GAMACHES (80) Les frères ne s’entendent que pour menacer les gendarmes

Vendredi 8 août, deux frères de Gamaches, Jérôme et Pascal Lombard, 30 et 39 ans, ont été condamnés à des peines de prison ferme et placés sous mandat de dépôt pour outrages et violences commis sur les gendarmes, dans la nuit du 5 au 6 août.

En cette période de versement du RSA dont ils sont tous deux titulaires, la journée avait été bien arrosée pour les frères Lombard, deux individus au casier judiciaire fourni qui vivent chez leur père dans un logement de l’avenue de Verdun.

Pascal avait méthodiquement vidé des canettes de bière forte toute la fin de journée, tandis que Jérôme s’était absenté vers 17 h 30 pour fêter un anniversaire en ville. «  Je devais dormir sur place mais je suis revenu quand on m’a dit que mon frère avait fait rentrer plein de monde dans l’appartement ».

Les forces de l’ordre obligées de jouer les médiateurs familiaux

Lorsqu’il rentre, un face-à-face commence à propos du vol d’un portefeuille. Vers 3 heures, Jérôme appelle les gendarmes. «  Je pensais qu’ils calmeraient Pascal. D’habitude, ils y arrivent ». Les militaires confirment qu’appelés par les frères, le père ou les voisins, ils s’y rendent « deux à trois fois par mois, pour des violences, des menaces, du tapage… » Pour être sûr que la brigade intervienne, Jérôme indique que Pascal brutalise leur père. Il n’en est rien.

À leur arrivée, deux gendarmes constatent que les frangins sont ivres morts et très énervés. Ils décident de menotter Pascal qui se montre violent, et voilà que les deux suspects se réconcilient et forment une union sacrée. Des injures fusent, des coups de pied et de poing volent.

La minuterie de l’escalier profite de la tension pour éteindre la lumière. Les Lombard prennent avantage de l’obscurité et regagnent leur appartement. Les militaires aperçoivent alors Jérôme à la fenêtre, armé d’un couteau à pain : « J’ai dix litres d’essence, ta brigade elle va brûler  ».

L’audience de vendredi est surréaliste. Leurs moyens intellectuels les privent de toute inhibition et peur de la sanction.

Pendant deux heures, Pascal rit et à deux reprises, s’écroule d’un bloc dans le box : «C’est pas grave, rassure-t-il la présidente. C’est des crampes ; ça doit être le Valium qu’ils m’ont donné en prison ». La magistrate lui demande «  comment, avec 140 euros de RSA », il fait pour s’acheter de l’alcool. Un long sourire béat lui répond d’abord, puis : «Ben, avec de l’argent. Vous savez, c’est pas cher… 69 centimes la grande canette »

Et Jérôme, dont la moitié du visage est ornée d’un tatouage, pourquoi vit-il encore chez son père à qui il pourrit la vie? «Avec 400 euros par mois ? Un logement ? Et je mange quoi, moi ? Des carottes ? »

Jérôme est condamné à huit mois de prison dont quatre ferme, Pascal à douze mois dont six ferme. Jérôme compte sur ses doigts : « C’est bon, je serai sorti pour la fin de l’année ». Les gendarmes soupirent…

Source : Courrier Picard

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