Gilets jaunes. Une mobilisation en hausse

en-bas-de-siam-le-cortege-a-libere-une-voie-pour-laisser_4312380_871x434pEn bas de Siam, le cortège a libéré une voie pour laisser passer les véhicules déjà engagés.

le-cortege-des-gilets-jaune-a-du-faire-un-crochet-en_4312392_771x434pLe cortège des gilets jaune a dû faire un crochet, en empruntant la rue de Karabecam, pour soigneusement éviter la manifestation des syndicats.

L’acte IV de la mobilisation des gilets jaunes a rassemblé – ou presque – 2 500 personnes, samedi après-midi, à Brest : d’un côté, le gros des troupes dans un cortège « apolitique », et, de l’autre, environ 250 personnes en quête d’« union », avec les syndicats. Le tout dans le calme et sous la pluie, mais toujours avec la même détermination.

2 500 manifestants : une mobilisation en hausse. De 1 000, le 17 novembre, à 2 000 le week-end dernier, la mobilisation de ce samedi a rassemblé plus de 2 500 personnes. « Le mouvement prend de l’ampleur à Brest », a ainsi constaté l’un des 50 fonctionnaires de police mobilisés. Un mouvement qui s’est scindé en deux ce samedi : d’un côté, un mouvement « apolitique », parti de la place de Strasbourg en direction de la rue de Siam et de Recouvrance, qui a rassemblé autour de 2 200 personnes selon un comptage de la police ; et un autre, parti de la place de la Liberté, en direction de la permanence du député LREM Jean-Charles Larsonneur, composé de gilets jaunes en quête « d’union » et de représentants syndicaux (CGT, FO, Sud). À noter, aussi, la présence d’une cinquantaine de militants d’extrême-gauche, surveillés de près, dans le cortège parti de Strasbourg, et une marche sur le climat, à laquelle une cinquantaine de personnes ont pris part, qui est passée inaperçue.

Pas l’« union sacrée ». Les manifestants rassemblés place de la Liberté, bien moins nombreux que les gilets jaunes de la place de Strasbourg (250 contre 2 200 environ), espéraient « une jonction » des deux cortèges. Jonction qui n’aura pas eu lieu : les « apolitiques » de la place de Strasbourg refusant de s’associer aux gilets jaunes de la place de la Liberté, qui avaient fait le choix de répondre à l’appel au rassemblement lancé par les syndicats (CGT, FO, Sud). Vers 15 h, ceux venant du haut Jaurès se sont ainsi scindés en plusieurs groupes pour faire un crochet par les rues Dupleix et Kérabécam avant de se rassembler à nouveau, rue de Siam. Et ce, tandis que le cortège de la place de Liberté prenait la direction du boulevard Gambetta et la permanence du député Larsonneur.

Gilets jaunes : deux points de vue. « On est apolitiques, mais ensemble on est plus fort ». En tête du cortège, Manu, 35 ans, explique pourquoi il a choisi de se rendre place de la Liberté. Une opinion qui venait en écho de celle exprimée par les syndicats, et notamment Sud-Solidaires. « L’unité est un combat. Il faut s’unir pour être entendus », a ainsi martelé Olivier Cuzon, représentant syndical. Mais pour Dominique et les autres encadrants du cortège parti de la place de Strasbourg, « hors de question que la manifestation soit récupérée par les syndicats ».

On est apolitiques, mais ensemble on est plus fort.

 

Les revendications exprimées au député. Un peu plus d’une heure durant, entre 15 h 30 et 16 h 30, une délégation de cinq manifestants (composée de gilets jaunes et de représentants syndicaux) a été reçue par le député LREM de Brest-Centre. Parmi les revendications exprimées : une TVA à 5,5 % sur certains produits de première nécessité, l’augmentation du Smic ou encore la possibilité d’organiser des référendums d’initiative populaire. Autant de demandes que Jean-Charles Larsonneur, par ailleurs pris à partie sur l’absentéisme des députés ou la rémunération de ceux-ci, s’est engagé à faire remonter au sommet de l’État.

 

Des commerçants mécontents ou résignés. La mobilisation de ce samedi n’a pas fait que des heureux, dans les rues de Brest. Plusieurs commerçants avaient ainsi préféré baisser leur rideau, tandis que d’autres n’hésitaient pas à exprimer leur colère. « Vous êtes en train de tuer le petit commerce », a ainsi lancé l’une des commerçantes du marché de Noël aux manifestants.

« On ne lâchera rien ». De part et d’autre de la mobilisation, un seul mot d’ordre prévalait en fin de journée : « On ne lâchera rien ». « Les mesurettes d’un gouvernement qui compte sur notre fatigue ne suffisent pas pour faire redescendre notre colère », expliquait-on du côté de la place de la Liberté. « Si rien ne bouge, on sera encore là la semaine prochaine », prévient Dominique, pour qui le geste du gouvernement n’est pas suffisant. « Notre vrai problème, c’est le pouvoir d’achat, pas uniquement la taxe carbone ».

Source : Le Télégramme

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