Gendarmerie. 36 ans de services pour Yvon Dubourg

Yvon Dubourg, à la brigade de Paimpol, où il officie depuis 2009.

Yvon Dubourg, à la brigade de Paimpol, où il officie depuis 2009. Yvon Dubourg, à la brigade de Paimpol, où il officie depuis 2009.

Propos recueillis par Armelle Menguy : Le Capitaine Yvon Dubourg, commandant de la brigade de Paimpol depuis le 1e r août 2009, sera officiellement à la retraite le 23 septembre. Avant le pot, à la fois protocolaire et amical de demain soir, il nous parle de sa carrière.

Parlez-nous de vos débuts, de vos affectations… « Je suis entré en gendarmerie il y a 36 ans, à l’âge de 22 ans, après avoir passé deux ans à la SNCF en région parisienne. Mais la ville n’était pas pour moi. J’ai intégré l’école de Montluçon avant les affectations de Souilly (Meuse), le Psig de Châteaulin (Finistère) avant de passer 18 années en brigade motorisée sur Saint-Brieuc et Saint-Malo. Je suis arrivé à Paimpol en 2009 et juste avant, j’étais au commandement du Psig de Guingamp ». 36 ans dans ce corps d’État. Qu’est-ce qui fait tenir ? « La passion ! ». « On ne fait pas ce métier par hasard. Moi j’ai fait plusieurs services et cela m’a permis de voir toutes les facettes, en étant toujours sur le terrain. S’il faut se réadapter à chaque fois et se remettre en question, c’est en même temps une grande satisfaction ». Quelques mots sur Paimpol et son secteur… « Quand je suis arrivé en 2009, j’ai trouvé un contexte difficile, dans une brigade importante, avec beaucoup d’activités. On avait affaire à pas mal de délinquance et j’ai eu un mode de fonctionnement qui était de porter une attention toute particulière à toute forme de délinquance. Pour cela, avec toute l’équipe, sans laquelle je n’aurais rien pu faire, j’ai mis en place une présence maximum sur le terrain et c’est cette action, au plus près des gens, qui a fini par donner des résultats. On a été très présents, de jour comme de nuit, de façon à intervenir le plus vite possible, dès qu’on était appelés. En partant, ça me rend très fier ». Sur ces six années, quels sont les faits qui vont ont touchés ? « Les accidents mortels nous touchent toujours, surtout quand il s’agit d’enfants. Il y a deux ans, sur la RD 7, c’était le cas. Le casse du siècle au CMB aussi, en marge des Chants de Marins de 2013 ; il y a toujours de l’investigation sur ce dossier donc je ne vais pas en parler ; et puis, il y a deux mois, l’infanticide d’une maman sur son bébé, ça, c’est très dur. Un autre fait, l’agression d’un couple de personnes âgées, par des mineurs ; on avait pu les débusquer grâce à leur ADN ». En 36 ans, les méthodes ont-elles changé ? « La grande révolution, c’est l’informatique et, bien sûr, les techniques, comme les empreintes, l’ADN. Mais le flair et la passion restent prioritaires. Il faut toujours être à l’écoute, sur le qui-vive ; parfois, un petit signalement ou une parole anodine, peuvent prendre beaucoup d’importance. Il y a aussi le sens de l’engagement, et ça, ça ne change pas avec les années ; le travail d’équipe non plus. C’est élémentaire pour être efficace. Tout comme de donner l’exemple quand on est à la tête de la brigade ». La retraite : un soulagement ou une appréhension ? « Les deux je dirais ! Mais je crois surtout qu’il faut savoir s’arrêter et passer la main. Je vieillis aussi ! Ça compte dans la décision car il faut toujours être là, un week-end sur deux, les soirées, les astreintes 24 h/24 h… ». Qu’allez-vous faire de votre temps libre ? « M’occuper de ma famille ! J’ai un fils de 34 ans qui vit à Bannalec et deux petits-enfants de 6 et 2 ans. Et puis, j’ai une autre passion, pour la chasse à la bécasse. Je vais pouvoir y consacrer plus de temps ».

Source : Le Télégramme

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