Ille-et-Vilaine. Les stups au volant, un défi pour les gendarmes de la route

f88ffcfe7044e40d9da8b6cc04162eff-ille-et-vilaine-les-stups-au-volant-un-defi-pour-les-gendarmes-de-la-routeDépistage de drogue, d’alcoolémie… Les gendarmes de l’EDSR se concentrent sur les infractions les plus graves. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Le capitaine Hubert Courville, patron de l’escadron départemental de sécurité routière d’Ille-et-Vilaine, est nommé à Tours. En trois ans, il a constaté une hausse des conduites sous stupéfiants dans le département. Entretien.

La conduite sous stupéfiants est l’infraction qui augmente le plus dans le département. Quelques chiffres ?

Ces infractions sont en hausse chaque année, de 10 à 20 %. Il y en avait 490 en 2016 en Ille-et-Vilaine ; 652 en 2018. Depuis deux ans, nous avons à notre disposition un outil de dépistage efficace et rapide. Il détecte les substances actives, pas le cannabis consommé il y a plusieurs jours. Le dépistage salivaire peut se faire en trente minutes sur le bord de la route. On recherche quatre familles de substances : cannabis, cocaïne, opiacés, amphétamines. Avant, il fallait conduire l’automobiliste à l’hôpital pour une prise de sang. La procédure prenait alors trois à quatre heures.

En matière de prévention, il reste beaucoup à faire ?

Comme l’alcool, les stupéfiants modifient le comportement du conducteur, sa perception visuelle, ses réflexes. Il a fallu une trentaine d’années pour faire passer le message concernant l’alcool. Les jeunes ont, pour la plupart, de bons réflexes : ils s’organisent pour dormir sur les lieux de la fête ou désignent un conducteur qui reste sobre. Pour les stups, tout reste à faire. C’est le défi de demain, un gros chantier pour la sécurité sur nos routes.

Le capitaine Hubert Courville quitte ses fonctions à la tête de l’EDSR, un escadron qui compte 70 gendarmes en Ille-et-Vilaine. L’officier rejoint l’EDSR à Tours. | OUEST-FRANCE

Des conducteurs sont prêts à tout pour échapper au contrôle…

La grande majorité des automobilistes respectent les règles. Une minorité, par contre, est hermétique à tout. On ne cherche pas à faire du chiffre, à sanctionner à tout prix, mais à agir sur les causes des accidents, sur les comportements dangereux. On se concentre sur les infractions les plus graves : l’alcool, les stupéfiants, les grandes vitesses, le refus d’obtempérer. Effectivement, certains sont prêts à tout : rouler à contresens à une vitesse hallucinante, prendre des ronds-points à l’envers… C’est un phénomène qui nous inquiète.

 

2019-07-08 OF(1)Source : Ouest-France

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