La gendarmerie amplifie sa traque contre les cambriolages

La gendarmerie nationale lance une nouvelle application disponible sur smartphone pour se prémunir contre les cambriolages domestiques. Un nouveau système qui vient s’ajouter à une panoplie de dispositifs déjà conséquente.

Ecluse

Citée comme l’un des objectifs primordiaux par la préfecture de l’Essonne et par les forces de l’ordre, la lutte contre les cambriolages vient de franchir un nouveau cap en ce début novembre, avec la mise en place d’une nouvelle application. Jugée « préoccupante » par le Préfet de l’Essonne Bernard Schmeltz, la situation des cambriolages aux domiciles des Essonniens « doit faire l’objet d’un plan de lutte accru ». Et cela, même si la courbe des vols domestiques tend à s’inverser par rapport à l’année dernière. Sur les dix premiers mois de l’année 2014, la gendarmerie a enregistré « une baisse de 30% par rapport à la même période de l’année 2013, avec un taux de résolution des affaires qui augmente de 20% », affirme le colonel Sylvain Duret, qui commande la brigade de la gendarmerie de l’Essonne. De bons résultats sur la zone gendarmerie « qu’il faut poursuivre », ajoute le Préfet.

C’est donc dans ce cadre qu’un nouveau dispositif a vu le jour sur le département ce mardi 4 novembre. Un système qui vient s’additionner aux dispositifs déjà existants sur notre territoire, à l’image de « Alerte Agri 91 », destiné au monde agricole, ou encore de l’opération « Absence tranquille », qui a permis une diminution probante du nombre de cambriolages dans les communes durant la période estivale.

 

Se prémunir contre les cambriolages

 

Depuis début novembre donc, l’Essonne s’est dotée d’un nouveau système dans la lutte contre les vols. Son nom : l’application « Stop Cambriolages ». Imaginée et mise au point dans le département de l’Hérault pour « prévenir les habitants des cambriolages près de chez eux », comme l’explique le major Philippe Renoncourt, référent sûreté, le système s’est progressivement répandu en France. « Aujourd’hui, nous sommes le 21ème département à le mettre en place. Nous sommes cependant le premier en Ile-de-France », poursuit le major Renoncourt.

Cet outil gratuit réadapté par la gendarmerie de l’Essonne aura deux objectifs principaux. Tout d’abord, l’un des buts premiers est d’alerter les populations en temps réel qu’un fait se produit sur le département. Comment cela est-il possible ? Par le biais de notifications ; soit par mail, SMS, ou simplement par la page d’accueil de l’outil disponible sur un smartphone. « Le but étant de rester vigilant » annonce le Préfet.

Toutes les informations ne seront pas remontées aux usagers qui utilisent l’application pour éviter de noyer les personnes dans un flux d’actualités. « Trop d’info tue l’info, résume le major Renoncourt. D’autant plus que nous enverrons que des informations sur des faits avérés afin de ne pas renforcer le sentiment d’insécurité chez les personnes ». À terme, la gendarmerie souhaite également géolocaliser les informations, « afin qu’un habitant de Milly-la-Forêt ne reçoive pas des notifications provenant de Limours », indique le colonel Sylvain Duret.

Outre l’information à chaud, le second but est de conseiller et d’informer les populations. Sur la page d’accueil du site, la gendarmerie met à disposition des usagers de nombreuses indications. Grâce à différents onglets, des renseignements sont présents pour vous aiguiller vers la brigade la plus proche de chez vous en cas de problème, pour vous prémunir contre les cambriolages ou encore pour signaler votre départ en vacances aux gendarmes afin qu’ils procèdent à des patrouilles plus fréquentes devant votre domicile. Pour ce dernier point, il s’agit du dispositif déjà existant « Absence tranquille » qui est présenté sur l’interface de l’application « Stop cambriolages ».

 

Maintenir en éveil la population

 

Avec ce nouvel outil, l’objectif est de sensibiliser la population dans la lutte des cambriolages. « L’idée est simple, cette application renvoie à une nouvelle conception de la sécurité publique, assure Le Préfet Bernard Schmeltz. La sécurité publique ce n’est pas uniquement que la police et la gendarmerie qui remplissent leurs missions, mais c’est une interaction entre les forces de l’ordre et les populations à protéger ». Pour autant, il ne s’agit pas de transformer les populations essonniennes en « shérifs, car elles ne doivent en aucun cas remplacer les forces de l’ordre dans leur fonction et agir seules, reprend le Préfet. Le but est juste de remplir son rôle en prévenant les forces de l’ordre ».

Faire la place à la participation citoyenne, voilà donc ce qui serait l’une des clefs pour lutter contre les cambriolages. Dans la majeure partie des villes ayant mis en place un système comme « Absence tranquille » ou encore des « Voisins vigilants », les chiffres parlent d’eux-mêmes. Certaines communes comme Gif-sur-Yvette, Mennecy, Gometz-la-Ville ou encore Nozay ont vu leur nombre de vols fondre comme neige au soleil en un an. Alors que pour les communes n’ayant pas adopté un système de surveillance, « les chiffres sont stables, voire ont augmenté », confirme un gendarme.

L’Essonne compte actuellement près de 30 communes ayant signé une convention impliquant une participation citoyenne. « Il y a une appropriation de la sécurité par les habitants des communes concernées. Cette veille active de la population se traduit par des appels. Ils ont d’ailleurs augmenté de 15% par rapport à l’an passé. Certes, il y parfois des gens qui appellent pour pas grand-chose, mais cela permet de projeter des gens sur le terrain et c’est hautement dissuasif », analyse le colonel Duret.

Cette application vient ainsi compléter une panoplie d’outils déjà nombreux. La police essonnienne devrait s’approprier ce service et le proposer aux usagers courant 2015 pour ce qui concerne le nord du département. D’ici là, un autre dispositif pourrait faire son apparition, celui consacré aux vols chez les commerçants. Durement touchés avec une hausse de 36% des infractions et cambriolages par rapport à 2013, les commerçants pourraient voir arriver leur équivalent de « l’Alerte Agri 91 » dans les prochaines semaines.

Source : Essonne Info

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