Geneviève Legay : les ordres de la police étaient « inadaptés » au moment de la charge, selon l’IGPN

Le 23 mars 2019, cette militante altermondialiste avait été renversée par un policier et grièvement blessée à Nice, lors d’une manifestation des gilets jaunes.

a0f67fb_1Gy2Y4G98E_gXwvG-AZJSabjGeneviève Legay avant la charge policière, le 23 mars 2019. (VALERY HACHE / AFP)

Un an et demi a passé depuis le 23 mars 2019, lorsque Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans, a été gravement blessée après une charge policière lors d’un rassemblement de « gilets jaunes » à Nice. Selon un rapport de l’IGPN rendu en avril et relayé lundi 21 septembre par Mediapart, les ordres de la police ce jour-là étaient « inadaptés ».

Les ordres donnés par le commissaire divisionnaire Souchi étaient « inadaptés » en particulier « lors de la charge effectuée […] au cours de laquelle Madame Legay a été poussée », a conclu l’IGPN, cité par le site d’investigations. Au cours de cette intervention, la militante altermondialiste Geneviève Legay avait eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne.

Une charge « brutale et violente » selon la gendarmerie

Lors de son enquête interne, l’IGPN a notamment interrogé plusieurs gendarmes. Dans un rapport de gendarmerie, un capitaine qualifiait notamment la charge de « brutale et violente », en « totale disproportion et nécessité face à une foule d’une trentaine de personnes assez âgées, très calmes ».

Auditionné par l’IGPN, le commissaire Souchi a lui-même reconnu que « les personnes qui se rassemblaient le faisaient dans le calme mais dans un périmètre interdit », selon Mediapart.

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Le capitaine, qui décrit par ailleurs un commissaire qui a, cet après-midi-là, fait des erreurs et ne se « maîtris[ait] plus », avait finalement ordonné à ses hommes de ne pas suivre les ordres du commissaire.

Une autre lieutenante avait également été choquée par les ordres du commissaire, qui hurlait « que les gendarmes étaient là uniquement pour triquer du manifestant et sortir des véhicules uniquement pour triquer », rapporte Mediapart.

Un autre capitaine raconte : « Il m’a dit de façon assez virulente : Quand j’ai décidé de l’emploi de la force et que j’ai fait les sommations, quand je vous dis on disperse, c’est on disperse, tant pis pour les manifestants, on matraque, c’est le cadre légal. Ne faites pas comme votre homologue qui a refusé d’appliquer mes directives. Il s’en expliquera avec le préfet. »

Les propos d’Emmanuel Macron démentis

L’affaire avait eu un important retentissement, faisant réagir Emmanuel Macron lui-même : « Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre », affirmait-il alors. Et d’ajouter : « Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci. »

Le président reprenait alors la version du procureur de la République de Nice, qui affirmait que la septuagénaire n’avait eu « aucun contact direct » avec la police, qu’elle avait « chuté en arrière dans le mouvement de foule ». Il avait finalement dû revenir sur ses propos, le policier ayant fait chuter Geneviève Legay ayant lui-même exprimé ses regrets.

Source : L’Obs

Voir également :

Affaire Geneviève Legay : l’IGPN contredit Macron ?

C’est suffisamment rare pour être souligné : l’IGPN semble n’avoir eu d’autre choix que de conclure à une disproportion de l’usage de la force par la police. En mars 2019 à Nice, lors d’une charge des forces de l’ordre en direction d’un petit groupe de manifestants, Geneviève Legay, 73 ans, drapeau pacifiste en main, chute lourdement. Elle sera hospitalisée avec des côtes cassées et des fractures au niveau du crâne.

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