De l’exemplarité. Lettre à Thomas Thévenoud (et aussi aux responsables politiques et à la presse)

Sandrine Mortas, Policière de son état, mariée et mère de famille de 3 enfants vient de décéder des suites d’un accident de la circulation à l’hôpital de Caen.
L’intéressée qui était en service a été percutée par le conducteur d’un scooter alors que ce dernier se trouvait en état d’ivresse.
Sandrine Mortas est décédée des suites de ses blessures. Son sacrifice ne fera pas la une de la presse alors que dans le même temps les défaillances de certains hommes politiques en font les choux gras.

Un collègue Policier, (Marc LOUBOUTIN, aujourd’hui en retraite et écrivain) nous rappelle ces faits en publiant une lettre ouverte intitulée « De l’exemplarité Lettre à Thomas Thévenoud ».

Profession Gendarme a tenu ici a porter hommage à Sandrine Mortas et a vous donner lecture de la lettre de Marc Louboutin.

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De l’exemplarité.

A Thomas Thévenoud
(et aussi aux responsables politiques et à la presse)

Depuis quelques jours on ne parle que de vous. Éphémère secrétaire d’État d’un casting incertain de remaniement ministériel dans l’urgence, jamais vous n’avez – et n’aurez plus jamais – autant attiré l’attention des médias.

Il faut pourtant que je vous dise une chose Monsieur Thévenoud. Je vous méprise du plus profond de mon être. Vous représentez, et cela de manière plus flagrante à chacune de vos déclarations, tout ce que je hais au plus haut point chez les responsables politiques défaillants.

A votre hautaine condescendance s’ajoute la preuve de votre bêtise insondable. Il n’existe pas, en effet, et sûrement pas pour vous, de «phobie administrative» qui puisse s’appliquer en terme absolutoire.

Concernant vos impôts, quand on possède votre niveau de revenus, on s’offre les services d’un comptable si l’on est incapable de s’en occuper.

Concernant vos loyers, on opte, dès la signature du bail, pour un virement automatique mensuel.

Concernant vos contraventions, quand on est élu, la moindre des choses est de faire preuve d’un minimum de civisme et de les honorer.

Vous n’êtes qu’un médiocre s’étant rêvé éternellement en puissant intouchable. Cela n’a que trop duré et c’est justice que cela cesse.

En choisissant de vous accrocher à votre poste de député, élu grâce à un parti qui vous a exclu et par des électeurs qui ne savaient alors rien de vos oublieuses turpitudes financières, c’est la toute représentation du peuple français à l’Assemblée Nationale que vous insultez. C’est donc également à l’ensemble des citoyens de France que vous tendez un majeur cynique. J’aurais pu écrire que vous nous faites un bras d’honneur, mais à vous entendre vous êtes dépourvu de la moindre once de cette qualité.

Le parti auquel vous appartenez importe peu en fait. Vous êtes un symbole des dérives de la politique française. Et l’on ne parle pourtant que de vous. Si vous aviez un peu de décence, Monsieur Thévenoud, au lieu de trouver à votre inconséquence des excuses qui insultent la France, vous disparaîtriez. Vous vous feriez oublier. Peut-être même vous occuperiez vous un peu de vos propres affaires laissées visiblement à l’abandon depuis des années plutôt que de prétendre à gérer celles de Français, tâche pour laquelle vous vous êtes reconnu vous-même totalement incompétent.

Voyez-vous, hier soir, une policière est morte sur un lit de souffrances des suites de ses blessures, fauchée quelques jours plus tôt par un chauffard ivre et récidiviste alors qu’elle assurait un banal point de contrôle de circulation routière. Elle laisse trois enfants de 4 à 9 ans et un mari, sapeur-pompier, dans le deuil et une tristesse inconsolable. Sa mort en service n’aura pourtant pas le centième d’écho médiatique de celui accordé à votre légèreté. Pourtant, sa mort en service révèle une véritable femme d’État, Elle, au service d’autrui jusqu’au sacrifice durant toute sa carrière aujourd’hui brisée net.

Puissiez-vous, Monsieur Thévenoud, avoir la décence élémentaire, face à ce drame, de vous évanouir dans l’anonymat, démissionner et les députés de notre pays vous y aider en vous excluant définitivement de leurs rangs pour conduite honteuse.

Puisse l’ensemble de la classe politique, à la place de commenter votre polémique immature, rendre unanimement un hommage solennel à l’exemplarité de Sandrine Mortas, tombée sur la ligne du devoir.

Puisse la presse user autant d’encre, de temps d’antenne et d’efforts à l’honorer qu’à s’amuser de vos caprices.

Puissent les Français relever un peu la tête en l’évoquant plutôt que la courber, accablés chaque jour par la médiocrité ambiante de certains de leurs dirigeants.

Puissions-nous, tous, grâce à cette mère de famille et à l’hommage dû à son ultime sacrifice, retrouver enfin un peu de fierté dans le service de l’État.

Marc Louboutin

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