La touche stéphanoise dans l’ancienne gendarmerie de Saint-Tropez

1 000 personnes par jour, c’est le nombre de curieux qui se pressent dans le nouveau musée de la Gendarmerie et du Cinéma à Saint-Tropez, depuis son ouverture le 26 juin. Un nouvel espace à la scénographie léchée, pensée et créée par l’atelier stéphanois des Charrons.

Charlotte Soubeyrand et Pierre-Yves Guillot, scénographes et muséographes stéphanois, ont réalisé la mise en scène du musée de la Gendarmerie et du Cinéma à Saint-Tropez.  Photo Jérôme ABOU

Charlotte Soubeyrand et Pierre-Yves Guillot, scénographes et muséographes stéphanois, ont réalisé la mise en scène du musée de la Gendarmerie et du Cinéma à Saint-Tropez. Photo Jérôme ABOU

Mis à part le mariage de Louis de Funès à Saint-Étienne en 1936, le lien entre Saint-Tropez et la capitale forézienne n’est pas forcément évident. Pourtant, il y a un an et demi, Charlotte Soubeyrand et Pierre-Yves Guillot ont remporté un concours lancé par la mairie tropézienne pour réaliser la scénographie du nouveau musée de la Gendarmerie et du Cinéma. Associés depuis six ans, ils ont imaginé et mené le projet du début à la fin.

Entre réalité et fiction

C’est dans les locaux de l’ancienne gendarmerie tropézienne, que le musée a été aménagé. Près de 600 m² sont dédiés aux figures mythiques de Saint-Tropez, dans le respect du lieu et de l’histoire de la véritable gendarmerie. Ainsi, les parcours de Brigitte Bardot et Romy Schneider croisent ceux des burlesques Gendarmes de Saint-Tropez , dans un cadre où mobilier d’époque et éléments de décors se confondent. « Nous avons imaginé et créé des décors très immersifs. Des voitures d’époque sont positionnées devant un écran où sont projetés des extraits de Chabrol ou Rhomer. Les gens peuvent s’installer à bord et s’imprégner de l’atmosphère de l’époque », détaille Pierre-Yves Guillot. Il s’agit d’un musée très interactif où les spectateurs sont invités à ouvrir les tiroirs, se balader et expérimenter les différents objets de collection : « On travaille un peu comme des architectes, sauf qu’on doit construire des séquences et faire en sorte que tous les objets exposés soient en harmonie. Notre métier, c’est de mettre en scène, concevoir un espace qui a du sens » , complète Charlotte Soubeyrand.

Plusieurs thèmes sont abordés, avec notamment une salle dédiée aux grandes fêtes de Saint-Tropez. Par un système de verres à opacité commandée, l’esprit des grandes soirées des années 50, en lien direct avec le film mythique Et Dieu créa la femme , de Roger Vadim, laisse place à une ambiance plus « bling-bling » pour la transition avec le milieu festif actuel. « Nous avons également mis en place une séquence autour de la mode » , explique Pierre-Yves Guillot : « Par un système de vidéo projection, différentes tenues de l’époque sont présentées sur des mannequins. C’est un véritable spectacle, les gens voyagent. »

Documentation et anticipation

Lorsque l’on visite un musée, on est loin de se douter du travail colossal que cela représente… « On a visionné les films, vu et mesuré tous les objets de collection, et rencontré différents spécialistes pour trouver un fil conducteur. En fait, on est payé pour apprendre » , conclut Charlotte Soubeyrand.

Actuellement, le duo compte près de dix projets en cours, que ce soient des expositions temporaires ou permanentes. Preuve de la diversité des chantiers qu’ils supervisent, ils travailleront prochainement sur la scénographie d’un aquarium à Canet-en-Roussillon.

Source : Le Progrès

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