Interpellé sans motif valable le 1er mai, Ilan (17 ans) témoigne: « On m’a caché la tête comme si j’étais un grand terroriste »

Auteur(s) France-Soir Publié le 05 mai 2023 – 12:52

Ilan, 17 ans, lycéen.
F. Froger / Z9, pour FranceSoir

ENTRETIEN ESSENTIEL – En marge d’une manifestation de contestation contre la loi retraites, des mineurs ont-ils subi une arrestation arbitraire et abusive ? Ilan Gabet, 17 ans, est lycéen. Il se présente comme « un militant actif dans la défense des droits humains et fervent défenseur de la démocratie et des libertés fondamentales. »

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Le 1er mai dernier, en soirée, il se promène paisiblement aux alentours de la place de la République en compagnie de deux de ses amis. Vers 21 heures, à la sortie d’un fast-food, des forces de l’ordre décident d’interpeller les trois jeunes gens. Plaqué contre un mur, Ilan est menotté. « On décide arbitrairement de nous cacher le visage », dit-il. « On me cache la tête comme si j’étais un grand terroriste », s’indigne-t-il.

Les amis sont alors embarqués dans un fourgon, autour duquel la police installe un cordon de sécurité. Le capitaine jubile, selon Ilan, et le fait savoir : « C’est une bonne prise », lance-t-il. Motif de l’interpellation ? « Participation à un groupement armé », alors que, suite à une fouille de leurs sacs à dos, les jeunes gens ne disposent d’aucune arme sur eux… et sont mineurs.

Transféré dans une voiture, Ilan est molesté au bras longuement par un policier. « Pourquoi il fait ça ? C’est honteux », dit Ilan, affligé par ce comportement. Les menottes sont retirées. Le troisième jeune, âgé de 13 ans, est libéré avant que les deux amis restants soient transférés à Asnières (Hauts-de-Seine) à 23h30. 

La tension demeure et de nombreuses scènes « ubuesques » vont encore se produire durant cette garde à vue qui se poursuit à l’hôpital pour qu’Ilan y reçoive des soins. Le lendemain, il est présenté à un OPJ, officier de police judiciaire. 

Le lycéen va porter plainte contre la police qui l’a interpellé sans motif valable, d’après lui. Il veut que « justice soit faite » et rappelle, doctement, qu’une arrestation arbitraire peut entraîner « une condamnation à 7 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende, selon 432-4 du code pénal ». 

« On est en République. On ne peut pas faire ce genre de chose. Je suis attaché à l’État de droit », affirme Ilan.

Source : France Soir

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