Destruction d’un bergerie au Mont-Saint-Michel : l’astreinte de 60€/jour contre le berger entre en vigueur, la mobilisation s’intensifie

Auteur(s) France-Soir Publié le 27 juillet 2026 – 17:05

Moutons de prés-salés dans la baie du Mont-Saint-Michel

Pline

À compter du 26 juillet 2026, François Cerbonney, berger à Genêts (Manche), est désormais exposé à une astreinte de 60 euros par jour tant que sa bergerie ne sera pas démolie. Cette échéance marque une nouvelle étape dans un contentieux qui dure depuis près de quinze ans et qui est devenu, bien au-delà d’un simple litige d’urbanisme, le symbole d’un affrontement entre protection réglementaire du littoral et maintien d’une activité agricole traditionnelle.

La cour d’appel de Caen avait confirmé, le 21 octobre 2025, l’obligation de démolir le bâtiment, accordant au berger un délai de huit mois avant l’application d’une astreinte définitive de 60 euros par jour pendant six mois. Les magistrats ont estimé que la construction demeurait irrégulière au regard de la loi Littoral, malgré les arguments mettant en avant son utilité agricole et son intégration paysagère. 

À l’origine de la procédure, l’association Manche Nature revendique une application stricte des décisions de justice. Dans un communiqué publié après l’arrêt, elle rappelle que plusieurs juridictions ont successivement annulé le permis de construire puis ordonné la démolition, estimant que l’atteinte portée aux paysages littoraux devait être réparée. L’association considère que le respect du droit ne saurait souffrir d’exception, quelle que soit la nature de l’activité concernée. 

Mais sur le terrain, la décision continue de susciter une vive incompréhension. Les soutiens de François Cerbonney dénoncent une lecture exclusivement juridique d’un dossier qui touche à un élevage extensif reconnu, à l’entretien des prés-salés et à un savoir-faire emblématique de la baie du Mont-Saint-Michel. Pour eux, l’entrée en vigueur de l’astreinte illustre les difficultés croissantes rencontrées par certaines exploitations agricoles face à des règles d’urbanisme jugées inadaptées aux réalités rurales.

Le débat dépasse désormais le cas de cette bergerie. Il interroge la capacité des pouvoirs publics à concilier protection des espaces naturels remarquables et pérennité des activités agricoles qui ont précisément contribué à façonner ces paysages. Quinze ans après les premiers recours, le dossier Cerbonney reste ainsi l’un des exemples les plus emblématiques de cette tension entre droit, patrimoine et monde rural.

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Source : France Soir

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