« Gilets jaunes » : Macron revendique la fermeté et défend le LBD

16729188Manifestation des « gilets jaunes », Mulhouse (Haut-Rhin), samedi 9 février 2019. (AFP / Sébastien Bozon)

A l’approche de l’acte 16 des « gilets jaunes », l’exécutif a revendiqué mercredi 27 février sa fermeté face aux violences, après la charge d’Emmanuel Macron la veille contre les manifestants « complices du pire ».

Les manifestations qui s’enchaînent depuis trois mois pour exiger une meilleure justice fiscale et sociale ont été émaillées de violences qui ont fait plus de 3.000 blessés, dont 2.000 manifestants et plus de 1.300 forces de l’ordre.

Critiqué par l’ONU et l’Europe sur l’usage par la police de LBD (lanceurs de balles de défense), Emmanuel Macron n’a pas cédé un pouce mercredi et rejeté la faute sur les casseurs.

« Je ne laisserai pas les forces de l’ordre sans aucun moyen face à des gens qui arrivent aujourd’hui armés et avec les pires intentions », a affirmé le chef de l’État. En ouverture du conseil des ministres, il a aussi appelé au maintien de « l’ordre républicain, sans faire d’amalgame mais en étant ferme », a rapporté le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

« Présidence du mépris »

Pour l’exécutif, les violences qui ont eu lieu durant les manifestations justifient pleinement la loi dite « anticasseurs », en pleine discussion au parlement, qui permet notamment aux préfets d’interdire à des personnes suspectées de violences de venir manifester.

Mais cette « tolérance zéro contre les violences », destinée à « stopper les brutes » et leur « soif de chaos » selon les mots de du ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, créé un malaise jusque dans la majorité.

La petite phrase d’Emmanuel Macron, qui n’a pas hésité mardi à faire le lien entre manifestants en casseurs en déclarant que « lorsqu’on va dans des manifestations violentes, on est complice du pire », a déclenché une avalanche de critiques dans l’opposition.

Jacline Mouraud, une des initiatrices du mouvement des « gilets jaunes », a estimé que « criminaliser les manifestants sincères (était) un appel à la violence du président et du gouvernement ». Emmanuel Macron est lui-même « complice du pire, en n’écoutant pas la souffrance et la désespérance du peuple français », a ajouté la fondatrice du parti « Les Émergents ». Valérie Boyer, secrétaire générale adjointe des Républicains, a elle dénoncé « cette politique des petites phrases, cette présidence du mépris ».

« Des complices du pire, j’en connais d’autres: Macron, Castaner, Nuñez… Qui ordonnent de tirer au LBD sur des ‘gilets jaunes’ qui seront éborgnés (…) », a accusé sur Twitter Esther Benbassa, sénatrice EELV. Benoît Hamon (Générations) et Éric Coquerel (LFI) ont eux aussi critiqué une remise en cause du « droit fondamental à manifester ».

Source : L’Obs

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