Guerre en Ukraine : la Bulgarie claque la porte de la coalition des volontaires
Auteur(s) M. A. Publié le 16 juillet 2026 – 14:02

Rumen Radev
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Sofia claque la porte. La Bulgarie n’a pas sa place au sein de la coalition des volontaires, cette initiative créée par le démissionnaire Premier ministre britannique, Keir Starmer, et le président français Emmanuel Macron pour soutenir Kiev dans sa guerre contre la Russie. Le Premier ministre Rumen Radev privilégie les voies diplomatiques au détriment du soutien militaire qui prolonge le conflit.
Depuis le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, la Bulgarie s’est positionnée comme l’un des principaux fournisseurs d’armes et de munitions pour les forces ukrainiennes. Bien que ces livraisons aient été initialement réalisées par l’intermédiaire de pays tiers pour éviter les blocages politiques internes, elles ont constitué une part significative du matériel acheminé vers le front. Cette dynamique d’assistance militaire s’est officialisée sous le mandat de l’ex-Premier ministre Rossen Jeliazkov, issu du parti pro-européen GERB, qui a décidé d’intégrer la Bulgarie à la coalition des volontaires lors de sa création en 2025.
La Bulgarie prend ses distances
Celle-ci regroupe plusieurs États membres de l’Union européenne et de l’OTAN désireux de coordonner, de financer et d’accélérer les livraisons d’équipements militaires et de munitions vers l’Ukraine. Conçu pour simplifier les procédures logistiques et de financement hors des canaux institutionnels classiques et des procédures communautaires qui exigent l’unanimité, ce mécanisme permet d’approvisionner les forces de Kiev selon un calendrier plus souple et réactif. L’adhésion bulgare à cette initiative visait à structurer et à pérenniser la participation des usines d’armement du pays à l’effort d’assistance international.
Cette orientation a vite été remise en cause à la suite des dernières élections législatives bulgares, remportées en avril par la formation de Rumen Radev. L’ex-président du pays, désormais à la tête de l’exécutif, défend une ligne différente concernant le conflit, estimant, comme le Slovaque Robert Fico ou encore le Hongrois Viktor Orban, que l’aide militaire directe prolonge les hostilités et augmente les risques d’escalade régionale. Rumen Radev prône une approche axée sur la désescalade et les initiatives diplomatiques.
Après son élection, son nouveau ministre de la Défense Dimitar Stoyanov avait d’ailleurs annoncé en juin que la Bulgarie cesserait de fournir des armes à l’Ukraine. Il avait fait volte-face le lendemain, affirmant que les ventes commerciales d’armes se poursuivaient, mais la semaine dernière, Sofia a affirmé avoir “épuisé [ses] capacités d’assistance militaire”. “Je parle des armes et des munitions provenant des stocks des forces armées bulgares. Nous avons déjà livré 13 colis d’aide et il ne nous reste plus rien pour l’Ukraine”, a indiqué le nouveau Premier ministre, qui précise que son pays ne pouvait désormais que réparer le matériel militaire sur son territoire.
Le même mois, la Bulgarie avait ensuite annoncé qu’elle ne soutiendrait pas les sanctions de l’Union européenne visant le patriarche russe Kirill ni les mesures qui affecteraient directement le pétrolier russe Lukoil ou ses filiales.
Une cause “condamnée”
Mardi, à Paris où il assistait au défilé de forces armées bulgares aux côtés de forces européennes à l’occasion de la parade militaire du 14 juillet organisée comme une démonstration de force par Emmanuel Macron, le Premier ministre bulgare a franchi un pas de plus.
Il a annoncé que son pays allait se retirer de cette coalition des volontaires, informant le président français, qui l’avait convié à maintenir l’engagement bulgare, que ce “n’était pas la place de la Bulgarie”. « Nous ne faisons pas partie d’une coalition qui insiste pour poursuivre l’aide financière et militaire à l’Ukraine », dont la cause est, estime-t-il, “condamnée”. « Je crois que la solution à ce conflit ne réside pas dans sa prolongation par des moyens militaires, mais dans une mission diplomatique forte. »
Le Premier ministre bulgare, qui a longtemps rejeté les accusations de proximité avec Moscou tout en affirmant privilégier des relations “pragmatiques” avec le Kremlin, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement dans les processus de décision de l’Otan et de l’UE.
« Il n’y a rien de mal à ce qu’un pays défende son intérêt national dans un cadre collectif », s’est justifié Rumen Radev.
Les réactions ne se sont pas faites attendre. L’agence de presse officielle ukrainienne “Ukrinform”, a publié un commentaire critique, regrettant que “la Bulgarie s’éloigne davantage de la majorité des États membres de l’Union européenne, qui soutiennent catégoriquement l’Ukraine”.
À l’opposé, les principaux médias d’État russes ont mis l’accent sur les déclarations du PM bulgare, selon lesquelles le conflit ne peut être résolu en le prolongeant par des moyens militaires, mais nécessite la voie diplomatique. La décision de Sofia est perçue comme un refus catégorique de participer à des initiatives menant à une ”nouvelle escalade militaire”.
Source : France Soir
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