Elle était juste une petite fille

Peut-on imaginer un plus joli visage ? Peut-être dans un autre monde, dans le paradis que cette petite fille a aujourd’hui rejoint.
À la veille et le jour de l’Aïd al-Adha 2026 (mardi soir 26 / mercredi 27 mai), Israël a mené plusieurs frappes meurtrières à Gaza, dans un contexte de cessez-le-feu d’octobre 2025 régulièrement violé.
Selon des responsables palestiniens de la santé, une frappe aérienne israélienne a visé une tente abritant des familles déplacées dans la zone d’al-Mawasi à Khan Younès, dans le sud de Gaza, tuant la fillette Minnat Allah Abou Labda (6 ans) et une femme de 31 ans, Hanan Mahmoud, citant Reuters. L’attaque a visé le « camp Ghaith » qui héberge des déplacés ; deux personnes ont été tuées, dont l’enfant, et une vingtaine d’autres blessées, en majorité des femmes et des enfants. Des témoins ont indiqué à Reuters que l’attaque a été menée par deux hélicoptères, et l’armée israélienne n’avait pas commenté dans l’immédiat. Minnat Allah avait eu un bras fracturé lors d’une précédente attaque.
Lors de la frappe du 25 mai :
- l’enfant est tuée ;
- sa mère est blessée et emmenée en réanimation ;
- sa sœur est blessée et emmenée en réanimation ;
- son père est vivant (il porte son corps aux funérailles, photo AP) ;
- sa grand-mère est vivante (citée par Reuters).
« Minnat Allah » est une translittération phonétique de منة الله (« la grâce de Dieu »). Rappelons à ce propos quelques textes issus des Écritures de l’islam et du judaïsme :
Coran, sourate 5 (al-Mâ’ida, « La Table servie »), verset 32 :
« C’est pourquoi Nous avons prescrit aux Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne — sauf en punition d’un meurtre ou d’une corruption répandue sur la terre — c’est comme s’il avait tué l’humanité tout entière. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il avait fait don de la vie à l’humanité tout entière. »
Mishna, traité Sanhédrin, chapitre 4, michna 5 (Talmud de Babylone, Sanhédrin 37a), dans la très grande majorité des versions imprimées :
« C’est pourquoi l’homme fut créé seul [unique], pour t’enseigner que quiconque fait périr une seule âme d’Israël, l’Écriture le lui compte comme s’il avait fait périr un monde entier ; et quiconque sauve une seule âme d’Israël, l’Écriture le lui compte comme s’il avait sauvé un monde entier. »
Et dans la version universaliste (manuscrit Kaufmann, manuscrit de Parme, et plusieurs témoins anciens) :
« … quiconque fait périr une seule âme, l’Écriture le lui compte comme s’il avait fait périr un monde entier ; et quiconque sauve une seule âme, l’Écriture le lui compte comme s’il avait sauvé un monde entier. »
Comme on le voit, c’est la version restreinte de la Mishna, celle qui opère une distinction entre les âmes selon leur ascendance ethnique, qui semble conduire les actions de l’armée et des autorités du pays qui se réclame du prophète Jacob Israël.
Les images de la douleur du père de Minnat Allah sont insoutenables. En les regardant, tout être HUMAIN ne peut s’empêcher de verser des larmes pour Minnat Allah et les enfants de Gaza, avant de reprendre le cours de sa vie. Minnat Allah, la Grâce de Dieu, était juste une petite fille. Il reste d’elle un petit corps martyrisé. Que ses bourreaux craignent le jour où elle leur demandera des comptes.

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