Enquête ouverte pour harcèlement moral et sexuel contre le directeur général de la sécurité civile

Alain Thirion, ancien préfet de Haute-Corse et actuel directeur général de la sécurité civile, est visé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral et sexuel après la plainte d’une ex-sous-préfète de Calvi (Haute-Corse).

Un avocat avec un dossier dans les mains (photo d’illustration). | JOEL LE GALL / ARCHIVES OUEST-FRANCE
L’affaire a d’abord été révélée par le quotidien régional Corse-Matin . Anne Ballereau, ancienne sous-préfète de Calvi, a déposé plainte le 30 décembre contre l’ancien préfet de Haute-Corse Alain Thirion au commissariat de Bastia. Cet homme, désormais directeur général de la sécurité civile, est visé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral et sexuel ouverte à la suite de ce dépôt de plainte, a-t-on appris ce samedi 1 février.

L’enquête préliminaire a été confiée à la police judiciaire de Bastia « des chefs de harcèlement moral dans le cadre du travail et harcèlement sexuel par une personne abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions », a indiqué Caroline Tharot, procureure de la République de Bastia.

« Je dors chez toi »

Dans sa plainte, que l’AFP a pu consulter, Anne Ballereau dénonce des faits qui se seraient déroulés entre 2015 et 2016, lorsqu’elle était en poste en Corse au même moment qu’Alain Thirion. Ce dernier a quitté l’île en 2017.

La plaignante assure notamment qu’Alain Thirion, alors son supérieur hiérarchique, a insisté à plusieurs reprises pour qu’elle dorme à la préfecture, ajoutant que sa femme était « sur le continent » et lui intimant de ne pas faire « la difficile ». À d’autres occasions, il l’a appelée en lui disant : « Je suis à 30 minutes de Calvi, je dors chez toi », affirme-t-elle aussi. « J’ai eu le sentiment qu’il jouait avec moi, que j’étais une proie », déclare encore dans sa plainte Anne Ballereau, décrivant son sentiment de malaise et ses stratégies d’évitement.

Une attitude « très tactile »

Elle décrit un homme très familier, qui dès leur première entrevue -qu’il lui demande d’organiser en tête-à-tête dans un restaurant un dimanche midi- lui demande « qui couche avec qui » à la préfecture. Le lendemain de ce déjeuner et une visite de l’Ile-Rousse qu’il lui impose, le préfet aurait déclaré devant 30 personnes avoir « passé des bons moments avec la sous-préfète hier ». Elle décrit aussi une attitude très « tactile » : des bises forcées, un bras passé autour de sa taille « toujours sur le ton de la rigolade devant des gens ».

Anne Ballereau reproche aussi à Alain Thirion des humiliations professionnelles. Ce dernier la faisait « passer pour incompétente », affirme-t-elle.

Contacté par l’Agence France Presse (AFP), Alain Thirion a déclaré qu’il ne souhaitait « pas faire de commentaires à ce stade ». « Je n’ai pas connaissance du contenu de cette plainte. Je suis à la disposition des services en charge de l’enquête et fais pleinement confiance à la justice pour établir la vérité », a-t-il ajouté.

Source : Ouest-France

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