Le détroit d’Ormuz français s’appelle « ami entends-tu, …. sur nos plaines » et se chante « flash-mob » chaque samedi à 10H partout en France!
J’ai dû garder le silence pendant huit longues semaines.
Non par choix philosophique, ni par sagesse monastique, mais pour une raison beaucoup plus terre-à-terre : une sérieuse parenthèse médicale assortie d’une hospitalisation à rallonge.
À ce jour, la cause exacte de mes douleurs demeure un mystère médical. Pourtant, à Nîmes, on n’a pas lésiné sur les moyens : treize ponctions lombaires, au voisinage immédiat de la colonne vertébrale. À ce stade, je considère officiellement être devenu un terrain d’expérimentation homologué.
Faute d’avoir trouvé l’origine du problème, le corps médical a finalement décidé de me rendre à la vie civile, équipé toutefois d’un corset maintenant ma colonne vertébrale dans une dignité relative, ainsi que d’une béquille devenue ma plus fidèle collaboratrice.
Je progresse désormais en version « semi-Charlot » : pied droit récalcitrant, posture approximative, déplacement oblique à 45 degrés — seul angle géométriquement compatible avec une douleur acceptable.
Si la seconde hospitalisation ne révèle rien de plus, il ne me manquera bientôt qu’un melon et une canne en osier pour prétendre à une réincarnation crédible de Charlie Chaplin.
Cloué sur un lit d’hôpital, avec pour seule activité intellectuelle le dialogue forcé avec moi-même, j’ai eu largement le temps de penser.
Et mes pensées m’ont conduit jusqu’au détroit d’Ormuz.
Ce passage étroit, symbole mondial des tensions et des basculements, m’est apparu comme l’image parfaite de notre époque : celle d’une fin.
La fin d’un équilibre. La fin d’un « avant ».
Rien ne sera plus comme avant.
En France, notre détroit d’Ormuz à nous porte un autre nom : « pour » ou « contre ».
Il y a ceux qui approuvent tout, soutiennent tout, justifient tout.
Et puis il y a les autres. Ceux qui doutent, questionnent, résistent parfois — mais qui, paradoxalement, s’ignorent entre eux. Et c’est peut-être là leur plus grande faiblesse, alors qu’ils sont les plus nombreux.
Alors certains imaginent des moyens de se reconnaître.
Un signe discret. Un mot de passe sans en être un. Une mémoire commune.
« Ami, entends-tu… »
Quelques paroles suffisent parfois à révéler une sensibilité, une inquiétude, une appartenance morale.
L’idée serait simple : chaque samedi matin, sur une place de marché, dans une foire ou un lieu passant, quelqu’un distribuerait les paroles du « Chant des Partisans » et inviterait les passants à chanter. Non comme un folklore nostalgique, mais comme un symbole.
Car nul ne peut raisonnablement interdire ce chant.
Le faire reviendrait à s’attaquer non seulement à un hymne de la Résistance, mais aussi à toute une mémoire collective soigneusement célébrée lors des commémorations officielles.
Et l’époque est étrange : beaucoup invoquent la Résistance historique… à condition qu’elle reste strictement historique.
Le chant des partisans
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?
Ohé ! partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes…
Montez de la mine, descendez des collines, camarades
Sortez de la paille, les fusils, la mitraille, les grenades…
Ohé ! les tueurs, à la balle ou au couteau tuez vite !
Ohé ! saboteur, attention à ton fardeau… dynamite !
C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères,
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère…
Il y a des pays où les gens au creux du lit font des rêves
Ici, nous, vois-tu nous on marche et nous on tue, nous on crève…
Ici, chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe…
Ami, si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain, du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Sifflez compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute…
Gardez précieusement ce document. Il va vous servir chaque Samedi, même heure, même lieu…… (ici, ou ailleurs).
Sésame entre gens de bonne reconnaissance!
(textes et recherches effectués par KEG et finalisés et mis en place avec la participation de gptonline.ai)
Source : KEG
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