Didier Raoult : comment les médias en ont fait un monstre de foire…

« Le Connard » – journal satirique indépendant – Juillet 2020 – Amine Vallet –
L’image de ce professeur émérite et galvaudée par les médias qui préfèrent largement l’instrumentaliser au profit de leurs audiences et l’opposer au reste de la communauté scientifique plutôt que de parler de ses recherches…
Depuis le début de la crise du coronavirus, ce type est devenu ce que les journalistes appellent entre eux « un bon client ». Ce qui signifie qu’il passionne les foules, fait vendre des journaux et assure les audiences des médias qui choisissent de parler de lui… Pourquoi cet infectiologue et professeur émérite passionne-t-il justement les foules ? Parce qu’on présente ses études et les protocoles scientifiques rigoureux qu’il utilise ? Parce qu’il a été l’un des premiers au monde à s’intéresser à la manière de contrer le Covid-19 ? Parce qu’il est l’un des rares spécialistes sur la planète qui sait de quoi il parle lorsqu’il s’exprime au sujet des virus complexes ?
Non ! Raoult intéresse les foules parce qu’il a été présenté par les médias comme un trublion, un marginal qui ne fait pas de compromis, parce qu’il porte des bagouses et qu’il a les cheveux longs, parce qu’il est un gars qui s’oppose à l’establishment et à l’autorité. Ah !!! Que les médias chérissent ceux qui s’opposent et leur permettent de mettre en scène quelques bonne polémiques qui font le show !
Depuis le début de la crise, les médias ont présenté Raoult comme si il était une espèce de « Gilet jaune » de la médecine, de syndicaliste de la virologie, de Joey Starr provocateur de la micro-biologie. Et comme tout est bon dans le cochon, les médias nous servent du Raoult à toutes les sauces. Un jour il est un génie. Le lendemain, il est un mégalo qui la joue perso. Le surlendemain, il est celui qui tient tête à Macron. Le jour d’après, il est celui que Macron consulte. Il est celui qui sait tout. Puis, celui qui ne sait rien. Celui qui prend des risques inconsidérés et dangereux. Celui qui prend des risques couillus et salvateurs. Celui qui menace de quitter le plateau de Bourdin parce que ce dernier tente de lui faire dire ce qu’il n’a pas dit. Celui qui se rassoit chez Bourdin parce qu’il serait assoiffé de lumière.
Bref. Les médias utilisent Raoult. Ils l’instrumentalisent à leur guise. Ils vident son discours de sa substance pourtant intéressante et en font une espèce de Nabilla de la gigantesque émission de téléréalité qu’est devenue cette crise.
Raoult est désormais – et malgré lui ! – un monstre de foire qu’on montre pour appâter le badaud. Un badaud qui ne pige rien aux réels enjeux puisqu’on ne lui parle que de la forme et pas du fond. Un badaud que les médias ne respectent pas plus qu’ils ne respectent Raoult.
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Les journalistes politiques jouent-il aux clowns ou en sont-ils vraiment ? Nathan Mercereau –
Regarder les infos à la télé où les écouter à la radio met de plus en plus nos nerfs à rude épreuve. Entre les débats – qui tournent en discussions de comptoir ou en pugilats opposant de prétendus experts – et les interviews menés par des têtes à claques égocentrées qui posent leurs questions dans l’unique but de générer, Inch’Allah, « la » petite phrase qui pourrait   faire le buzz deux minutes et demie sur les réseaux sociaux, il y a de quoi se poser une question : les journalisme politique est-il à l’agonie ou est-il déjà totalement mort ?
Pourquoi ceux qui sont censés nous aider à devenir plus éclairés se concentrent-ils uniquement sur la surface des choses et sur la forme plutôt que le fond ? Parce que leur but réel n’est pas d’informer. Leur but est de créer la controverse, de faire du bruit pour attirer l’attention.
L’info est en effet devenue un produit de grande consommation comme les autres. Elle se vend à la tonne. Car, c’est bel et bien la quantité qui compte pour espérer draguer de nouveaux annonceurs. Au très grand détriment de la dignité d’un métier de journaliste que certains tentent pourtant de pratiquer encore avec éthique et rigueur. L’info est devenue prétexte à spectacle. A tel point qu’on ne parle parfois même plus de journalistes, de chroniqueurs ou d’éditorialistes, mais de « polémistes ». Le rôle de ces zigotos ? Nourrir la controverse pour émouvoir le bon peuple tout en prétendant  créer le débat. Foutaise ! Il est devenu parfaitement impossible de débattre et d’échanger dans ce théâtre médiatique aliénant.
En tout cas, à les regarder et à les écouter, on se demande bien comment font ces journalistes politiques pour tirer à ce point l’info vers le bas, en totale connivence avec les médias pour lesquels ils travaillent. Jouent-ils un rôle de composition qui nécessite un manichéisme et une médiocrité assumée pour entretenir leur carrières et les fonds de commerce populiste de leurs employeurs ? ou bien sont-ils simplement de gros bêtas qui n’ont pas inventé l’eau tiède ?

Source : Résistance Inventerre

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