La question Ukrainienne

Nous n’allons pas ici remonter à l’époque où le Duc de Richelieu gérait la région d’Odessa, ni évoquer les affres de la guilde Anglo-Française lors de la guerre de Crimée sous Napoléon III. Nous nous bornerons à évoquer la situation de ce pays depuis 2004, point de départ de la crise actuelle. Toutefois, il faut tout de même rappeler qu’au 1er Décembre 1991, lors du référendum sur l’indépendance de l’Ukraine, les territoires russophones ont voté à 80 % positivement au séparatisme. Pourquoi un tel revirement en moins de 10 ans ? La direction atlantiste qu’a pris le pays où la corruption est notable et ses exactions envers les territoires russophones sont à l’origine du changement de cap de ces territoires.

La révolution Orange est le résultat de la propagande menée par le camp occidental suite à la proclamation le 21 Novembre 2004 du résultat du deuxième tour de l’élection présidentielle. Les protestations sont menées par Viktor Iouchtchenko et son alliée Ioulia Tymochenko, bien connue pour de multiples condamnations pour fraudes et blanchiment d’argent, plus corruptions diverses dans les années fin 90. En 2001, Tymochenko sera accusée et emprisonnée pour contrebande et falsification de documents. En 2011, elle fait encore l’objet de plusieurs poursuites judiciaires. Elle est condamnée à sept ans d’emprisonnement pour abus de pouvoir dans le cadre de contrats gaziers signés avec la Russie en 2009. Avec un tel CV, sa connivence avec l’ineffable Pavlo Lazarenko et sa volonté d’un rapprochement avec l’Europe et l’intégration à l’OTAN, on comprend bien que la « princesse du gaz » fait partie de l’oligarchie internationale ou du moins représente localement les intérêts bien entendus d’organisations américaines. La révolution Orange fut financée par les grandes fortunes du Clan de Donetsk qui ont fait fortune au début des années 1990 en mettant la main sur les industries lourdes du Donbass et par certains groupes financiers et politiques américains où le sinistre Soros est en tête de liste. L’administration Bush a soutenu Viktor Iouchtchenko à hauteur de 65 millions de dollars.

Il faut bien comprendre que la révolution Orange suit la révolution des Roses en Géorgie de Novembre 2003. Nous voyons bien là l’agressivité géo-politique américaine contre la Russie dans ces mouvements d’influence. Elle s’inscrit aussi dans le but d’isoler la Russie dans le cadre de la stratégie du « double endiguement ».

A l’issue de cette « révolution », les élections donnent gagnant comme par enchantement Viktor Iouchtchenko. Dans la période du trouble organisé, une loi réformant la Constitution ukrainienne a été promulguée à la suite d’un accord conjoint entre le pouvoir encore en place et Viktor Iouchtchenko. Cette réforme renforçait le pouvoir du premier ministre, du parlement en affaiblissant de fait les compétences du Président. Le prochain grand échec de l’élan impulsé par la révolution orange provient du fait que le régime politique sous la présidence de Iouchtchenko a été instable, entaché par les crises politiques et les querelles de pouvoir entre le Président et les Premiers Ministres successifs, ainsi qu’au sein du Parlement.

Par ailleurs, nous voyons bien que la court suprême d’Ukraine comme notre conseil constitutionnel est aux mains de l’oligarchie américaine en invalidant les plaintes de Viktor Ianoukovytch pour fraudes électorales. Le camp occidental est dès lors au pouvoir et fera afficher l’enthousiasme de L’Union européenne pour ce nouveau régime pro-occidental.

La lamentable politique générale et économique de Viktor Iouchtchenko lui fait perdre tout crédit auprès de la population. Ses positions et actes russophobes prouvent bien que son cercle de collaborateurs méconnaissent les réalités démographiques et sociologiques de ce pays. Le régime politique sous sa présidence a été instable, entaché des divergences d’opinion au sein de son gouvernement et de querelles de pouvoir. Son gouvernement est resté lié à certains intérêts industriels et les crises politiques via le Parlement ont provoqué des dysfonctionnements majeurs. La vie politique a été aussi entachée par la corruption de nombreux acteurs du domaine judiciaire et législatif.

Aux élections de 2010, Viktor Iouchtchenko ne recueille que 5,45 % des voix. Un désaveu général s’il en est. Viktor Ianoukovytch est élu.

En Novembre 2013, l’Ukraine dirigée par ce dernier ne signe pas les accords d’association entre son pays et l’Union Européenne. Fatalement, le grand cirque de 2003 reprend sa parade (Euromaïdan) dans les rues. Les drames engendrés par ces manifestations entraînent la destitution de Viktor Ianoukovytch le 22 Février 2014. La CEDH dirigée en sous-mains par Soros l’accuse de violation massive des droits de l’homme à l’occasion de ces affrontements.

La Crimée réagit la première en organisant un référendum pour ou contre son rattachement à la Russie. Le oui l’emporte et provoque le bis repetita des autres provinces ukrainiennes russophone, notamment le Donbass. Toutes ces provinces veulent se séparer du gouvernement ukrainien en place.

Le gouvernement intérimaire est dirigé par les pro-européens Oleksandr Tourtchynov et Arseni Iatseniouk.

Le 23 Février, juste après le changement de pouvoir, les Euromaïdan sont minoritaires dans le sud-est, notamment à Donetsk, Louhansk et à Kharkiv. Ils veulent déboulonner les statuts de Lénine, mais sont empêchés par les anti-Euromaïdan . Ce même jour, dans la ville de Kharliv, les pro et les anti s’affrontent sur la place de la Liberté.

L’Est du pays ne reconnaît pas les nouvelles institutions et surtout ses décisions telle l’abrogation de la loi sur les langues régionales qui retire au russe, au roumain, au hongrois et au Tatar le statut de langue officielle dans 13 des 27 régions, soit tout l’Est et le Sud du pays, alors que 91 % de la population d’Ukraine parle Russe. Ceci nous rappelle la décision de la IIIème république d’imposer le Français partout dans notre pays ce qui provoque actuellement toujours des indignations. Toujours, cette volonté met le feu aux poudres. Dans le sud-est, des brigades d’autodéfense sont créées, notamment à Sébastopol. Dans cette ville, où se trouve une importante base navale louée par l’Ukraine à la flotte de la mer Noire Russe ainsi qu’une population russophone, un nouveau maire pro-russe, Alexeï Tchaly, est élu à main levée pour « le retour à la stabilité ». Début Mars 2014, la république autonome de Crimée est de facto détachée de Kiev. Le 18 Mars, à la suite d’un référendum sur le statut de la péninsule de Crimée qui s’est tenu le 16 Mars, la Russie et la République de Crimée signent un traité entérinant le rattachement de la république à la Fédération de Russie. Dans le courant du mois d’avril, les pro-russes prennent d’assaut les bâtiments de plusieurs villes des Oblasts de Donetsk et de Lougansk et proclament l’indépendance des deux régions en tant que République populaire de Donetsk et de Lougansk. Des référendums d’autodétermination sont organisés afin de valider cette indépendance. Une très large majorité de voix favorables l’emporte. Ces deux entités ne sont pas reconnues par l’ONU, comme c’est curieux.

Le 5 Septembre 2014, un premier accord de Minsk est négocié et signé pour faire cesser la guerre du Donbass. Toutefois, cet accord sur douze points censé établir un cessez-le-feu, ne perdure que quelques semaines. En Janvier 2015, les combats s’intensifient et l’armée séparatiste pro-russe progresse. Le 12 Février 2015, Hollande, Merkel, Porochenko et Poutine signent le deuxième accord de Minsk. Ce nouvel accord de cessez-le-feu prévoie l’arrêt des combats et de l’engagement des différentes parties belligérantes. Sur cette feuille de route de treize points, les élections sur l’ensemble du territoire du Donbass est un point pivot sinon majeur. Depuis cet accord, le conflit a baissé d’intensité, mais des combats sporadiques ont encore eu lieu jusqu’en 2019. L’accord MinskII reste la référence pour résoudre le conflit de façon durable et a notamment été au centre des discussions lors de la rencontre de décembre 2019, dite « au format Normandie », en présence du nouveau président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Ce dernier, « comique » de son état, où à partir de 2015 est l’acteur principal de « Serviteur du peuple », une émission télévisée humoristique diffusée sur la chaîne 1+1 dans laquelle il incarne un professeur de lycée intègre accédant de façon inattendue à la présidence de l’Ukraine. Ce rôle lui permet d’acquérir une importante notoriété dans son pays et de fait, conditionne le mental de la population pour le soutenir électoralement dans la vraie vie. Si ce n’est pas du conditionnement, de l’acceptation subliminale orchestrée, qu’est-ce donc ?

Jusqu’en 2022, la situation en Ukraine est stable, dans la mesure où les escarmouches plus ou moins violentes font parties de l’ambiance générale, calmées souvent par des « trêves » et des échanges de prisonniers, où un jeu juridique de portée internationale enlise les choses, où les menées de l’OTAN et les autres intérêts bien pressentis gangrènent le conflit. Quant aux « sanctions » économiques, elles sont d’une inefficacité redoutable au point où le moindre Padawan se demande s’il y a toujours un peu de réflexion chez nos dirigeants. Il est à noter, que depuis 2003, l’armée privée Academi (ex Blackwater) est observée dans des opérations « huile sur le feu » et dans le soutient des forces Ukronazies telle Arzov.

En corollaire, pour éclaircir les menées souterraines, l’Assemblée générale de l’ONU a examiné en décembre 2021 un rapport sur « L’élimination du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance qui y est associée », contenant deux projets de résolution. En réalité, la résolution s’arrête à « Combattre la glorification du nazisme, du néonazisme et d’autres pratiques qui contribuent à alimenter les formes contemporaines de racisme , de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance qui y est associée ». Par un vote enregistré de 130 voix pour, 2 voix contre (Ukraine, États-Unis), avec 49 abstentions, l’Assemblée a adopté le projet de résolution.

Depuis 2018, l’ONU travaille à la création d’une armée Européenne non membre de l’OTAN. A ces premiers jours de Mars 2022, il y a foule à ses portes pour en être. La soumission des pays Européens envers les USA est totale. Les retardataires individuels l’ont tout de même enfin bien compris lors de la crise Covid.

En 2019, une avancée significative s’opère du fait de l’élection de Zelensky au 21 Avril 2019. Des échanges de prisonniers, retrait des troupes belligérantes des trois secteurs clefs de la ligne de front, restitution à l’Ukraine des trois navires capturés lors des incidents du détroit de Kertch. Bref, des avancées notables dans le processus de paix. Le 9 Décembre 2019, une réunion à l’Élysée réunissant Merkel, Macron Poutine et Zelensky se fait. Les discussions portent sur l’application de Minsk II qui n’a jamais été respecté par le camp Occidental comme le souligne répétitivement Poutine. 20 Jours plus tard, un énième échange de prisonniers s’opère. Par ailleurs, c’est le Statu quo diplomatique, économique et politique chez nos autistes occidentaux.

En Décembre 2021, la Russie demande dans un projet d’accord, que les USA, ses alliés et autres partenaires via l’OTAN de ne pas élargir cette dernière à l’Ukraine et qu’ils retirent leurs forces militaires des pays issue de l’ex URSS et du bloc de l’Est Européen.

Le 17 Février 2022, les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk annonce l’évacuation des civils vers la Russie. Le 18 février, les deux républiques ont proclamé la mobilisation générale suite à un regain de tension dans le Donbass. Le même jour, un véhicule portant des plaques d’immatriculation attribuées au chef de la police de Donetsk, Denis Sinenkov, explose sans faire de blessé. Le 21 février 2022, lors d’une allocution télévisée, Vladimir Poutine annonce la reconnaissance russe de l’indépendance de ces républiques et les forces armées russes envahissent l’Est de l’Ukraine contrôlé par les séparatistes pro-russes. L’invasion ce fera le 24 Février 2022 au matin. Les troupes russes pénètrent le territoire ukrainien par la frontière russe, la Crimée et la Biélorusse. Plusieurs sites militaires sont ou détruits ou rendus inopérationnels. Qu’ont fait nos élites en ces deux jours de « vacation », laissant ainsi un champ entier ouvert et libre pour le corps diplomatique de toute nature pour tenter une action de paix ? Ils ont envoyé leurs estafettes pour organiser dans leurs cercles de vassaux la propagande enrôlant les esprits des gueux occidentaux contre Poutine . Toutes les affres socio-économiques de la terre, contenues jusqu’alors par les tours de prestidigitateur de nos dirigeants, s’abattent sur nous à cause de lui. La ficelle est usée, mais elle est toujours dramatiquement opérante dans les esprits éteints.

Sur le terrain, nous voyons que la France et l’Allemagne envoient des armes légères qui ne servira que la guérilla. L’idée est de mettre le chaos dans l’Ukraine comme ils l’avaient fomenté naguère dans l’ex Yougoslavie, la Libye ou encore au Liban. Par ailleurs, nous observons l’ambition nouvelle de l’Allemagne de devenir la première puissance militaire d’Europe grâce à cette crise. Juridiquement, elle ne peut pas le faire, mais comme la volonté de l’Allemagne n’est que le désir souterrain des USA depuis 45, relayé par l’Europe aux ordres elle aussi de ce même appétit hégémonique Yankee, quelques manipulations constitutionnels et des traités antérieurs ne semblent pas être de l’ordre de l’impossible.

En Mars 2022, nous apprenons l’existence de 26 laboratoires P4 sur le sol Ukrainien animé par les USA. Est-ce que le réseau Fauci est directement impliqué dans ces bouillons de culture ? Dans l’acte, il y a eu dans les premiers mois de cette année, une recrudescence anormale de poliomyélite dans la région russophone du Donbass ce qui aurait, d’après certains observateurs avisés, provoqué pour arrêter un génocide via le biologique le déclenchement de l’invasion Russe. Suite à cette découverte, la Chine qui connaît bien la perfidie de l’état profond américain suite à l’affaire Wuhan, a demandé des explications à Washington. Nous comprenons bien que l’état profond américain ne recule en rien pour atteindre ses objectifs pernicieux. Victoria Nuland, numéro 3 de la diplomatie américaine, vient de confirmer la présence de laboratoires de recherche biologique en Ukraine.

En ce jour du 12 Mars 2022, nous apprenons par la bouche de Vassily Nebenzia, représentant permanent de la Russie lors d’une réunion d’information du conseil de sécurité des nations unies (CSNU) que les laboratoires Ukrainiens travaillaient sur l’amélioration des propriétés pathogènes de la peste, de l’anthrax, de la tularémie, du choléra et d’autres maladies mortelles par le biais de la biologie de synthèse. Ces laboratoires sont financés et supervisés par l’agence américaine DTRA (rhreat reduction agency).

Pour sortir de cette crise où les enjeux comme d’habitude sont multiples, dont le métapolitique est supérieur à tous les autres, il faut que l’Ukraine devienne soit une entité fédérale du type Suisse où une flopée de républiques autonomes. Peut-être que scinder le pays en deux blocs basées sur les réalités ethno-historiques serait le plus à propos. Quoi qu’il en soit, la population souffre et ce n’est pas en attisant les vieilles rancœurs d’autrefois comme le fait l’Open Society de Soros que les choses vont se calmer. Cette dernière utilise l’héritage émotionnel de groupe pour entretenir des conflits contre-productifs pour la stabilité et le développement heureux de ce pays. Si l’Est de ce pays est franchement Russe, l’Ouest est composé par le reliquat historique de Polonais, de Hongrois, de Moldave et de Roumains. C’est cette partie du territoire qui a souffert le plus de la famine organisée par les bolcheviques de Staline en 1923. Plus de 3 millions de morts de faim laissent des traces notables et des appels à la vengeance. Le bataillon Arzov, fer de lance des Ukronazis est le plus bel exemple local de la haine anticommuniste historiquement justifiée. Au XXIème siècle, est-ce bien pertinent d’entretenir la flamme du ressentiment ? Tout esprit raisonnable et au cœur consensuel devrait s’imposer. Il devrait apaiser les choses et insuffler une ère nouvelle de concorde et de progrès. En attendant observons la suite des événements.

Signé : WD

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