Dégradation d’une voiture de gendarmerie sur le pont de Normandie : un 8e chasseur-manifestant condamné au Havre

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Une camionnette de gendarmerie avait été dégradée (Photo Facebook Pascal Marie)
Justice. Le Caennais, ancien militaire, est reconnu coupable notamment d’avoir dégradé le véhicule des gendarmes au pied du pont de Normandie.

Une nouvelle fois, la présidente de la correctionnelle reprend la chronologie de ce samedi 10 février dernier au pont de Normandie. Un huitième et dernier chasseur-manifestant est poursuivi devant le tribunal du Havre. Présenté à la barre comme les autres le 23 février, il avait réclamé son avocat indisponible ce jour-là (nos éditions du 24 février).

Le Caennais de 27 ans a la particularité d’avoir été militaire durant cinq ans, avant de se recycler dans l’immobilier. « Un ancien militaire, s’agace le procureur. Et les gendarmes sont des militaires. Il s’en est pris à d’anciens collègues. » La présidente rappelle le pont bloqué cet après-midi-là par ceux qui réclament une extension de la période de chasse de l’oie cendrée. Des banderoles, des pneus brûlés, un feu alimenté avec les plots de la chambre de commerce et d’industrie (CCI). Une bousculade, un mouvement de foule, les gendarmes qui se replient dans leurs véhicules dont l’un est renversé vide d’occupants, les vitres brisées.

Le Caennais en canard

Et, le Caennais aurait tenté de piquer un sac qui se trouvait dans une voiture des militaires. Les enquêteurs sont remontés à lui grâce à des traces sur Facebook et à la vidéosurveillance du site. Il n’aurait été stoppé que par un autre manifestant. Le prévenu le conteste. Le Caennais n’admet qu’avoir dégradé un utilitaire des gendarmes, après avoir entrepris « la danse des canards », déguisement à l’appui. Son but aux détériorations ? « Moi-même, je ne peux pas vous dire. » La présidente reproche à l’homme jugé une certaine décontraction. « Je ne suis pas d’accord, intervient son avocat. Sa voix était chevrotante à l’entame des débats. On lui a dit qu’il servirait d’exemple. »

Finalement, des relaxes sont décidées concernant les dégradations au préjudice de la CCI et quant à la tentative de vol. Quatre mois de prison avec sursis sont prononcés par les juges pour la dégradation du véhicule et l’entrave à la circulation des usagers du pont. Indemnisation devra être faite uniquement sur ces deux points. Le procureur avait requis dix mois de prison en partie ferme. « C’était sa première et dernière manifestation, on ne le reprendra plus », a promis l’avocat en défense.

Source : Paris Normandie

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