Emmanuel de Morveux d’Enarque aime les hochets
23 juillet 2025 Cédric de Valfrancisque
« Tous ceux qui m’ont volé sont, au moins, Commandeurs de la Légion d’honneur. Autrefois, on pendait les voleurs aux croix. Aujourd’hui, on pend des croix aux voleurs. Et chacun est content. Merveilleux pays que ce pays de France. » (Louis-Ferdinand Céline)
Napoléon Bonaparte, quand il n’était que premier consul, trouvait que les sabres, les fusils et les pistolets d’honneur que l’on donnait aux soldats valeureux coûtaient trop cher à la nation. Il est vrai qu’il s’agissait d’armes de très belle facture, de véritables œuvres d’art, avec des montures en argent ciselées, qui, de ce fait, coûtaient effectivement fort cher. Il eut donc l’idée de remplacer ces récompenses onéreuses par une simple croix, fortement inspirée par l’ancien Ordre de Saint-Louis, à laquelle elle ressemblait comme une sœur (y compris son ruban qui était rouge).
La naissance de la Légion d’honneur – le 19 mai 1802 – fut adoptée dans un contexte hostile. Après de longues discussions au Conseil d’État, elle sera finalement acceptée par 56 voix contre 38 au Tribunat, et 166 voix contre 110 au Corps Législatif. Préalablement, le 8 mai 1802, Bonaparte avait eu une sévère prise de bec avec le conseiller d’État Berlier lequel trouvait que les hochets et les rubans étaient des survivances de la monarchie d’ancien régime donc des distinctions indignes d’une république. Napoléon lui avait rétorqué : « Les Romains… décernaient en récompense toutes sortes de distinctions…des couronnes murales, le triomphe ! Je défie qu’on me montre une république ancienne ou moderne dans laquelle il n’y ait pas eu de distinctions. On appelle cela des hochets ! Eh bien ! C’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »
Le marquis Emmanuel de Morveux d’Enarque aime à se comparer à Napoléon Bonaparte. Des médisants l’ont d’ailleurs surnommé Nabot-Léon Bonarien, ce qui lui va bien.Il aime aussi qu’on le compare à Charles de Colombey lequel créa, le 3 décembre 1963, l’Ordre national du Mérite car il trouvait qu’on galvaudait la Légion d’honneur en la donnant à n’importe qui. Mais, comme Charles de Colombey faisait souvent le contraire de ce qu’il disait, il accorda la Légion d’honneur à la belle Brigitte Bardot dont le seul mérite était de montrer son cul – au demeurant fort beau ! – dans un certain nombre de navets cinématographiques. Il fallait sans doute y voir un symbole : la France venait de s’asseoir sur sa dignité, le cul nu et le pantalon sur les talons, en bradant l’Algérie française aux égorgeurs du FLN. Et puis, Charles de Colombey était excusable puisque il avait été décoré de la Légion d’honneur… à titre posthume.
Comme je sais déjà que certains vont mettre en doute cette assertion, faisons un peu d’histoire : le 1er mars 1916, le 33ème RI (1) relève le 110ème RI, qui combat depuis quatre jours dans les ruines du village de Douaumont. Le capitaine Destouches voit arriver un grand dadais « badine en main, gants beurre frais, l’air conquérant ». C’était le capitaine De Gaulle, lequel se permet de rabrouer vertement le lieutenant Pieuchot qui commande les mitrailleurs. Le témoignage du capitaine Destouches est édifiant. « Verdun, c’est l’enfer ! J’ai beau (lui) dire, écrit-il, que depuis trois jours nous n’avons eu que des attaques, que nous n’avons pas un seul outil du génie, pas une pelle, pas une pioche, pas un centimètre de barbelé. Il répond que ce secteur n’est pas organisé ». Il agonit ensuite de sottises le lieutenant Pieuchot lequel lui répond : « Depuis trois jours, nous sommes sous un marmitage invraisemblable ; il n’y a pas un trou, pas une tranchée et nous avons repoussé quatre attaques. Faites-en autant… ». De Gaulle aura-t-il l’occasion d’en faire autant ? Vers 5 heures du matin, le marmitage recommence. Puis les Boches attaquent. Le commandant Cordonnier, qui commande un bataillon du 33ème RI, lance ses hommes en contre-attaque, courant devant eux, il tombe, tué d’une balle en pleine tête. Ses fantassins continuent à se battre quand… une serviette blanche surgit de la position tenue par la compagnie du capitaine De Gaulle. Dans « le nouveau Candide » du 21 avril 1966, le lieutenant Albrecht, qui commandait un groupe de lance-flammes allemand, témoigne : « J’ai vu sortir un tissu blanc. J’ai ordonné le cessez-le-feu. Quelques hommes sont sortis… J’ai remarqué l’officier qui les commandait tellement il était grand… Il paraissait hagard et chancelant. Il m’a remis lui-même son ceinturon et son arme… » (2). Le fantassin Haverland, sous les bombardements, réussit à rejoindre le PC du régiment et déclare qu’il a cru voir tomber le grand capitaine commandant la 10ème compagnie.
Le colonel Boudhors, chef de Corps du 33ème RI en déduit que De Gaulle est mort en héros et demande pour lui une citation au général commandant la 2ème armée, celle de Verdun. Ce général, c’est Philippe Pétain, à l’époque le protecteur de De Gaulle. Il rédige une citation, à laquelle s’ajoute la Légion d’honneur: « Le capitaine De Gaulle a enlevé ses hommes dans un assaut furieux. Seule solution qu’il jugeait compatible avec son sentiment de l’Honneur militaire… ». De Gaulle restera prisonnier pendant 30 longs mois ; prisonnier mais bien vivant. Il existe plusieurs témoignages sur sa captivité dont celui du général Perre, un de ses condisciples à Saint Cyr (3) : « Les Boches faisaient l’honneur aux officiers qui s’étaient bien battus de leur rendre leur sabre pour certaines manifestations. Ils ne le rendirent pas à De Gaulle. Celui-ci leur réclama sèchement. Les Allemands refirent une enquête sur les conditions de sa reddition… Renseignements pris, ils ne rendirent pas son sabre au capitaine De Gaulle. » Bon, je vais encore me faire agonir par les thuriféraires de Charles de Colombey, mais je n’y puis rien, j’aime l’histoire, pas les romans à l’eau-de-rose écrits après coup !
Le marquis de Morveux d’Enarque aime aussi qu’on le compare à François de Latché dit Le florentin. Lui aussi prisait les hochets au point de demander au maréchal Pétain la Francisque Gallique. En mars 1943, parrainé par deux anciens cagoulards (Gabriel Jeantet, membre du cabinet du maréchal, et Simon Arbellot), il sera décoré de la Francisque Gallique par Pétain en personne (4). Pour obtenir cette décoration, il a dû en faire la demande en déclarant : « Je fais don de ma personne au maréchal Pétain, comme il a fait don de la sienne à la France. Je m’engage à rester fidèle à sa personne et à son œuvre ». Ça aussi, c’est l’histoire, la vraie !
Emmanuel de Morveux d’Enarque n’est certes pas le premier à distribuer des hochets à ses amis, ses affidés ou ses larbins plus ou moins zélés. Messires Chirac d’Ussel et Sarkozizi de Neuilly ont décoré de la Légion d’honneur à peu près tous leurs amis et aussi quelques obligés. Hollandouille, le porcelet sudoripare de Tulle, a octroyé la Légion d’honneur à l’actrice Mimi Mathy. « Personne à croissance réduite », qui vote à gauche et le fait savoir, elle doit donc sa décoration à un nain gras (lequel, en l’occurrence, n’est pas un ingrat !). Mais, comme dans tant d’autres domaines – je pense, entre autres, à notre dette abyssale – le marquis a atteint des sommets.Il y a quelques années, nous le vîmes arriver main dans la main avec Elton John auquel il venait de décerner la Légion d’honneur. Or Elton John, non content d’être un citoyen de la perfide Albion, est un pédéraste notoire. Il est incontestable que le marquis affectionne et vénère la Jaquette flottante, mais de là à décorer Elton John de la Légion d’honneur ! L’ordre de la Légion d’honneur a été institué par Napoléon pour récompenser les militaires comme les civils ayant rendu des services éminents à la nation. Quels sont les services éminents que la France doit à Elton John ?
Cette année, sentant venir sa fin de règne, le marquis a fait flèche de tout bois : il a distribué des Légions d’honneur en rafale. Les décorés du 14 juillet se répartissent entre 497 chevaliers, 68 officiers, 18 commandeurs, ainsi que 4 grands officiers et 2 grand’croix. Certains, n’en doutons pas, méritent sans doute cette décoration, mais que dire de Lili-Marlène Schippie qui est sous le coup d’une enquête du PNF (5) pour sa gestion du Fonds Marianne et qui, quand elle était ministre, aura occupé son temps à écrire quelques livres plus ou moins cochons ? Que dire de la pseudo-humoriste Sophia Arab dont le seul mérite est de dénigrer les Français de souche ? Que dire d’Olivier Véreux, qui durant la longue pandémie chinoise, a repris le rôle de croque-mort dévolu initialement à Jérôme Monsalo ? Que penser de la nomination de Dupont-le-Yéti, nullissime garde des Sots ? Et de celle de Le Foll-Dingue dont le seul talent est d’être socialiste ? Nous apprenons aussi que Bruno Le Traître, notre ex-grand argentier, est élevé au grade d’officier. Nous lui devons 1100 milliards de dette en sept ans. Idem pour Alexis Colère, l’ex-secrétaire général du Palais, qui traîne pourtant quelques casseroles tintinnabulantes. Passons sur les nominations de Léa Drucker, Émilie Frèche, Marc Levy, Andreï Makine, ou encore l’américain Pharrell Williams. Ne me demander pas quels services éminents ces gens-là ont rendu à la France.
J’allais oublier Gisèle Pélican, cette pauvre femme qui, droguée par son ordure de mari, a servi aux ébats d’une cinquantaine de vicelards. Qu’est-ce qui justifie sa Légion d’honneur ? Certes elle a rendu, à son insu, des services éminents, mais à quelques salopards qui ne sont assurément pas représentatifs de ce que notre pays fait de mieux.
Une Grand-Croix a été attribuée à l’historienne Mona Oze-Ouf, spécialiste de la Révolution, de l’école de la République et de la laïcité. Là on peut comprendre, c’est le prix de l’attachement serviles aux valeurs ripoux-blicaines et maçonniques.
Nous apprenons aussi que deux chanteuses – Catherine La-Rate et Sylvie Va t’en – ont été promues au grade de commandeur. Mais là il y a une raison. On dit qu’elles étaient condisciples, ou si vous préférez copines de classe, de la vieille marquise – née Trognon du Touquet – mais cette version est contestée par des médisants qui surnomment la marquise Jean-Brichel et rappellent qu’à l’époque les écoles n’étaient pas mixtes. Autant vous dire que je n’ai pas d’avis sur la question.
Après cette distribution de hochets, je pense que Napoléon doit se retourner dans sa tombe.
Pour ma part, j’ai une pensée pour tous ceux qui sont allés décrocher la rouge comme disent les militaires, à Verdun, à Narvik, à Diên-Biên-Phu ou ailleurs, et surtout à ceux qui sont tombés pour la France et l’auront reçue à titre posthume.
Emmanuel de Morveux d’Enarque ne respecte rien et, avec sa distribution de décorations galvaudées, il insulte la France et ses morts. Il est grand temps qu’il parte !
Cédric de Valfrancisque
1)- RI = Régiment d’Infanterie.
2)- Ce témoignage a été corroboré par celui de M. Delpech, dans Sud-Ouest dans les éditions des 16 avril 1961 et 29 mars 1966.
3)- Témoignage publié dans l’hebdomadaire « Minute » du 11 juin 1966
4)- Il sera le récipiendaire N° 2 202.
5)- PNF = Parquet National Financier
Source : Riposte Laïque

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