes sur mon temps de trajet, je trouve ça très bien, dit Agnès, 52 ans, de Carmaux, contrôlée sur la route de Puygouzon. J’ai été cambriolée il y a 6 ans. Psychologiquement, c’est un choc. Mais enfin, dans mon cas ils avaient retrouvé le voleur grâce à un joint qu’il avait laissé tomber dans la chambre de mon fils.» Elle ouvre le coffre de son utilitaire. À l’intérieur, un four emballé qui sort d’un grand magasin tout proche. «J’ai la facture si vous voulez», précise Agnès. «Pas de souci», répond le gendarme qui vérifie aussi les papiers.

La plaie des appels de phare

Salut amical entre Pascal, l’adjudant-chef, et Pascal, le compagnon d’Agnès. «Un beau prénom», sourit le gendarme sous le regard amusé d’Alexandre, le policier qui fait équipe avec lui. Mais la bonne humeur n’empêche pas le sérieux. «Des opérations comme celles-là, c’est enrichissant des deux côtés ; ça change. Et ça permet de resserrer les liens entre police et gendarmerie», commente Alex le policier, tandis qu’Alex le gendarme termine la fouille d’une camionnette blanche avec Virginie, détachée par le commissariat sur ce poste de contrôle. À 50 mètres en aval, de l’autre côté du rond-point, un autre gendarme se tient prêt, au cas où, un stop stick à portée de main. «En cas de tentative de fuite, la pression des roues fait sortir des pointes», explique la capitaine Lambert, aux commandes des 87 gendarmes de la compagnie d’Albi. Des motards de la police nationale tournent sur le secteur eux aussi, précédés de quelques minutes par Roland, Michel et Maxime (1), trois des «gros bras» du PSIG. Lunettes et uniformes noirs, on ne les repère pas dans leur voiture banalisée. Mais si le besoin se fait sentir, cette force d’intervention rapide de la gendarmerie peut prêter main-forte aux collègues en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Une condition toutefois, policiers et gendarmes ne manquent pas de le rappeler : que les automobilistes ne fassent pas appel de phare pour prévenir ceux qu’ils croisent après le contrôle. Ce serait dommage que des voleurs de retour de cambriolage le coffre plein changent de route et échappent ainsi au coup de filet.

(1) Leurs prénoms ont été changés

Source : La Dépêche

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