La lutte des classes est le moteur de l’histoire

Par Normand Bibeau et Robert Bibeau.
Les camarades s’expriment étrangement en opposant le « Chaos » à la « lutte des classes » comme si la « lutte des classes » était un choix facultatif. Voir l’article : Trois jours de grève générale en Belgique (GIGC/IGCL) – les 7 du Québec et https://les7duquebec.net/archives/303787
Jamais MARX, ENGELS ou LÉNINE n’ont fait de « la lutte des classes » un « choix » qu’aurait à faire le prolétariat puisque indépendamment de la volonté de quiconque, fut-il prolétaire : « la lutte des classes est le moteur de l’histoire » comme l’ont affirmé MARX et ENGELS, entre autres, dans « Le Manifeste du Parti communiste ».
Jamais LÉNINE avant la Révolution d’Octobre n’a dit aux révolutionnaires bolcheviques : « Barbarie ou lutte de classes » ou « Barbarie ou Soviets », au contraire, il a proclamé : « TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS DES OUVRIERS, PAYSANS ET SOLDATS SOUS LA DIRECTION DU PARTI BOLCHEVIQUE » car l’activité révolutionnaire est une science sociale soumise aux principes et aux règles de la «lutte des classes» inévitables… là où il y a oppression il y a résistance.
Pourquoi s’exprimer d’une manière aussi étrange ? Les camarades craindraient-ils de s’aliéner la petite-bourgeoisie en affirmant que le prolétariat pourrait « choisir » la « lutte des classes » et possiblement renverser le mode de production capitaliste (MPC) et faire disparaitre ses classes antagonistes (capitalistes vs prolétariat) ?
Dans la même logique étrange de « liberté de choix », transposition du « droit à la dissidence », ils proclament : « BARBARIE ou GUERRE DE CLASSES » qu’est-ce à dire ? Sous la dictature mortifère, en passe de devenir génocidaire, de la bourgeoisie, le prolétariat aurait un « CHOIX » et non plus une mission historique de faire la RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE et D’INSTAURER SA DICTATURE et pourrait « choisir » au risque de préférer la « BARBARIE » comme le fit le prolétariat mondial à l’occasion des deux dernières Guerres mondiales et d’un nombre incalculable de guerres locales et régionales, sous le matraquage idéologique, politique et militaire de la bourgeoisie et la trahison des dirigeants sociaux-démocrates et diverses gauches soudoyés par la bourgeoisie.
Les camarades doivent abandonner les mots d’ordre ambigus et faussement racoleurs et proclamer haut et fort que « la lutte des classes » n’est pas facultative : « la lutte des classes est le moteur de l’histoire » : « maîtres et esclaves, barons et serfs, bourgeois et prolétaires » comme l’enseigne le matérialiste dialectique et historique, le MARXISME.
Ce qui est « facultatif » : c’est de combattre pour l’émancipation du prolétariat et partant, de toute l’humanité ; combattre l’exploitation de l’immense majorité des travailleurs par une poignée d’exploiteurs capitalistes par la révolution prolétarienne et l’anéantissement de la bourgeoisie sous toutes ses formes et sous tous ses oripeaux OU servir ces exploiteurs capitalistes et maintenir le prolétariat sous cette dictature bourgeoise barbare et inhumaine qui conduit l’humanité à son anéantissent dans une guerre mondiale apocalyptique thermonucléaire qu’ils préparent fébrilement.
Poursuivons notre analyse de l’expérience marxiste de la lutte de classe
Voir ici : Trois jours de grève générale en Belgique (GIGC/IGCL) – les 7 du Québec et https://les7duquebec.net/archives/303787
LÉNINE posa la question du rôle des « Soviets des ouvriers, des travailleurs agricoles, des paysans et des soldats » dans une perspective MARXISTE de la lutte des classes dans ses « Thèses d’avril » 1917 alors qu’il écrivait :
« Pas de république parlementaire, mais une république des Soviets de députés ouvriers, salariés agricoles et paysans dans tout le pays», avec OBLIGATION pour les bolcheviques de CONQUÉRIR POLITIQUEMENT LA MAJORITÉ DES OUVRIERS, TRAVAILLEURS AGRICOLES ET PAYSANS et pour ce faire, LÉNINE ordonna aux bolcheviques d’entreprendre un travail courageux, patient et minutieux d’explication et de clarification MARXISTE au sein des masses sur la nécessité de CHASSER DU POUVOIR LES CAPITALISTES, LES FÉODAUX ET LEURS AGENTS AU SEIN DE L’ÉTAT, DES MÉDIAS ET DES SOVIETS sous le mot d’ordre révolutionnaire : « EXPLIQUER PATIEMMENT » lancé par Lénine en 1917.
Ainsi, LÉNINE fit de la question de la direction des Soviets choisis par les prolétaires eux-mêmes, l’unique OBJECTIF des marxistes.
Après les journées de juillet 1917 et la répression massive qui frappa les bolcheviques, LÉNINE, dans «L’État et la révolution» écrivit : « La catastrophe imminente et comment la combattre» :
Les Soviets peuvent perdre leur rôle révolutionnaire et devenir des organes auxiliaires de la bourgeoisie, tant qu’ils sont dirigés par des partis opportunistes, d’où sa conclusion révolutionnaire :
« LES SOVIETS SANS LES BOLCHEVIQUES NE SONT RIEN ».
Ce n’est qu’après que les bolcheviques eurent pris la direction révolutionnaire des SOVIETS que LÉNINE proclama le mot d’ordre révolutionnaire :
« TOUT LE POUVOIR AUX SOVIETS », « IL FAUT PRENDRE LE POUVOIR IMMÉDIATEMENT. LE POUVOIR DOIT PASSER AUX SOVIETS » ( Lettre au Comité central, septembre 1917).
AINSI, la Révolution d’Octobre est organisée par le Parti et le Congrès panrusse ratifie la prise du pouvoir des « Soviets des ouvriers, paysans et soldats » alors fermement dirigés par les bolcheviques.
Les Soviets deviennent la forme politique de la dictature du prolétariat soviétique :
1- élus par les ouvriers, paysans et soldats ;
2- révocables en tout temps ;
3- liés à la production ;
4- liés aux masses comme la chair à l’ongle.
En conclusion, LÉNINE mit la DOMINATION SANS PARTAGE DE LA DIRECTION DES SOVIETS PAR LES BOLCHEVIQUES COMME CONDITION ABSOLUE À LA RÉUSSITE DE LA RÉVOLUTION ET DU RÔLE DES SOVIETS DANS LA RÉVOLUTION.
À cet égard, LÉNINE se distingua de Rosa Luxembourg pour qui le « pluralisme des partis ouvriers non-marxistes étaient essentiels » et que « la liberté était supérieure à la science » et que « le MARXISME, de facto, ne devait pas être dominant » (« La Révolution russe »,1918) et de Pannekoek pour qui « la domination d’un parti fut-il marxiste constituait une aliénation », que « le Parti n’avait qu’un rôle d’éducation » et qu’enfin « spontanément des ouvriers pétris d’idées bourgeoises depuis leur naissance pouvaient tout diriger révolutionnairement par miracle ».
Chacun sait maintenant ce qu’il est advenu de la Révolution spartakiste menée par Luxembourg et Liebnieck : elle fut noyée dans le sang et les nazis prirent le pouvoir. La Révolution de Pannekoek ne vit jamais le jour en Hollande.
S’agissant « de juger l’arbre à ses fruits », l’arbre bolchevique (URSS) fut temporairement plus prolifique que ceux de Luxembourg (Allemagne, Hongrie) et de Pannekoek (Nederland). LÉNINE tenta d’appliquer le MARXISME, le matérialisme dialectique et historique, la science révolutionnaire du prolétariat aux conditions de la Russie tsariste, féodale, non industrialisée et archaïque.
Soixante dix années plus tard la république des Soviets de toutes les Russies, l’URSS, et son glacis – son empire – de protectorats « socialistes bourgeois » d’Europe de l’Est ainsi que les « États-nations » bureaucratiques et capitalistes d’État à travers le monde s’écroulèrent victimes des contradictions du capitalisme décadent. Voir l’article : La crise monétaire en quelques étapes, puis la récession s’installe mondialement – les 7 du quebec
Jamais LÉNINE ne renonça à conquérir l’adhésion du prolétariat à la science marxiste, au contraire, il fit mener aux communistes prolétariens un « patient, courageux et laborieux travail d’éducation communiste au sein des masses et ainsi les bolcheviques conquirent leur soutien révolutionnaire ». Auparavant dans « QUE FAIRE ? » Lénine avait défendu ce devoir d’éducation révolutionnaire des marxistes au sein de leur propre organe de propagande en guerre avec les médias de la bourgeoisie.
Conjugué au présent, ces enseignements commandent aux authentiques marxistes de réinvestir TOUS les SYNDICATS et TOUTES LES ORGANISATIONS POPULAIRES afin d’y entreprendre une lutte de classes prolongée.
Bien qu’il soit juste de conclure que les syndicats et les organisations populaires soient passés sous le contrôle des opportunistes au service de la bourgeoisie, cela ne doit jamais signifier que nous abandonnons les syndicats des prolétaires et les organisations populaires à la dictature de la bourgeoisie, au contraire, ce contrôle fasciste ne peut être que momentané car inexorablement, les intérêts économiques du prolétariat sont antagonistes à ceux des bourgeois, leurs patrons. Même les renégats syndicalistes bourgeois ne peuvent changer cette réalité économique absolue.
Les révolutionnaires prolétariens internationalistes doivent OSER LUTTER, ILS DOIVENT OSER VAINCRE EN INSTRUISANT AVANT DE DIRIGER LE PROLÉTARIAT DANS SA MISSION HISTORIQUE DE FAIRE LA RÉVOLUTION EN MENANT LA LUTTE CONTRE LA BOURGEOISIE.
PROLÉTAIRES DU MONDE ENTIER, UNISSEZ-VOUS ET MENEZ LA LUTTE DE VOTRE CLASSE POUR RENVERSER LA BOURGEOISIE.
Source : Les 7 du Québec
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