De nombreux enfants en Chine atteints de diabète suite à la vaccination Covid

Fillette recevant le vaccin Covid dans une école de Handan, dans le Hebei, le 27 octobre 2021, (-/AFP via Getty Images)

Les larmes coulent dans les yeux de ce garçon de cinq ans lorsqu’il voit d’autres enfants manger, un luxe pour ce petit depuis qu’on lui a diagnostiqué un diabète de type 1 fin janvier. Le diagnostic est tombé un mois et demi après qu’il a reçu sa deuxième dose de vaccin.

Sut tous les doigts, le gamin a des traces de piqûres. Les piqûres sont indispensables pour gérer son taux de glycémie, explique son père. Il reçoit quatre doses d’insuline par jour, et chaque repas est pesé, dosé, en fonction des glucides.

Fin octobre, Pékin a lancé une campagne nationale de vaccination pour les enfants de 3 à 11 ans. Désormais, l’énorme majorité des patients diabétiques appartiennent à cette tranche d’âge.

Le 31 mai, à la veille de la Journée internationale de l’enfance, de nombreux parents se sont mobilisés pour écrire une lettre ouverte dans l’espoir de pouvoir faire connaître leur situation.

Le garçon fait partie des 600 à 1000 enfants chinois chez qui on a diagnostiqué un diabète de type 1 entre octobre et mai derniers, selon la lettre.

« Au départ, nous n’avons pas fait le lien avec les vaccins, mais en y réfléchissant, nos enfants n’avaient pas changé leur mode de vie ni leur façon de manger, le seul changement, c’étaient les vaccins, et ils avaient tous eu les symptômes une fois vaccinés. »

La lettre a été publiée pour la première fois sur le site Internet de Wei Boxing, un militant chinois focalisé sur les problèmes de santé.

Jeune garçon fixant une infirmière en train de préparer un vaccin dans un centre médical à Qingdao, dans le Shandong, le 4 novembre 2021. (Feature China/Future Publishing via Getty Images)

Au 11 juin, elle a été vue plus de 300.000 fois et commentée près de 800 fois. Ce sont surtout des parents inquiets qui l’ont commentée, affirmant avoir le même type de problèmes. Beaucoup ont laissé leurs numéros de téléphone et ont demandé à rejoindre un des groupes sur WeChat formés par ceux dont les enfants sont diabétiques.

Le diabète de type 1 est une maladie auto‑immune. Le système immunitaire qui se retourne contre lui‑même détruit les cellules bêta du pancréas productrices d’insuline. L’insuline permet de réguler le taux de sucre dans le sang. Les symptômes sont les suivants : soif excessive, mictions (urine) fréquentes, perte de poids, irritabilité, faim, fatigue, vision floue.

Généralement, le diabète de type 1 se développe chez les enfants et les jeunes adultes, vers l’âge de 13‑14 ans, bien qu’il puisse apparaître à tout âge. Le diabète peut être d’origine génétique, virale et des facteurs environnementaux peuvent avoir un impact.

Quelques mois auparavant d’autres parents avaient rédigé une lettre pour signaler que leurs enfants avaient reçu un diagnostic de leucémie juste après avoir été vaccinés. Ici encore, la plupart des cas avaient entre 3 et 11 ans.

En Chine, environ 86,4% des enfants entre 3 et 11 ans et la totalité de ceux entre 12 et 17 ans ont été vaccinés à la mi‑février.

Les parents des enfants diabétiques affirment avoir initialement créé un groupe sur WeChat pour partager des conseils de traitement. Ils ont ensuite dû créer deux nouveaux groupes, car le nombre de membres du premier groupe a rapidement atteint les 500, or c’est la taille maximale autorisée sur la plateforme. Selon la lettre ouverte, environ 600 parents se sont enregistrés sous leurs vrais noms dans les différents groupes.

Enfance perdue

C’est à l’école que le garçon de cinq ans a reçu une première dose le 5 novembre, suivie d’une deuxième dose un mois plus tard. Il a commencé à avoir soif et à uriner fréquemment à partir du 15 janvier, raconte son père pour Epoch Times.

Le fait d’être privé de petits plaisirs qu’il considérait autrefois comme acquis a été difficile à accepter. Le 1er juin, Journée internationale des enfants, il a beaucoup souffert, car tous les enfants de l’école maternelle étaient invités à fêter l’événement autour d’un buffet.

« Il a beaucoup pleuré parce que nous devions le ramener à la maison pour manger », poursuit son papa, Wang Bin (alias), originaire de la ville portuaire de Ningbo, dans la province du Zhejiang. Pour le consoler, sa mère lui a acheté des ailes de poulet et un gâteau pour le dîner.

La glycémie du garçon est alors montée en flèche jusqu’à 306 mg/dL, un niveau dangereux qui, selon les médecins, aurait pu le plonger dans le coma.

La mère, a donc quitté son travail et s’est précipitée à la maison pour lui faire une injection d’insuline, surveillant ensuite avec anxiété l’évolution de sa glycémie. Elle n’a pas fermé l’œil de la nuit.

Enfant vacciné contre le Covid-19 dans un site de vaccination le 18 novembre 2021 à Wuhan (Photo par Getty Images)

M. Wang, qui est chauffeur‑livreur, aimerait acheter un glucomètre pour réduire les épreuves de son fils. Mais un lecteur de glycémie sans piqûre nécessite qu’on achète un nouveau capteur toutes les deux semaines, et celui‑ci coûte dans les 450 yuans (env. 60 euros). La famille n’en pas les moyens, étant donné que M. Wang est le seul à avoir un emploi stable. Le couple est endetté, doit rembourser un prêt automobile et une hypothèque.

La plupart des ménages chinois, comme celui de M. Wang, n’ont qu’un seul enfant en raison de la politique de l’enfant unique du régime qui a duré des décennies et n’a été abolie qu’en 2016. Dans la lettre, les parents ont déclaré : « [Nos enfants] sont ce pour quoi nous vivons et tout ce que nous avons. »

« Chaque fois qu’un nouveau membre rejoint le groupe WeChat, notre cœur est attristé », poursuit la lettre. « Le diabète de type 1 est une maladie qui dure toute la vie. Nos petits ont dû renoncer aux joies de l’enfance et de la jeunesse. Ce sont devenus des patients. »

« Une coïncidence »

Wei Boxing, le militant spécialisé dans les questions sanitaires, a signalé sur son site Web avoir été contacté par plus de 300 foyers avec des enfants atteints de diabète une fois vaccinés.

La plupart d’entre eux, a‑t‑il précisé, ont reçu des doses de Sinopharm ou de Sinovac, les deux principaux vaccins en Chine. Quelques‑uns ont toutefois reçu le vaccin de Anhui Zhifei Longcom Biopharmaceutical (dont l’utilisation a également été approuvée en Colombie, en Indonésie et en Ouzbékistan). Les deux premiers sont des vaccins inactivés, c’est‑à‑dire qu’ils contiennent des agents infectieux tués grâce à un produit chimique ou par la chaleur et donc rendus inoffensifs mais toujours capables de susciter une réponse du système immunitaire. Le dernier est un vaccin à sous‑unité protéique, fabriqué à partir de fragments de protéines virales isolés.

Photo d’une boîte contenant des flacons de Vero Cell, vaccin contre le Covid développé par Sinopharm pour les enfants de 12 ans. (Photo par YURI CORTEZ/AFP via Getty Images)

Parmi les cas remontés auprès du militant, environ deux tiers ont entre 3 et 12 ans.

Pour l’heure, les autorités chinoises n’ont ni confirmé ni infirmé l’apparition d’effets secondaires post‑vaccinaux.

« Nous sommes tout juste en train de prendre connaissance de ces réactions irrégulières liées aux vaccins et de ces diagnostics. Cela nous oblige à nous adapter constamment », a déclaré Wang Huaqing, expert en chef dirigeant le programme national de vaccination du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, lors d’une conférence de presse fin mai. Il a ensuite prié toutes les personnes atteintes d’effets secondaires de le signaler aux autorités. Un groupe multidisciplinaire de spécialistes examinera les cas et rendra ses conclusions, a‑t‑il promis.

« Si vous vous sentez mal après la vaccination, en particulier si les symptômes sont persistants et graves, allez immédiatement chez le médecin », a‑t‑il insisté.

Malgré ces assurances officielles, les autorités locales en charge de vacciner les populations font la sourde oreille face aux parents dont les enfants présentent des effets indésirables. À l’unanimité, les diverses administrations du pays produisent des déclarations aux libellés identiques selon lequelles ces diabètes n’ont « aucun rapport » avec les vaccins. Le fait qu’ils soient apparus après les injections « n’est qu’une coïncidence ».

À noter que les autorités avaient fait exactement les mêmes réponses aux parents dont les enfants avaient reçu un diagnostic de leucémie.

Le 30 mai, face à l’inquiétude des parents d’un enfant présentant des symptômes de diabète trois jours après avoir été vacciné, les responsables de la santé de la province de Guangdong ont déclaré que « la relation de cause à effet n’est pas exclue » mais qu’il était « peu probable que ce soit une réaction indésirable à l’inoculation préventive ». Ils ont noté que l’enfant présentait déjà un taux de glycémie élevé avant la vaccination.

« Pour être honnêtes, nous pensons que les gouvernements locaux ne devraient pas rendre de telles conclusions à la va‑vite », ont écrit les parents dans la lettre. « Une mise au point médicale ne peut être que le résultat d’études cliniques. Puisque nos enfants ont un diabète de type 1 après une injection de vaccin, et qu’ils appartiennent à un certain groupe, même si aucune preuve préalable n’indique que les deux sont liés, ce qui leur est arrivé devrait recevoir une attention sérieuse. »

« Affirmer que les cas de leucémie et de diabète de type 1 n’ont rien à voir avec les vaccins Covid‑19 sans aucune analyse médicale approfondie est irresponsable », commente le Dr Dong Yuhong pour Epoch Times.

Autrefois responsable de l’équipe de développement de médicaments antiviraux chez Novartis, le Dr Dong Yuhong dirige désormais l’équipe scientifique d’une société de biotechnologie en Suisse dont elle est la cofondatrice.

Selon elle, les déclarations des autorités sont « trop absolues ».

La Chine a un des taux les plus bas de diabète de type 1 au monde : une moyenne de 1,01 patient pour 100.000 personnes, et environ 1,93 dans le groupe d’âge 0‑14 ans, selon une étude du BMJ de 2018.

Le Dr Dong a examiné différentes études de cas et études cliniques mettant en garde contre une possible inflammation cardiaque due aux vaccins Covid‑19 à ARNm soit aux vaccins Covid‑19 à sous‑unité protéique. Elle a également passé en revue certains travaux signalant un risque d’hépatite aiguë lié aux vaccins à ARNm. Dans tous les cas, il s’agit d’affections auto‑immunes mettant en cause la protéine spike.

« En théorie, le vaccin pourrait déclencher une réponse immunitaire ciblant les cellules bêta productrices d’insuline », explique‑t‑elle. « Ce n’est pas impossible. »

Et cela est vrai pour tous les types de vaccins Covid‑19, ajoute‑t‑elle, à base d’ARNm, inactivés ou protéiques.

Une étude publiée en mars dans The Lancet réalisée sur 181.280 patients atteints du Covid‑19 a révélé que les personnes infectées par le virus avaient un risque de diabète de type 2 accru de 40%.

Sur un blog en juin 2021, le Dr Francis Collins, alors directeur du National Human Genome Research Institute (NHGRI) [un des 27 instituts américains des NIH, ndlr], a souligné le « lien troublant » entre le diabète et l’infection aiguë par le Covid‑19. Pour étayer son propos, le chercheur a cité deux études financées par les NIH confirmant l’infection des cellules bêta du pancréas chez les personnes décédées du Covid‑19.

Cela devrait également nous alerter sur un risque potentiel lié aux vaccins, estime le Dr Dong.

« Qu’il s’agisse du vaccin ou du virus, les deux contiennent la protéine spike qui pourrait déclencher le diabète. »

« Être infecté ou recevoir le vaccin, les deux pourraient entraîner des attaques auto‑immunes et une inflammation chronique, des dommages dans les cellules productrices d’insuline. »

« C’est le vaccin qui est en cause »

La Chine a officiellement déclaré que le vaccin n’était pas obligatoire mais les parents ont subi d’énormes pressions pour faire vacciner leurs enfants.

Le fils de Mme Yang Yi (alias), âgé de 12 ans, venait de subir une appendicectomie lorsque le professeur a demandé à sa classe de se faire vacciner une deuxième fois. L’appendicectomie est une intervention chirurgicale qui consiste à retirer l’appendice infecté. Comme dans le cas de M. Wang, le fils de Mme Yang a reçu le vaccin Sinovac.

« Le professeur a annoncé que les enfants non vaccinés ne pourraient plus aller à l’école, alors tout le monde a dû se faire vacciner », raconte Mme Yang à Epoch Times. Elle a repoussé l’échéance d’un mois avant de céder à la mi‑décembre.

Peu après, Mme Yang a vu son garçon manger et boire dans des proportions anormales tout en perdant du poids. En mars, on lui a diagnostiqué un diabète de type 1.

« Personne dans notre famille n’a jamais eu le diabète », explique‑t‑elle. Mme Yang pense que de nombreux Chinois n’osent pas rendre public leur diagnostic de diabète. Dans sa ville natale de Hefei, capitale de l’Anhui, elle connaît au moins 30 cas de ce genre. « Ils [les autorités] écrivent que c’est une coïncidence. Pas une seule organisation n’ose suggérer que le vaccin pourrait en être la cause, mais ils savent bien au fond d’eux‑mêmes ce qu’il en est. C’est le vaccin qui est en cause. »

Queue devant un site de vaccination à Wuhan le 18 novembre 2021. (Getty Images)

Les médias chinois évitent d’évoquer les effets secondaires potentiels liés aux vaccins, mais sur les réseaux sociaux, les internautes en parlent constamment. Par ailleurs, des études antérieures ont établi un lien entre d’autres vaccins Covid‑19 et le diabète.

Au Japon, au moins deux femmes, âgées respectivement de 51 et 73 ans, ont développé un diabète de type 1 après avoir reçu les vaccins de Moderna à ARNm. Selon les travaux à leur sujet, il n’y avait jamais eu de cas de maladie auto‑immune dans leurs familles.

Pour les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète, un facteur extérieur tel que la vaccination peut éventuellement accélérer le développement de la maladie, indique le Dr Dong, mais c’est difficile à évaluer.

Mme Wu Ming (alias) de la province du Fujian, tous comme les autres parents interrogés par Epoch Times, ne croit en aucun cas à une coïncidence. À partir du mois de mars, son fils de 3 ans, aujourd’hui insulino‑dépendant, a commencé à avoir des mictions fréquentes la nuit. Il avait reçu sa première dose un mois auparavant. Après sa deuxième injection de vaccin Sinovac, suivie d’une injection de vaccin contre le méningocoque, il a été envoyé à l’hôpital pendant deux semaines pour une acidocétose diabétique, une accumulation d’acides sanguins connus sous le nom de cétones, qui peut mettre la vie en danger.

« Lorsque nous sommes allés acheter un glucomètre, le vendeur nous a demandé l’air supris : ‘C’est pour votre enfant ? C’est à cause du vaccin ?’ Même eux, ils y sont attentifs. »

Il est impossible de joindre par téléphone la Commission nationale de la santé de Chine, ni ses filiales provinciales dans le Zhejiang, le Henan ou le Fujian pour une demande de commentaire. Par contre Epoch Times a réussi à faire une demande auprès de Sinovac, Sinopharm et Chongqing Zhifei Biological Products Co, la société mère de Anhui Zhifei Longcom Biopharmaceutical et attend désormais leurs réponses.

Gu Xiaohua a contribué à cet article.

Source : Epochtimes

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