Électricité : les promesses de stabilité s’effacent, les factures repartent à la hausse dès le 1er août
Auteur(s) France-Soir Publié le 17 juillet 2026 – 21:03

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L’engagement d’une année 2026 « stable » pour les factures d’électricité n’aura finalement pas résisté à l’été. Le gouvernement a validé une augmentation moyenne de 2,5 % des tarifs réglementés de vente de l’électricité à compter du 1ᵉʳ août. Près de 20 millions de foyers seront concernés.
Cette hausse représente environ 26 euros supplémentaires par an pour un foyer moyen, selon les calculs de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). L’autorité explique cette évolution par plusieurs facteurs, notamment la progression des coûts d’utilisation des réseaux électriques, l’évolution du mécanisme de capacité et, dans une moindre mesure, l’ajustement de la fiscalité. La légère baisse de l’accise sur l’électricité ne suffit pas à compenser ces augmentations.
Derrière ces justifications techniques, une réalité que peu de responsables assument. La France produit l’une des électricités les moins chères d’Europe grâce à son parc nucléaire, mais ses habitants, eux, la payent à prix d’or. La faute à une architecture de marché imposée par Bruxelles au nom de la concurrence. Pendant quinze ans, le dispositif ARENH a obligé EDF à céder jusqu’à 100 TWh par an de sa production nucléaire à ses concurrents, au tarif gelé de 42 euros le MWh, pendant que le consommateur payait, lui, un tarif réglementé arrimé aux prix de marché. Vendre à bas coût, racheter au prix fort : le mécanisme a pris fin le 31 décembre 2025, remplacé par le Versement nucléaire universel. Le nom change, la logique elle reste la même. EDF vend désormais sur le marché européen, où le prix se cale sur le coût de la dernière centrale appelée, souvent au gaz. L’avantage nucléaire français continue de se diluer dans les cours continentaux.
S’ajoute le poids des énergies renouvelables, dont le déploiement massif est rendu obligatoire par les objectifs européens. Leur intermittence impose de financer des capacités de secours, c’est précisément le mécanisme de capacité que la CRE cite parmi les moteurs de la hausse. Leur raccordement exige des milliards d’investissements dans les réseaux, c’est l’autre poste qui alourdit la facture d’août. Le consommateur paie donc trois fois : le soutien public aux filières éolienne et solaire, les réseaux pour les brancher, et les centrales pilotables pour compenser leurs absences. Une électricité présentée comme compétitive, mais dont les coûts systémiques se retrouvent, ligne après ligne, sur les factures.
Le contraste est saisissant avec les déclarations formulées à la fin de l’année 2025, lorsque l’exécutif assurait que les factures resteraient « stables au moins en 2026 ». Quelques mois plus tard, cette promesse est rattrapée par les arbitrages réglementaires. Pour de nombreux consommateurs, la question n’est plus tant le montant de cette hausse que la difficulté à anticiper l’évolution de leur budget énergétique.
Cette augmentation intervient alors que les Français ont déjà dû composer ces dernières années avec des variations parfois importantes des prix de l’énergie. Si 2,5 % peuvent sembler assez limités sur le papier, ils s’ajoutent à une succession de révisions tarifaires qui alimentent un sentiment d’instabilité.
Source : France Soir
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